AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 abstraction de sentiments. (gabimo)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

× pseudo : spf.
× messages : 19
x points : 5
× date d'inscription : 14/11/2016
→ âge : 28 ans.

MessageSujet: abstraction de sentiments. (gabimo)   Mer 16 Nov - 7:48
la moitié de ton service s'achève plutôt bien. à quinze heures tapantes, les derniers clients dont tu es en charge quittent les lieux, sourire aux lèvres. en règle générale, ça se passe plutôt bien pour tout le monde lorsqu'on vient manger dans le restaurant de ton oncle. le service est rapide, la cuisine est délicate tout en gardant un esprit typique de vos racines latines et l'addition ne surprend jamais vraiment personne. manger à bas prix, de nos jours, c'est devenu un fait plutôt rare. or, ici, manger ne coûte pas plus cher que dans un fast food. tranquillement, tu défais ton tablier, embrasse ton oncle et le préviens de ton retard au service du soir. c'est une habitude que tu as prise, il y a quelques années. t'es rarement en retard mais tu préfères l'annoncer, au cas où. t'as jamais grand chose à faire de ton temps libre, quoi qu'il en soit. mais le hasard peut parfois faire des siennes et tu préfères prévoir du retard plutôt qu'assurer être à l'heure, voire en avance. tu remontes ta veste jusqu'à ton menton lorsque tu quittes les lieux, surpris par la légère brise qui s'est levée sur paris. le mois de novembre n'est pas le plus chaud mais le fond de l'air n'est pas non plus complètement hivernal. à pas de loup, tu te diriges jusqu'à l'arrêt de métro. mais avant de t'y engouffrer, tu fais un détour par une petite galerie que tu visites souvent. les photographies exposées sont souvent d'une réussite exemplaire quand toi, tu peines à faire marcher ton nikon sans flouter l'arrière du paysage. envieux, légèrement, tu pousses la porte les yeux grands ouverts. t'as pas pris le temps de lire le nom de l'artiste exposé sur la porte d'entrée, sûr qu'il s'agit toujours du même puisque la galerie n'a pas forcément les moyens d'en attirer des plus populaires. en observant la première toile, cependant, tu comprends que les choses changent... tout change, sauf toi. coup au moral, un peu. tu soupires, mais tu n'en perds pas une miette pour autant. les peintures sont réussies, dépassant de loin tes espérances, tu dois l'admettre. tu regardes le travail de l'artiste tout en admirant sa dextérité et son doigté. t'avais jamais vu de pareilles toiles. t'avances doucement, te faufilant parmi les nombreuses personnes venues exprès pour l'occasion. sûrement un vernissage ! quand ton regard se pose sur un homme, en retrait. il regarde l'assistance avec intérêt. tu souris en coin, tu sais déjà qui il est. tu t'approches de lui, tu glisses c'est vous... sans le quitter des yeux c'est vous l'artiste ? parce que ça ne peut en être autrement. après tout, vu la manière qu'il a de couvé la pièce de son regard, t'es presque sûr de ne pas pouvoir te tromper. soit il est l'auteur des tableaux, soit il dirige cette galerie. mais vu son âge, t'es presque persuadé d'avoir raison.


Dernière édition par Timo Suares le Mar 22 Nov - 14:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

× pseudo : delancey.
× messages : 164
x points : 131
× date d'inscription : 04/10/2016
→ âge : twenty one, barely.

MessageSujet: Re: abstraction de sentiments. (gabimo)   Sam 19 Nov - 23:14
les premières critiques sont sorties au matin. ciseaux avec son café, et il en brillerait presque. longtemps qu'il n'a pas souri comme ça. des semaines. peut-être plus. il ne tient pas vraiment un décompte des jours qu'il passe sans être vraiment heureux, à naviguer sans savoir que faire dans un monde un peu trop grand. à grandir tout seul, toujours. à remettre du scotch tous les matins sur un cœur abîmé pour continuer à avancer. et la journée avance, et ce sourire ne semble pas s'éteindre, pas même une seconde. il n'ose penser à autre chose à ses mots sur le papier. dans un portefeuille bien fermé. c'est peut-être plus fort que des mots d'amour, au fond. c'est quelque chose de bon, au plus profond. et il ne s'y habituera probablement jamais. pas à la galerie qui se remplit, et il s'y fait petit. les toiles parlent d'elle-même, c'est son âme dans chaque trace de peinture. pas de compliments, c'est qu'on le remarque à peine. première journée d'ouverture officielle, entière. première journée ou tout à chacun peut le voir là, a nu, et il ne saurait peut-être pas pousser sur ses cordes vocales pour remercier chaque mot, chaque once de bienveillance. il n'y est plus habitué, vraiment. n'y a certainement jamais été très habitué. et même, à les voir, tous, commenter, sans pouvoir tout comprendre, ou même en comprendre un peu, à lire sur les visages, ses doigts s'en trouvent à ses lèvres, dents contre ongles, sale habitude. il ne s'en défait pas pourtant. même arrêter la clope parait plus simple. la journée avance et c'est étrange comme chaque minute semble une décennie et une seconde. c'est que les gens ne sont pas simples à lire. mais la journée avance, et il n'a même pas pensé à manger quelque chose. certains entrent avec l'air surpris, d'autres parfaitement en connaissance de cause. mais chacun reste, et chacun a un mot. pas pour lui. pour son voisin. chacun a un regard. jamais facile à interpréter complètement. et il manque de sursauter, vraiment. un sourire, encore, le même, trop large, mais des plus honnête. c'est qu'il a le soleil entre le dents, et de la lumière dans la tête. ce garçon - beau, vraiment. quelque chose qu'il ne voit pas souvent. qu'il ne saurait pas nommer. pas beau comme dans les magazines, pas un danseur non plus. non - vraiment, il a juste. un quelque chose, un je ne sais quoi sur lequel il ne saurait pas poser de mot. mais il se reprend, et gabriel pourrait remercier les cieux pour cela. c'est qu'il les aurait manqué, ces premiers mots sinon. lire sur les lèvres n'est pas activité facile, et ses aides auditives, bien qu'allumées, ne sont pas vraiment un lecteur parfait, juste un vague amplificateur. mais en effet c'est lui, et pour une fois, vraiment, il est fier de lui-même. même sans que ses parents soient venus. mais sa voix pourrait le faire redescendre de son nuage. toujours trop aiguë, même s'il ne peut pas y faire grand-chose, même s'il ne l'entends pas vraiment. il le sait. elle est loin d'être normale. et il s'y reprends à deux fois pour commencer sa phrase, avec le son. « oui ? je - c'est moi ? » quelque interrogation, ou peut-être est-ce l'excitation. il retient ses mains. après tout, ce n'est pas la peine, il peut très bien parler. on lui a assez répété que c'était à lui de s'adapter. et ses joues se teintent, s'enflamment. normal. il doit être normal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

abstraction de sentiments. (gabimo)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» « Je dégueule sur la facilité des sentiments. » (Elena.)
» { Explosion de sentiments - - - PV
» Les pleurs sont la lessive des sentiments [pv Yuûki]
» [Court Métrage]Explosion de sentiments !
» Tornade des Sentiments [PV Griffes de Velours]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WE ARE TERRIBLE PEOPLE  :: paris ville des anges :: sud de paris :: 6ème arrondissement-