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 Maxime ◊ not all those who wander are lost.

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MessageSujet: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Mer 14 Déc - 14:21
Maxime Delaunay

« vous n'avez très certainement pas les défauts de vos qualités !  »
Ω Prénom : Maxime, "le plus grand" selon les racines latines de son prénom, et quand bien même il ne cautionne pas ce côté pompeux, il n'est pas vraiment friand des diminutifs que d'aucuns seraient tentés de lui attribuer, en guise de surnom.  Ω Nom  : Delaunay. La particule s'est incorporée à son patronyme, gommant presque les origines nobles de sa famille. Si aujourd'hui les Delaunay appartiennent à la bonne société, c'est pour leur savoir-faire, et non leur généalogie. Ω Âge : Trente-deux ans, bien qu'il semble qu'une nouvelle vie ait débutée pour lui il y a quatre ans. Ω Profession / Occupation : Unique héritier du vignoble des Delaunay, Maxime s'est peu impliqué jusqu'à présnt dans la reprise de l'entreprise familiale. Il est actuellement critique pour un guide touristique, et songe à monter sa propre affaire de design de séjours dans Paris. Ω Quartier de résidence : L'ouest parisien, dans le 16ème arrondissement. Ω Statut civil : Célibataire. Deux ou trois histoires classées sans suite émaillent son parcours, car vraisemblablement, et il le reconnaît sans mal, il n'est jamais tombé amoureux, vraiment amoureux ; il est un garçon pour le moins difficile, sans nul doute. Ω Orientation sexuelle : J'm'en-foutiste. Bien qu'il ne soit sorti qu'avec des femmes, il ne croit qu'au chavirement du coeur, à l'attachement profond suffisamment ensorcelant pour le captiver totalement, et lui donner l'envie de s'investir sans compter, ni finir, tôt ou tard, par céder à la lassitude.  Ω une passion : La littérature, autant pour la lire que l'écrire. Depuis longtemps, Maxime se plaît à grifoner quelques paragraphes de-ci de-là, dénué de toute prétention, et bien loin de nourrir le fol espoir d'un jour produire un roman entier. Bien qu'il ne se considère que comme un lecteur assidu, sa modeste pratique de l'écriture a constitué un atout lorsqu'il a postulé pour devenir critique.  Ω un vice : Le perfectionnisme. Il fait partie de ces personnes qui préfèrent ne rien faire, plutôt de faire quelque chose à moitié, ou sans désir d'arriver au meilleur résultat possible. Cela le fait également de lui un homme qui sait ce qu'il veut, et comment l'obtenir. Ω votre groupe : Orgueil

On dit de moi que je suis exigeant
Fils unique de Philippe et Estelle Delaunay, Maxime est né près de Bordeaux, en Gironde, sur la propriété familiale. Ses parents étaient à la tête d’un vignoble renommé de la région, qui sans être le plus réputé, leur assurait tout de même des revenus plus que confortables, aux crus populaires auprès des connaisseurs et des amateurs éclairés. L’entreprise se transmettant de génération en génération, Maxime suivit des études pour reprendre la suite de l’exploitation, en passant par une école d’ingénieurs afin d’obtenir un diplôme en viticulture et œnologie. Une fois sorti de l’école, il fut directement embauché par ses parents, et commença à s’initier à tout ce qui fait la vie d’un domaine viticole, depuis le soin à apporter aux vignes jusqu’au marketing, et à la gestion des ventes, le but étant qu’il seconde son père jusqu’à ce que ce dernier prenne sa retraite, remettant alors entre ses mains devenues pleinement opérationnelles les clés du domaine. Posément, Maxime s’est toujours plié à ce destin au fond choisi pour lui depuis le jour de sa naissance, parfaitement à l’aise dans le milieu aisé où il évoluerait une fois seul capitaine à bord, sans rêver d’une voie alternative où il n’aurait pas eu à endosser ces responsabilités. En 2012, les Delaunay montent à Paris afin de rendre visite à des amis restaurateurs, et promouvoir leurs produits ; le couple trouvera la mort dans un accident de voiture avec la famille Morel, qui en sortira indemne, de même que Maxime. Celui-ci, après le terrible choc  reçu en apprenant la nouvelle du décès de ses parents, se rapprocha des Morel, ses seuls proches dans la tourmente, et peu à peu se reconstruit, jusqu’à se bâtir une nouvelle existence, et se croire remis sur pied. Pendant ces quatre années d’exil loin du Bordelais, le château a été géré par Yves Lefebvre, le régisseur, qui a bien voulu assurer l’intérim ; à présent, Yves se fait vieux, et espère que Maxime reprendra le flambeau, un appel auquel Delaunay ne pourrait rester sourd, même si son quotidien actuel lui convient très bien, et que bien qu’il se refuse à l’admettre, il n’a pas complètement fait le deuil des siens, d’où son incapacité à quitter la capitale.


On dit de lui qu’il est :
Organisé – Souriant – Cultivé – Soigné et soigneux – Discret – De confiance – Compétent – Attentif – Confiant en ses capacités et en sa force de caractère, ce qui peut le faire paraître imbu de lui-même – Peu loquace, il parle rarement pour ne rien dire – Organisé – Serviable – Terre-à-terre – Raisonnable – Posé – S’investit professionnellement – Casanier – Fier – Méthodique – Franc – Parfois intransigeant – Indolent lorsqu’il s’agit d’évoquer comment il a traversé l’épreuve de l’accident – Ni snob ni précieux, on sent néanmoins, de par son éducation et sa façon de s’exprimer, qu’il est issu d’un milieu huppé.
c'est une question de principes
Ω Qu'est-ce qui fait de vous quelqu'un d'horrible ? Maxime sait ce qu’il veut, dans la vie. Se donner les moyens de réussir ne lui a jamais fait peur, tout comme suivre la voie qu’il se sera choisie, même si elle déplaît à celles et ceux voulant lui imposer un avenir tout tracé. La mort de sa famille lui a conféré une détermination qui, quand on le pousse dans ses retranchements, le rend froid, acerbe voire même cynique : il n’est pas homme à partir en vrille, et il n’oubliera pas l’héritage qui l’attend dans le Bordelais, pas plus qu’il ne compte saborder la renommée de sa famille, et encore moins abandonner tout le travail réalisé par les générations précédentes. Certes, il n’a pas encore repris le chemin du domaine familial, sans parvenir à pleinement faire face à ce qui le cloue au sol dès qu’on lui évoque la possibilité de rentrer à la maison, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’a plus les pieds sur terre. Comme tout enfant de famille aisée, critiquer ses racines ou suggérer qu’il n’en serait pas digne revient à s’exposer à un regard chargé de désapprobation, ainsi qu’à une réplique cinglante teintée d’un évident mépris.
Et puis il y a cette voix dans sa tête, qui malgré tout le respect et l'affection qu'il nourrit pour les Morel, demeure cruelle, sans appel, lui rappelant que, eux, ont survécu à l'accident. Ces remarques impitoyables, assénées dans le secret de son esprit, mêlent en lui regrets et abattement : ils ne méritent pas d'être l'objet de telles affirmations envenimées, et pourtant, sa conscience ne parvient à venir à bout du maigre reliquat de distance entre lui et cette famille si généreuse à son égard.  

Ω Quel est le défaut qui vous agace le plus chez les autres ? La mollesse. Maxime a bien du mal à supporter les geignards, et tous ceux qui se complaisent dans leurs difficultés. Vos projets n’avancent pas, rien n’avance comme vous le souhaitez, la vie ne ressemble pas à celle que vous rêviez d’avoir ? Eh bien bougez-vous pour reprendre les choses en main, au lieu de pleurnicher à longueur de journée sur votre sort, et d’attendre que quelqu’un d’autre vous prenne par la main pour tout régler à votre place. Si le trentenaire a de la patience, et garde son calme en toute circonstance, il faut bien avouer que tenir à bout de bras ceux qu’il aider au nom de leur amitié est parfois bien usant. Lui-même parle peu de ses problèmes -pas assez serait le terme exact, ce qui d'ailleurs n'est pas une si bonne chose que ça-, en partant du principe que tout le monde a des soucis, et qu'autrui n'a donc pas en plus à porter le fardeau de ses propres contrariétés ; une décence qui manque à certains, qui ne parviennent malheureusement pas à garder quoi que ce soit pour eux.

Ω Que vous inspirent les parisiens  ? Comme tout provincial, Maxime était au fait de tous les clichés colportés au sujet des Parisiens, et dont nous vous ferons ici grâce, puisque vous les connaissez aussi bien que nous. Au-delà d’une ville tentaculaire et bondée au point de devenir irrespirable, la capitale garde pour lui un charme secret, qui peut parfaitement s’apprécier si l’on parvient à fermer les yeux sur ses défauts de mégalopole surpeuplée et sale. Un charme que seuls les vrais Parisiens parviennent à déceler… Et qu’on lui a enseigné à savourer.

Ω Quelle est la pire chose que vous ayez faite ? Dans leur testament, les époux Delaunay avaient demandé à ce que leurs cendres soient répandues sur leurs terres, une fois que leurs esprits auraient été fauchés par le néant. Incapable de revenir dans la maison de son enfance, c’est sur les plages de Normandie que Maxime les a rendus à la nature, au grand vide au-delà duquel certaines religions voudraient lui faire croire qu’il les reverra un jour. Un soi, il ne s’agit pas d’un crime, ou d’un acte particulièrement atroce –on pourrait même le comprendre, et plus encore, lui pardonner-, mais il le ressent plus comme un manquement à l’honneur qu’il ne pourra de toute façon jamais réparer, un impaire dont il n’est pas fier, pesant sur un inconscient avec lequel le dernier des Delaunay a appris à vivre.

Ω Quelle est votre meilleure qualité ? La patience. Grâce à elle, Maxime est un ami de valeur, qui sait écouter, et donner de bons conseils. Il s’agit sans doute de sa meilleure arme lorsqu’il s’agit de remplir les objectifs qu’il s’est fixés. Erigée en armure, elle lui confère une grande résilience ayant déjà fait ses preuves durant ses études, et qui lui a pour ainsi dire sauvé la vie au lendemain de l’accident ayant bouleversé son existence. Tel le roseau de la fable, Maxime se plie, mais ne rompt pas.

Ω Qu'appréciez-vous le plus chez les autres ? Les gens passionnés sont véritablement captivants. Ils dégagent une telle énergie, une telle joie de vivre lorsqu’ils vous parlent de leur art, de leur science, du domaine où ils excellent et qu’ils adorent au-delà de toute expression… Maxime apprécie toujours de discuter avec de telles personnes : même s’il ne connaît que peu le sujet, Maxime apprécie d’en apprendre plus auprès d’experts enthousiastes, ou de simplement profiter de leur entrain solaire, si communicatif, et auprès duquel se réchauffer le temps d’une discussion informelle.
Ω Pseudo : Marie Ω Prénom : Marie (oui, je n'ai aucune imagination pour les pseudos   ) Ω Âge : 23 ans Ω Présence sur le forum : Autant que possible ; actuellement en recherche de poste, j'ai (pratiquement) toutes mes journées pour moi, mais que sait ce que l'avenir réserve ! Ω Crédits : merenwen et tumblr ; J. R. R. Tolkien Ω Code du règlement : eiffel tower Ω Commentaires / remarques : Le design du forum est une tuerie, malgré peut-être des tons un peu trop clairs ; l'idée en tout cas de placer l'intrigue à Paris est vraiment rafraîchissant, ça change des autres forums city ! Ω autres précisions :    


Dernière édition par Maxime Delaunay le Ven 16 Déc - 19:27, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Mer 14 Déc - 14:22
From the ashes a fire shall be woken

« vous n'avez très certainement pas les défauts de vos qualités !  »

Au début de l’été 1984, Estelle Delaunay passa un coup de fil à son époux, sorti examiner les vignes avec leur contremaître : nous étions le deux juillet, et au vu des contractions parcourant son ventre, leur fils et premier enfant allait naître ce jour-là, après neuf mois d’impatience. Maxime vit le jour à quelques kilomètres à peine de son foyer, au centre hospitalier de Libourne, à à peine sept kilomètres de la commune de Saint-Emilion où trônait, paisible, le château de Figeac, demeure des siens depuis des générations. Il vit le jour en début d’après-midi, ajoutant son nom à la déjà longue liste des membres de la famille Delaunay. Enfant unique, il ne connut jamais la présence à la fois joyeuse, tendre et étouffante de frères et sœurs : un seul petit garçon suffisait amplement au bonheur de ses parents, dont il reçut toute l’attention dont peut rêver un enfant, au fil d’une enfance de conte de fées passée dans une véritable demeure de maître, entourée du vert profond des feuilles de vigne. Le garçonnet reprendrait un jour le domaine familial, ils n’en doutaient pas, alors pourquoi désirer le placer à la tête d’une fratrie ?

Au cœur d’une des plus prestigieuses régions viticoles françaises siège, parmi les grands noms du milieu, siégeait –et siège encore- un domaine qui, sans briller avec la plus immense des renommées, parmi les étoiles du Bordelais : les Delaunay pouvaient en effet se targuer de proposer un vin rouge de grande qualité, reconnu comme premier grand cru classé B chaque année depuis 1955, un impressionnant palmarès qui, en plus d’aller de pair avec la possession du plus grand domaine de la commune bien connue, ne parvenait cependant pas à faire d’eux des nantis imbus d’eux-mêmes, ne se préoccupant que de jouir de leurs revenus conséquents sans se soucier d’où et de comment leur venait une telle aisance financière. Estelle et Philippe, sincères dans leur amour du Château-Figeac autant que dans leur attachement à leur fils, s’investissaient énormément dans la gestion de leur domaine, à toutes les échelles : si Philippe préférait le grand air, à prendre soin des sarments en compagnie des ouvriers agricoles et d’Yves Lefebvre, contremaître et ami de longue date, Estelle quant à elle se chargeait avec talent et minutie de la commercialisation de leur produit d’excellence ; autant qu’un couple, et peut-être même plus encore, tous deux formaient un duo parfait ou presque, une fine équipe qui contribua efficacement à entretenir la modeste légende de leur grand cru. Accueillants et bienveillants, ils se plaisaient à discuter de leur passion commune, de transmettre avec générosité leurs conseils et de promouvoir ce pan entier de la culture française auprès des moins connaisseurs désireux d’apprendre. C’était d’ailleurs en parfaite maîtresse de maison, et avec beaucoup de plaisir, qu’Estelle ouvrait le château lors des Journées du Patrimoine, afin que les curieux puissent en découvrir les vastes pièces au mobilier chiné chez les antiquaires de Bordeaux, alors que sa famille, pour sa part, ne vivait que dans une des ailes de la vaste bâtisse, sans se complaire dans des centaines de mètres carrés dont ils n’avaient pas réellement besoin.

Maxime fut élevé dans cette philosophie à la fois tournée vers le partage, le respect et le prestige, loin des gosses de riche capricieux à qui l’on ne donnait aucune leçon sérieuse d’éducation. Enfant discret, presque effacé, très obéissant et sage comme une image, le petit conserva cette attitude en grandissant, pour devenir un élève modèle, et par la suite l’archétype du gendre idéal. De l’école primaire jusqu’au lycée, l’héritier des Delaunay travailla consciencieusement sans se faire remarquer, studieux sans être premier de la classe ni lever la main à tout bout de champs ; bien pourvu en amis et s’intégrant facilement, le jeune garçon demeurait cependant celui qui, dans une bande de copains, écoutait plus qu’il ne parlait, âme tranquille légèrement en retrait que nous aurions pu dépeindre, si nous avions été pessimistes, comme quelqu’un qui au final ne s’impliquait pas immensément dans ses liens avec les autres. Se sachant promis à suivre les traces de ses parents, Maxime possédait déjà un projet professionnel abouti, ainsi qu’un emploi assuré : contrairement à certains de ses camarades, Maxime savait où il allait, se pliant avec obligeance à l’avenir tout tracé qui s’ouvrait devant lui, et qui lui convenait tout à fait, même s’il n’avait jamais eu, au fond, son mot à dire. Admis en section scientifique, décrocha son bac S avec mention bien avant d’enchaîner sur une classe préparatoire aux grandes écoles, étape douloureuse mais nécessaire pour atteindre les écoles d’ingénieurs. Deux années de dur labeur, privées de toute vie sociale et noyées sous le travail, finirent par payer, tout en forgeant une bonne part de son caractère : se découvrant des ressources insoupçonnées de volonté et d’endurance, l’étudiant tint le coup moralement, bénéficiant du soutien des siens ainsi que de la possibilité de rentrer tous les soirs chez lui, sa prépa se trouvant être le lycée Michel-Montaigne, à Bordeaux, où il avait passé son baccalauréat. Qu’importât le classement pour le moins moyen de sa prépa, ainsi que tous les élèves tellement plus doués que lui : tout ce qui importait à Maxime, c’était d’avoir un niveau suffisamment bon pour pouvoir demander à intégrer Bordeaux Sciences Agro, afin d’y suivre la spécialisation viticulture-œnologie. Les filières plus élitistes ne l’intéressaient pas, et il ne présenta qu’un concours, pour y décrocher un classement nullement incroyable, mais lui offrant les clés de l’école qu’il visait, pas la plus prestigieuse, mais celle lui permettant de poursuivre son objectif –ou plutôt celui que ses parents lui avaient transmis. Après la classe prépa, les rois années d’école d’ingénieur lui permirent de souffler tout en, enfin, étudiant des manières qui lui plaisaient vraiment, et d’y rencontrer ses premières petites amies. Loin d’apprécier les soirées étudiantes arrosées où tout le monde ou presque finissait torché comme pas permis, Maxime prenait soin de ses quelques compagnes, sans que leur histoire ne survive plus de quelques mois : inéluctablement, le jeune homme en venait à chaque fois à proférer la sentence bien connue de « il serait préférable que nous restions amis », la romance finissant toujours par s’étioler au point de ne faire d’eux que de bonnes connaissances, sans plus. Ne pas trouver l’amour ne le handicapa en rien : dans les études, au moins, l’étudiant cartonnait, et ce fut vers la Californie qu’il s’envola pour ses six mois de stage de fin d’études, terre promise d’innovation, et au style complètement différent de ce qui se faisait dans le Bordelais ; loin de se heurter de façon irréconciliable, les savoirs se mêlèrent pour tirer le meilleur de leurs savoirs communs, ses collègues et lui-même apprenant les uns des autres dans une ambiance studieuse, en constante recherche de perfectionnement. Si ces mois à l’étranger furent très formateurs, Maxime fut tout de même très heureux de reprendre le chemin du château familial, le domaine de son enfance où il avait tout appris, et dont il prendrait un jour la tête.

Une fois diplômé, ses parents l’invitèrent à pleinement prendre part dans la gestion du vignoble, tout en l’introduisant dans leurs cercles et en lui présentant tout le contenu de leurs carnets d’adresses, au sein desquels, tel un caméléon avide de bien faire, leur fils prit part en douceur, sans s’imposer ni croire qu’avec son patronyme, tout lui revenait de droit. On l’apprécia pour sa simplicité, ainsi que ses connaissances indubitables, sa prestance naturelle, sans chichis ni hypocrisie et plus que jamais, Delaunay se sentait à sa place, bien lancé sur les rails de la vie.
Etait-ce le bonheur ? Etait-ce trop insolent pour que le destin ne résiste à l’envie de tout saccager, à la manière d’un enfant lunatique ? À l’automne 2012, alors que leur trio fonctionnait mieux que jamais et que la fierté brillait dans le regard de ses géniteurs, Maxime accepta de les accompagner, alors que ces derniers comptaient rendre visite à des restaurateurs parisiens, amis de longue date, tout en présentant à leurs réseaux le dernier millésime. En montant sur Paris, un cerf figé en plein milieu de la route provoqua le pire, causant un accident mortel dans lequel leur voiture percuta celle des Morel. Qui effectua le coup de volant fatal ? Qui blâmer, sinon la malchance la plus tragique ? Estelle et Philippe perdirent la vie, tués sur le coup ; Maxime, quant à lui, installé à l’arrière, percuta violemment l’appuie-tête devant lui, y gagnant une cicatrice au-dessus du front qu’il garderait toute sa vie, avant de plonger dans l’inconscience.

Trois minutes de ténèbres. Près de cent quatre-vingt secondes de noir total et inextricable durant lesquelles, alors que l’ambulance l’emmenait d’urgence à l’hôpital, il arrêta de respirer, et son cœur cessa de battre, avant que les électrochocs ne le ramènent de force parmi les vivants. De cette expérience de mort imminente, il ne garda aucun souvenir, pas plus que de l’accident en lui-même, à part ces souffles unanimement retenus au même instant par une peur terrible, et le lointain hurlement de pneus mordant le bitume. Aucune lumière au bout du tunnel, aucune figure angélique venue le guider, aucun Eden duquel s’émerveiller : Maxime ferma les yeux lors de l’impact, et ne les rouvrit que dans sa chambre d’hôpital, comme si une seule seconde s’était écoulée. À son chevet, trois visages inconnus l’observaient, anxieux, interdits, penauds, trois personnes qui en quelques secondes anéantiraient toute sa vie d’avant, pour devenir tout ce qui lui resterait sur cette terre. Les Morel prirent sur eux la responsabilité de lui annoncer la triste nouvelle, et de lui apporter toute la compassion dont il pourrait avoir besoin. Le regard dans le vague, sous perfusion et emmaillotés dans une gangue inextricable de pansements, Maxime sentit son univers s’écrouler.

Il fallut bien toute la patience et la douceur des rescapés de la collision pour le tirer des abysses. Durant les trois premiers mois après la perte de ses parents, sans amis proches sur qui compter, Maxime se mura dans un mutisme quasi-total, une apathie morose qui fit tant pitié aux Morel qu’ils décidèrent de le prendre sous leur aile et de veiller sur lui comme s’il avait été de leur sang. Peu à peu, le dernier descendant des Delaunay réapprit à exister, nouant une amitié sincère avec le fils Morel, Noé, et au point de considérer ses hôtes comme des membres d’une famille auxiliaire à part entière, malgré la triste réalité voulant que ce fût eux qui aient survécu, et non les siens. Yves, comprenant parfaitement la situation, accepta sans mal d’assurer la gestion du château Figeac, le temps que son nouveau propriétaire se remette et vienne mettre fin à cette période d’intérim. Celle-ci, cependant, s’étira en longueur : Maxime se construisit pas à pas une nouvelle vie à Paris, emménageant dans son propre appartement, et finissant même par trouver un emploi auprès d’un éditeur de guides touristiques, ami de feu ses parents qui voulut bien lui donner sa chance, afin de ne pas vivre que de l’argent viré sur son compte depuis le Bordelais. Chaque jour un restaurant ou un hôtel différent, Depuis quelques temps, Maxime pense même à redevenir son propre patron, en montant une affaire dans laquelle il créerait des séjours dans la ville lumière sur mesure, autant pour des touristes étrangers huppés désireux de découvrir les beautés de la ville, ou pour des parisiens souhaitant prendre des vacances haut de gamme dans leur propre ville… Pourtant, le domaine le rappelle à lui, comme le ferait la patrie d’un soldat exilé : Yves songe à prendre sa retraite, et donc à rendre les clés du vignoble à son digne héritier. Un avenir pour lequel il a été préparé depuis ses plus tendres années, et auquel il ne saurait échapper… Pourtant, même s’il se dit parfaitement remis, Maxime n’a pas remis les pieds du côté de Bordeaux depuis quatre ans, et n’arrive à s’y résoudre, ce qui semble dire que tout n’est pas aussi idéal qu’il se plaît à l’assurer. L’œnologue ne pourra éviter indéfiniment de faire face aux choix aux allures de dilemme qui l’attend et que lui seul devra trancher, une nouvelle épreuve au cours de laquelle il pourra compter sur la famille qui l’a pratiquement adopté, ainsi que sur son psychologue, fraîchement conseillé par Mme Morel. Enfant de la province girondine recueilli par Paris, Maxime est l’incarnation parfaite de la conjonction entre ce que la brillante métropole a à offrir, et les promesses du reste de l’Hexagone.


Dernière édition par Maxime Delaunay le Sam 17 Déc - 18:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Mer 14 Déc - 16:40
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Mer 14 Déc - 17:16
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Jeu 15 Déc - 18:35
bienvenueee
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Jeu 15 Déc - 18:44
Merci Tristan
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Sam 17 Déc - 0:27
Parfait pour moi. :coeur:
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Sam 17 Déc - 11:02
Merci Noé, c'est gentil Contente que ça te plaise !
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Sam 17 Déc - 19:26
Je te valiiide
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   Sam 17 Déc - 21:17
Merci beaucoup, contente de débarquer parmi vous !
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MessageSujet: Re: Maxime ◊ not all those who wander are lost.   
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Maxime ◊ not all those who wander are lost.

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