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 take a look at me now ∆ arthur

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MessageSujet: take a look at me now ∆ arthur    Mar 25 Oct - 11:40
Nathanaël relit le message sur son téléphone portable, puis jette un regard furtif à l’horloge. Il est installé dans le canapé, nerveux. Son dos lui fait mal – séquelles de la bagarre imposée il y a quelques mois – et il ne peut empêcher son cœur de battre à un rythme anormalement élevé. C’est la première fois qu’il revoit Arthur depuis… Depuis qu’il lui a brisé le cœur. Il est bien forcé de l’admettre, c’est lui qui a rompu leurs fiançailles, brutalement. C’est lui qui a décidé de mettre un terme à leur histoire pour de bon.

Tout a toujours été très naturel avec Arthur. Il est d’abord devenu son agent, et puis Nate s’est laissé à penser qu’il était intéressé. Attiré. Ils se sont mis ensemble, et ne se sont plus jamais quittés. Pour Nate, c’était l’option parfaite. Lui qui avait l’impression que son monde ne tournerait jamais qu’autour de la musique ne se pensait pas capable de s’investir avec quelqu’un qui lui demanderait de sacrifier quoi que ce soit au niveau de sa carrière. Arthur faisait partie intégrante de son monde, il comprenait la musique, le talent, la passion qui l’animait. Arthur l’admirait un peu sans doute, et Nathanaël a toujours aimé qu’on l’admire. Mais lui aussi, il admirait Arthur, sa force, ses bonnes idées, leur complicité. Et puis, il a tout fichu en l’air.

Il se souvient du réveil dans la chambre d’hôpital. Il était là, Arthur, dans son fauteuil, endormi. Nate a mis du temps à se souvenir de ce qu’il s’était passé, et puis finalement, un coup d’œil à sa main plâtrée et douloureuse avait suffi à lui rafraichir la mémoire. Il avait compris tout de suite ce que signifiait des problèmes à la main, et faisant abstraction de la douleur qu’il éprouvait partout ailleurs dans le corps, avait cédé à la panique. Après cette crise, il lui avait fallu de nombreux jours pour retrouver la capacité à s’exprimer, à parler, à échanger. Les gens le prenaient en pitié et lui, il était terriblement fatigué. Rentrer chez lui lui semblait bien inutile puisqu’il n’aurait plus rien à y faire. Et surtout, rester avec Arthur lui apparut rapidement comme impossible. Arthur faisait partie de ce beau monde de la musique, du piano, des dates de concert et des salles combles. Il avait été fier de porter leur amour au grand jour, dans un contexte où la France autorisait désormais les homosexuels à se marier, ce qui ne se serait jamais produit avant. Il était heureux de pouvoir faire sa demande, et ce qui avait parfois semblé comme la normalité prenait des airs de privilèges incroyables qu’il fallait vivre dans l’instant. Mais trop de légèreté l’avait conduit là où il se trouvait à présent, levant le voile sur une réalité bien différente que celle, seule, de la loi. Les couples homosexuels avaient droit de se marier, oui. Mais ça n’empêchait pas les homophobes de vivre ; et ça, il l’avait oublié.

Il avait rompu leurs fiançailles, pensant aussi préserver Arthur de l’enfer que deviendrait sa vie, vidée de son sens et de sa substance. La rupture ne s’était évidemment pas bien passée, et Nate s’était enfermé, depuis, dans sa dépression, de laquelle il ne sortait plus et surtout pas pour prendre des nouvelles de son ex. Cela dit, la vision de son nom sur son téléphone portable avait déclenché chez Nate une réaction bien particulière, la course de son cœur s’accélérant dans sa cage thoracique. Panique, envie, manque. Des sentiments qu’il lui faudrait refouler aujourd’hui, par respect pour son ex.

Il sursauta en entendant frapper. Ce ne pouvait être que lui, Nate n’attendait plus personne – il n’était même pas en contact avec sa famille pour le moment. Trop difficile. Il se leva, quittant le canapé, le cœur battant beaucoup trop vite pour sa santé, et se dirigea vers la porte. Il avait fermé la salle du piano – une idée commune – et n’y entrait plus depuis quelques semaines. Quand il ouvrit la porte, il réalisa qu’Arthur allait repartir avec une bonne partie de l’appartement et qu’il n’aurait sans doute pas le courage de remplacer les choses qu’il emporterait avec lui. Il lui faudrait s’adapter autrement. Il prit une inspiration, incapable de sourire au visage triste en face du sien. Tant de rêves brisés et de vie foutue en l’air. « Bonjour, » lança-t-il avant de s’écarter pour le laisser entrer. Il était profondément injuste qu’il s’octroie l’appartement mais en même temps, il n’avait pas non plus le courage de se trouver un endroit pour vivre. Il referma la porte derrière Arthur et glissa sa main handicapée dans sa poche, comme pour dissimuler la honte qu’il ressentait à son égard. Plus que victime, il se sentait coupable. Coupable d’avoir été aussi faible et incapable de se battre. « Tu veux boire quelque chose ? J’ai… j’ai fait livrer des cartons. » Il baissa les yeux et prit une inspiration nerveuse, soudainement envieux de rejoindre sa chambre pour s’y enfermer, le temps qu’Arthur vide l’appartement de ce qu’il y avait laissé de lui. D’eux.

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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Mar 25 Oct - 14:11
une alarme qu'il n'a définitivement pas programmée. beaucoup trop tard. pas comme s'il pouvait se préparer, comme certains, en moins de dix minutes. c'est qu'il ne fait pas grand chose d'autre que dormir ces derniers temps. il a fait de son mieux, longtemps, pour tenir debout. pour ne rien laisser transparaître. continuer à vivre comme si de rien n'était, éluder les questions. mais le temps passe, et la difficulté de n'être qu'une façade s'est faite de plus en plus grande. c'est qu'au fond, vraiment, il n'y a plus rien derrière. plus de raison, plus de cœur dans cette âme meurtrie. il a tout laissé derrière lui, ou peut-être qu'on lui a tout pris. il ne se pose plus vraiment la question. c'est fait après tout, et on y pourra rien changer. une chambre d'amis qui devient la sienne, et il faudrait vraiment qu'il en parte. mais c'est que quelque chose le prend au ventre, dès qu'il y pense, dès qu'il se dit que c'est nécessaire. c'est que seul, il ne sait pas s'il saurait se relever. au moins ici, ce n'est peut-être pas vraiment chez lui, mais il ne peut pas se morfondre, pas trop. pas quand tant de choses arrivent dans d'autres vies pour lesquelles il doit sourire. un post-it sur son téléphone ( il n'aurait jamais dû laisser le code à rudy. ne lui a jamais donné d'ailleurs. c'est qu'il ne doit pas être bien difficile à deviner. ). et la sonnerie s'éteint.

soupir. le temps de rien, vraiment, au saut du lit, les yeux dans le vague et le vague à l'âme. lui qui était pourtant du matin. c'est qu'il ne sait plus s'il est du matin, du soir, de toujours ou de jamais. il n'a plus l'impression de rien savoir, comme un vieux tronc ballotté par les courants, beaucoup trop près du gouffre. et dans sa précipitation il remet la bague posée sur un coin de sa table de nuit. vieille habitude de l'enlever la nuit, et au matin, il se trouve à la remettre trop, beaucoup trop souvent. bouée de sauvetage déjà crevée. lunettes, et des fringues choisies un peu au hasard. quelque chose qu'il déteste vraiment, quand il fait toujours de son mieux pour bien présenter. c'est le minimum, même si l'intérieur est en ruines. pas le temps de toute façons. y aller est stupide, mais c'est vraiment trop tard pour annuler.

et ses clés de voiture ne sont pas là. la voiture non plus, visiblement. pour le peu qu'il l'utilise. max, probablement. peu importe. il y a trop de choses qu'il ne fera que laisser. c'était beau si c'était eux. mais pour que ça reste souvenir, pour qu'il ne s'en ruine que plus. il ne récupérera pas grand chose. un porte-document fermé à clé, oubliée dans la précipitation de son départ. quelques costumes dont il a plus ou moins besoin. des livres, quelques vieilles éditions qu'il a fait trop d'efforts pour obtenir. il laissera le reste. et il manque de s'endormir dans le métro ( encore ). même le sommeil pourtant ne saurait effacer les valises sous ses yeux, trop pleines de regrets, peut-être. et il n'est pas revenu depuis. et il n'oserait presque pas frapper. une grande respiration, il repousse ses lunettes sur son nez, et - putain. oublié de se raser. pas comme s'il l'avait fait - proprement, en tous les cas, ces derniers jours.

il ne sait pas se forcer à sourire. pas aujourd'hui, en tous les cas, quand c'aurait été nécessaire. et vraiment, il devrait. la porte s'ouvre, et nate est toujours aussi beau. amaigri, fatigué, mais il a juste envie de le prendre dans ses bras. ce qu'il ne fera pas. pas maintenant. plus jamais. mais il en perd ses mots, de le revoir. et c'est comme si son cœur se brisait à nouveau. c'est vraiment fini, il n'y a rien à en dire, et il ne peut même pas le blâmer. ce n'est pas comme s'il avait grand-chose à lui offrir. encore moins maintenant. « hey... » il ne s'en remettra pas aux formalités. pas avec quelqu'un qu'il connait si bien. qu'il connait presque sur tous les points. connaissait, au moins. il ne manque pas un geste, pas une expression sur son visage. pas sa main qui se glisse dans sa poche. toujours en vrac. pas un mot, mais c'est comme si ses poumons devenaient inaccessibles un instant. la culpabilité, toujours. qui le ronge depuis assez longtemps, mais ne semble pas prête de s'arrêter. « merci - je. ce n'était pas la peine,je n'ai pas grand-chose à récupérer. et ça ira. je - je ne te dérangerais pas longtemps.» il voudrait juste que tout soit fini, maintenant. être rentré. ne jamais être venu. c'est qu'il ne sait quoi dire - quoi faire. c'est qu'il se noie, étouffe. et s'est perdu tout entier il y a bien des semaines déjà. et ça lui échappe, vraiment, sans qu'il ne puisse même y penser. « tu me manques » et il ne sait plus ou se mettre, là. c'en est fini du peu de dignité qu'il pouvait lui rester, il faut croire. « et - je - tu devrais rappeler ta mère. » tout. quelque chose. n'importe quoi pour changer de sujet. ne plus parler de cœur. ne plus parler de lui. venir était déjà une erreur. mais pas son idée, de toute façon. il ne le voulait même pas. savait qu'il réussirait à tout rendre pire en quelques mots, quelques secondes.


Dernière édition par Arthur Hennings le Mer 26 Oct - 0:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Mer 26 Oct - 0:32
Revoir Arthur est difficile, douloureux. Ca lui déclenche ce poids dans la cage thoracique dont il ne sait pas très bien comment se défaire. C’était la voie facile, logique que d’abandonner ce couple lui même lié au passé de Nathanaël, mais la tentation de le retrouver semble si réconfortante. Il se sent seul, tout le temps. Même quand il est allé voir ce médecin qui lui a proposé de tenter de faire quelque chose pour lui, il s’est demandé s’il en serait capable. Sa famille… c’est autre chose. Sa mère souffre depuis qu’il est en âge de le comprendre – donc sans doute depuis qu’il est né, si ce n’est plus vieux encore – et ses amis ont fini par ne plus savoir quoi lui dire alors ils se sont tus. De toute façon, Nathanaël n’a pas envie de leur parler. Il a envie qu’on le laisse tranquille, que personne ne prenne conscience de l’état dans lequel il se trouve réellement. Il n’a pas envie qu’on l’interroge sur son avenir, sur ses ambitions, ce qu’il va faire maintenant et tout le reste. Ca fait presque six mois maintenant, et ce laps de temps a suffi pour éradiquer tout son entourage, comme pour faire table rase du passé, pour supprimer les passages douloureux, les souvenirs insupportables. Il continue à recevoir les abonnements pour la Philharmonie, d’ailleurs, dans sa boîte aux lettres. Deux places extrêmement bien placées pour tous les concerts programmés, un abonnement payé à prix d’or – qu’il a renouvelé alors qu’il ne s’en sert pas. Il n’a pas mis les pieds dans une salle de concert depuis. C’est sans doute ce qui lui manque le plus mais il ne s’en sent pas capable. Il était pourtant récemment invité à écouter notamment l’Adagio pour violons de Barber, une pièce qui compte sans aucun doute parmi ses favorites – mais c’est tellement beau, comment aurait-il pu ne serait-ce que rester assis là, à écouter les notes tout en restant maître de lui même, de sa détresse ? Sans avoir une main à presser à côté de lui, au comble de l’émotion ?

« Prend le temps qu’il te faut. J’y tiens. Je n’ai touché à rien. » Nate inspire, incapable de contrôler son cœur. Arthur a l’air si triste et pourtant il est toujours si beau – il a du mal à se contenir, à contenir l’émotion, aussi. Il montre les cartons de sa main valide et non dissimulée, et se retourne brusquement quand Arthur lui dit qu’il lui manque. Il a peur. Il ne sait pas exactement ce qu’il a le droit de répondre à ça – parce qu’évidemment qu’Arthur lui manque à lui aussi, que ce n’est pas à sens unique. Mais est-ce qu’il a le droit de l’exprimer, alors même qu’il est à l’origine exclusive de leur rupture ? Une partie de lui a aussi refusé de soumettre Arthur à sa dépression, à ses angoisses. A tenté de le préserver en l’excluant de l’enfer de sa vie. Il serait un peu hypocrite aujourd’hui de faire marche arrière et de le laisser égoïstement voir les brisures de son âme compliquée. « Tu me manques aussi », finit-il pourtant par confesser, détournant le regard, honteux. Il ne regrette pas son choix, pourtant. « Ca fait du bien de te voir. » Il en a trop dit, sans doute, alors il se contente de reporter le sujet sur sa mère qui le harcèle de coups de téléphone. Sujet douloureux. Sa mère aime tellement la musique. Elle vit dans un monde de musique, dans leur grand salon toujours blanc, dans cet appartement qui manque parfois à Nate. Elle écoute la musique allongée par terre, les yeux rivés au plafond, elle pleure, elle rit, elle bat la mesure. Elle écoute de la musique quand elle est triste, quand elle est heureuse, quand elle a faim, quand elle pense que son mari la trompe ou qu’elle est malade. Tout le temps, sans jamais s’arrêter. « J’ai pas le courage. Je lui ai fait suivre les places de notre abonnement le mois dernier, je pensais qu’elle comprendrait. » Il prend une inspiration et retire sa main de sa poche pour agiter légèrement ses doigts qui piquent et sont engourdis. « Elle doit être tellement déçue… » Sa voix baisse d’intensité et il s’approche de la fenêtre pour regarder dehors, pensif. « J’ai vraiment pas le courage, » il murmure, avant de se retourner de nouveau. « Vous êtes en contact, donc ? » Nate se demande si elle va bien. Si elle l’aime toujours autant, comme quand il jouait du piano pour elle. Nate se pose des milliards de questions qui ne trouvent aucune réponse.

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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Mer 26 Oct - 0:47
il ne veut pas de ses affaires. il ne veut rien d’autre que tomber dans ses bras. encore. encore et toujours et que tout ceci ne soit jamais arrivé. un mauvais rêve. cauchemar monstrueux, pire que n’importe quelle bête grignotant son cœur, car c’est plutôt quelqu’un en qui il avait toute confiance qui a marché dessus, comme par inadvertance, le brisant tout autant. et l’appartement semble - comme on l’a laissé, vraiment, il y a six mois de ça. nathanaël y vit toujours, mais c’est comme si rien n’avait bougé. juste un peu plus de poussière. juste un manque très clair de lumière. comme si quelque chose était mort aussi. mais n’est-ce pas leur histoire, au final, qui a périt ? qui laisse cet arrière goût amer dans sa bouche, qui lui assèche jusqu’aux poumons. et chaque respiration semble le mordre, semble le piquer, et c’est des milliers d’aiguilles dans son âme même, aussi loin qu’elle puisse s’être envolée, contre lesquelles il doit lutter pour ne pas fondre en larmes. c’est qu’il ne finira pas à genoux, à espérer encore, qu’il appelle. à le supplier de le reprendre. même pas une question de dignité, il l’a laissée à la porte il y a trop longtemps. juste de se dire que la réponse sera non. que c’est ce qu’il voulait. que ce serait affreux de le faire culpabiliser. c’est ce qu’il voulait, et il ne veut plus de lui. c’est trop tard pour réparer les pots cassés maintenant, il aurait dû le faire bien avant. quand ils avaient encore une chance de fonctionner. il aurait dû être là. et peut-être, peut-être que quelque part au fond de lui il le sait que ces mots qui l’ont blessé plus qu’aucuns autres n’étaient pas si vrai. que c’était à contrecœur. mais il a su si bien se convaincre, et le temps n’a fait que l’aider. mais dieu, qu’il n’arrive pas à lui en vouloir. pas quand il lui a donné, peut-être, plus de bonheur que quiconque, ou presque. un bonheur en propre, à lui. pas par procuration. et c’est peut-être ce qui lui fait perdre tout cet air. d’être ici, quand tout y mort.

des cartons dans un coin, et il voudrait juste les balancer par la fenêtre. les balancer loin et ne plus en entendre parler. hurler à la mort et se laisser mourir. affreusement dramatique. mais il n’a pas grand-chose à y ranger. pas grand chose qui ait le mérite d’être à lui autant que cette histoire l’était. les objets sont peu. les souvenirs sont mieux. mais toujours il y a, comme une brûlure, ce désir intense de revenir en arrière. il se retourne. et ses mots se perdent contre les murs, les fenêtres, rebondissent, et semblent le toucher en plein cœur. n’importe quel autre jour - six mois auparavant, ce n’aurait rien été que ce geste. il aurait fait quelques pas en avant. il en fait un. et ce n’aurait été rien. il y aurait eu des mots, et ses bras autour de sa taille, et le serrer fort, assez pour qu’il sache qu’il serait toujours là. et même là - il ne saurait faillir à cette promesse plus si tacite, pour ce qu’elle a été dit des milliers de fois. mais c’était avant. et il n’en fait rien, ne peut rien faire de plus. mais il retient ses larmes. après tout, c’est seulement son cœur qui traîne là, à salir le plancher, pas toute sa vie qui s’y trouve morcelée. mais il sait ce que c’est. peut-être pas aussi bien. peut-être parce que ce fut un vague choix pour lui. au moins - il s’en est convaincu. mais il n’est pas venu là pour le faire souffrir plus. vraiment. et c’est à lui maintenant de rester stable. ou de tenter. de ne rien montrer, même quand il sent ses mains trembler. ça a toujours été son rôle ici, après tout, d’être un roc.  « je ne sais pas si ça fait du bien. mais si tu as besoin de moi, je serais là. toujours. même si tu ne veux plus de moi. si tu as besoin de quoique ce soit - appelle juste. s'il te plait.» quelle chose étrange, quand pourtant être là lui fait tant de mal. quand il sait qu'il doit le laisser partir. se remettre seul, se relever seul, si c'est vraiment ce qu'il veut. sans lui. mais il ne peut s'en détacher complètement, quitte à s'y ruiner la santé aussi. peu importe au final ce qu'il peut être, ce qu'il peut devenir. s'il peut faire quelque chose pour l'aider, il le fera. il ne mentira pas, ne dira pas que ça ne fait pas mal d'être ici, surtout pour ça. récupérer des affaires. en finir pour de bon. dire qu'ils allaient se marier. dire qu'ils allaient être heureux. vraiment heureux. mais il sera là, quoi qu'il en coûte, quoi qu'il puisse jamais arriver. vieille promesse qu'il compte bien tenir. et il ferme les yeux, tente de reprendre sa respiration. sans laisser transparaître une larme dans sa voix. du moins il essaie. tente de rester lisse. impassible. c'est impossible. « elle m'appelle tous les vendredis, sept heures quarante-cinq, à peu près, et chaque fois me demande quand je compte rentrer à la maison, quand je lui dis que je n'ai pas plus de nouvelles qu'elle. » et il a beau lui avoir dit, et elle avoir beau savoir, il ne va pas l'empêcher d'appeler, quand son propre fils ne décroche plus. sûr, elle n'est pas dans un état parfaitement normal, mais c'est une personne, et peut-être qu'au final, il en a trop de cœur, même en morceaux, pour ne pas oser la heurter plus. comme si ce n'était pas assez difficile à vivre déjà. « tu lui manque. et pas ta musique. c'est son fils qu'elle veut. » et lui, c'est son fiancé qu'il veut. dont il a besoin, plus que ce qu'il aime à admettre. à qui il donnerait tout. aurait tout donné plutôt. car c'est bien trop tard maintenant, pour le récupérer. et peut-être qu'il a quelques mots, mais il ne sait pas faire le premier pas. ne peut pas faire grand-chose d'autre qu'ouvrir les bras. « viens là. » un autre pas en avant. mais pas de baiser dans son cou, pas de bras enroulés autour de lui. rien qui serait trop. trop demandé. trop vouloir. trop quand ils ne sont plus censé rien être, l'un pour l'autre.
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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Jeu 27 Oct - 23:36
Il se recroqueville, Nate. S’il pouvait se cacher ; il le ferait sans doute. Derrière les épais rideaux qui le protègent de l’extérieur, derrière un meuble ou au fond de son lit. Il a honte pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il n’a pas grand chose à voir avec l’homme dont Arthur est tombé amoureux, cette autre version de lui même, avec plus d’assurance, plus d’aplomb, qui savait quoi faire et quelles décisions prendre. Qui avait un don, un vrai, et que les gens admiraient, certaines personnes en tout cas. Il a honte aussi parce que sa main est repoussante, déformée. Enfin, il a honte parce que par sa faute, tout s’est terminé entre eux, que la rupture a été tragique en plus d’être terrible et que parfois, il a l’impression qu’il va tomber dans le gouffre qui s’est ouvert à ses pieds depuis qu’Arthur n’est plus là pour le retenir. Il a des moments de faiblesse, de temps en temps, quand dans les antidouleurs il se perd et s’oublie – quand il oublie pourquoi il s’impose cette tragédie, cette souffrance, pourquoi cette rupture au milieu de la détresse qui a repeint déjà tous les murs de son appartement. Et puis, lucide, il se souvient. Il se souvient qu’Arthur est partie intégrante de ce monde si particulier qui était le sien. Qu’Arthur l’a aimé notamment parce qu’il savait jouer de la musique comme personne. Qu’Arthur est unique. Il n’arrive pas à penser à autre chose, ni à penser à autre chose. Il ne voit que cet homme pour lequel il s’était passionné autant que pour le piano et qu’il a perdu en se faisant tabasser la gueule sur un trottoir parisien humide. Il se souvient à peine de l’agression, d’ailleurs – il se souvient juste avoir supplié qu’on laisse sa main tranquille, comme un idiot. Comme s’il n’avait pas pu se taire – ça lui aurait sans doute rendu service.

« Merci, Arthur. » Il soupire et se tourne vers lui – en tentant de se parer d’un semblant de sourire. Un instant, il hésite à lui parler de l’hôpital, et de ce médecin, Finley, qui pense qu’il peut le réparer moyennant deux ans d’opérations, de la rééducation, de la douleur et une IRM de lui en train de jouer du piano – il ne se remet toujours pas de cette perspective. L’espace d’un instant, il oublie l’égoïsme d’une telle demande et manque de la formuler à voix haute. Il a besoin de lui, il le sait ; il n’a jamais été aussi fort que quand Arthur était à ses côtés. Il n’a jamais eu autant d’ambition, autant de force que lorsqu’ils étaient ensemble. Ses plus belles années, les plus talentueuses aussi. « Ce serait un peu hypocrite. Faut que tu prennes soin de toi, tu sais ? » il finit par lui demander à la place. Il faut encore qu’il réfléchisse, pour l’hôpital, les opérations. Il n’est pas sûr de pouvoir supporter tout ça. Il ne peut pas impliquer Arthur, il a peur de ce qu’il pourrait répondre. « C’est pas seulement à propos de moi. » Il soupire et hausse une épaule – de toute façon, il n’y a plus grand chose à faire pour lui. Sa vie est foutue en l’air. Il ne veut peut être pas l’admettre, mais c’est le cas. Et même si ça sonne de manière assez tragique, peut être abusive, c’est la vérité. Il aimait trop la musique pour en être séparé – et d’ailleurs, il se serait contenté de pouvoir jouer du piano dans son salon à condition que ce soit aussi bien qu’il a été capable de le faire. Maintenant, il a du mal à jouer au clair de la lune sans que sa main ne se mette à trembler de manière incontrôlable.  Il soupire quand Arthur lui parle de sa mère et détourne les yeux. « J’y arrive pas. J’ai décroché mon téléphone plusieurs fois mais… J’arrive pas à être son fils sans la musique. C’est ce qui nous a toujours lié, c’est… » Il soupir, et sa main libre et valide rejoint son poignet amoché pour le masser un peu. « C’est comme avec toi. » Il a parlé très bas, n’est même pas certain qu’Arthur ait pu entendre, en réalité. Ce n’est pas grave, il se sent bizarre de l’avoir dit – et c’est d’autant plus bizarre qu’Arthur s’approche pour le prendre sans ses bras. Nate reste un instant sans bouger, respirant le parfum de cet homme qu’il aime – oui, qu’il aime toujours. Il ferme les yeux et son bras valide se glisse dans le dos d’Arthur qu’il serre contre lui un moment. Il dépose ses lèvres contre l’épaule d’Arthur et arrête de bouger. « Je suis désolé » il murmure, ne sachant trop ce pourquoi il s’excuse, franchement. Pour le mal qu’il a causé. Le malheur. « Pourquoi tu me détestes pas, Arthur ? T’aurais tous les droits. Moi, je me déteste. »

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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Ven 28 Oct - 13:57
corps contre corps, et il est réel de nouveau. plus une ombre, plus un masque, plus un fantôme dans ses bras. c'est lui - lui encore, lui toujours. et c'est comme si le temps s'arrêter. tout sauf le moment de flancher, de fondre, et de laisser couler ses larmes. pas quand nate n'a jamais été aussi mal. pas devant lui. et peut-être qu'il le sert un peu trop fort, une main se perdant dans ses cheveux. le temps le rattrape, vraiment. c'aurait pu être si simple, n'importe quel autre jour, pas six mois avant. et c'est comme si rien n'avait changé. ni dans l'appartement, ni entre eux. pourtant, ils ont changé. aussi humains qu'ils puissent être, aussi rapide que son cœur puisse battre, rien ne semble savoir arrêter le temps, arrêter ces changements. et tout ceci va trop vite, vraiment. six mois, sur une vie, ce n'est pas vraiment grand-chose. et leur relation - avant, c'était quelque chose qui s'était fait peut-être naturellement. à son rythme, au leur. quelque chose de simple. et toute cette histoire ne semble que trop compliqué. et il ne voulait pas lâcher, n'aurait pas dû lâcher. pas aussi tôt, pas aussi vite, pas flancher sous ses mots. mais il l'a fait, et vraiment, c'est trop tard maintenant. trop tard pour retourner en arrière, peu importe si son cœur ne bat toujours que pour lui. peu importe qu'il l'aime encore. il a raté le coche. mais le moins qu'il puisse faire, quand c'est sa faute, tout - ou presque. s'il avait été là, mon dieu, ce que les choses auraient pu être différente, le moins qu'il puisse faire c'est d'être là. toujours. de le soutenir, de faire ce qu'il a toujours su faire de mieux. s'oublier. c'est qu'il n'a jamais été très bon à s'occuper de lui-même, à penser à lui-même.

« c'est pas important. » il est tout sauf important. il a toujours su s'effacer derrière d'autres. leurs besoins, leurs envies, peu importe le prix. derrière rudy, surtout, mais c'est loin d'être le seul. les priorités n'ont jamais été son bonheur, ses idées, ses rêves. même pas ses rêves, sous clé, bien cachés, presque oubliés. du genre dont personne n'a entendu parler depuis des années. alors qu'il fait de son mieux pour que ceux des autres soient réalités, coûte que coûte. « et non, ce n'est pas juste à propos de toi. mais je te le propose. et je te le dis, je serais là. toujours. » la voix est faible, trop. enrouée, mais c'est qu'il peut vouloir rester debout, il semblerait presque que sa cervelle tourne au ralenti, et qu'il n'y ait plus que son cœur, du genre à battre la chamade qui le fasse survivre. qui le fasse continuer. et ses mains trembleraient si ses doigts ne s'étaient pas refermées sur sa chemise. il devrait se redresser, ne pas se laisser aller, quand cette proximité est peut-être ce qui le pousse plus loin, plus au fond du gouffre. mais c'est qu'il en a besoin, c'est tout. peut-être un peu trop dépendent. peut-être juste stupide, peut-être juste qu'il était, à peu de choses près, tout ce qu'il avait. c'est égoïste, un peu, peut-être. il ne sait plus, vraiment. ses mots se veulent rationnels, mais il ne sait même plus quoi penser. ne sait même plus s'il pense encore. et ses mots, ses murmures lui brisent le cœur, chacun un peu plus. une famille qui se brise, qui se perds pourrait faire du mal à n'importe qui. surtout qu'il a toujours eu un cœur pour les familles en général - celle-ci, aussi. mais c'est ces mots encore, comme si leur relation à eux n'avait tenu que pour la musique. quelque chose de si faux - au moins à ses yeux. quelque chose qu'il refuse de croire. la musique les a forcé dans une routine, mais au travail. la musique peut-être belle, mais elle lui a brisé le cœur plus d'une fois. peut-être que s'il l'avait rencontré autrement, peut-être que s'il n'y avait pas eu ce travail entre eux, les choses se seraient mieux finies. tout n'est que 'peut-être', au final, et les choses sont telles qu'elles sont. mais là ou tout n'est plus que miettes, c'est un homme qu'il adorait, qu'il aime toujours, c'est certain, qui ne comprends pas pourquoi il ne le déteste pas. un homme qui se déteste lui-même. et c'est peut-être ce qui le brise le plus, de voir un homme en miettes. son homme. il le sera toujours un peu, pour ces années qu'ils ont eu ensemble, peut-être leurs plus belles. les siennes, en tous les cas. du genre qu'il ne saurait oublier, ni aujourd'hui, ni jamais. et ses lèvres se posent contre sa tempe, et dieu, qu'il ne veut pas le lâcher. il n'est pas venu ici pour parler de sa mère après tout. et maintenant - maintenant, il veut juste le voir se relever. pas seulement survivre. peut-être pas jouer à nouveau, peut-être qu'il aura cette chance, un jour, mais franchement, avant, il doit peut-être ouvrir les yeux. et c'est peut-être ce qu'il doit faire maintenant. l'aider à ouvrir les yeux. « nate, pourquoi je te détesterais ? » et juste un pas en arrière. des larmes dans ses yeux qu'il aimerait ne pas avoir à montrer. mais c'est trop tard. et il sourit malgré tout. fait de son mieux, car il n'y a pas grand chose d'autre à faire. et ses doigts trouvent la bague, toujours là. par erreur, mais il n'aurait pas su s'en séparer, même s'il devrait ne plus la mettre. et comme brûlé, il en éloigne sa main droite aussi vite. et peut-être qu'avant de tout ranger, ou du moins, le peu qu'il compte emporter encore, il y a quelques choses à dire. il se rapproche du canapé, qui n'a pas bougé d'un pouce, mais pris la poussière, au moins un peu. il est trop maniaque, vraiment. vieille habitude. mais il n'y pense pas, seulement à essuyer ses yeux. « assieds-toi. » et il y a une présence dans sa voix, du genre qu'il pensait avoir laissé au placard en prenant cette 'pause', avec les jeunes prodiges qui se croient peut-être meilleurs qu'ils peuvent l'être vraiment. les larmes n'y pourront rien changer, son âme en peine non plus. il a plus d'une chose à dire. à lui dire. plus d'une vérité qu'il mérite d'entendre, sur lui-même, surtout. à quel point il est plus que ses mains, que la musique. personne, après tout, ne voudrait épouser une partition.
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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Mer 2 Nov - 23:22
Il n’arrive pas à prendre les positif dans cette phrase. Tout ce qu’il voit, Nate, quand il entend Arthur lui promettre qu’il sera toujours là, c’est le gaspillage monstrueux causé par sa faute. Certaines mauvaises langues pourraient dire ou penser qu’il a fait exprès de rompre ses fiançailles pour se complaire seul dans son malheur, qu’il n’a pas essayé, pas fait d’efforts. De l’extérieur, c’est peut-être l’image qu’il renvoie. Ou alors, celle de quelqu’un extrêmement rancunier, qui ne parvient pas à pardonner à l’homme qu’il aime d’être celui l’ayant entrainé dans cette situation. Nathanaël ne blâme pas Arthur pour ce qui lui est arrivé. Il n’y a personne d’autre à blâmer que les homophobes qui peuplent encore les rues d’une ville comme Paris en 2016, ces gens fermés à la tolérance et à l’autre. Il n’en veut pas à Arthur. Peut être que s’il n’avait pas fait son coming-out à la fin d’un concert, il ne se serait rien passé, c’est vrai. Mais il n’a pas à se sentir honteux d’avoir voulu le faire à ce moment là. Peu importe les autres, les gens, les idiots, les attardés, ceux qui pensent encore que l’amour n’existe que lorsque deux personnes sont du sexe opposé. Ceux qui pensent qu’on peut mettre les gens dans des cases. Ceux qui n’ont d’autres guerres à mener, par dépit ou par ennui. Il méprise tous ces gens qui ont contribué à lui voler son bonheur en refusant d’admettre une simple réalité, plus même une différence désormais. S’il avait le cœur à l’ouvrage, il se battrait contre ces gens. Il laisserait sa fortune dans les honoraires d’un avocat hors de prix et il lui dirait de se battre pour faire porter sa voix. Mais il n’a plus de voix à porter, Nate, à peine un murmure désormais. Et Arthur ne lui rappelle que trop bien ces sacrifices, ces échecs qu’il a enduré. Le quitter aurait dû le rendre plus indépendant, plus heureux, à terme. Il est peut être trop tôt. Mais Nate tient à ce que l’homme qu’il pensait être l’homme de sa vie soit heureux – il n’aime pas le voir triste. Peut être qu’il devrait le pousser plus fort, plus loin, le forcer à oublier. A renoncer. Cesser de lui parler.

Au lieu de ça, il se réfugie dans ses bras protecteurs puis se laisse guider jusqu’à s’asseoir. Il sent venir l’heure du sermon, l’heure de la vérité crue, celle qui fait mal et laisse des traces sur la peau. Il a peur, se renferme presque aussitôt de peur de ne pas supporter le discours qui risque de tomber s’il ne proteste pas. « Arthur… » qu’il murmure en détournant les yeux. « Ce que je voulais dire, c’est que tu devrais penser à toi, maintenant. Pas à moi, ni à savoir si… » il soupire, ne trouve pas ses mots. Sa tête lui fait mal, une fois n’est pas coutume. A croire qu’il ne s’est pas abruti sous les médicaments ce matin, sans doute pour être pleinement conscient, en toute possession de ses moyens. « Je veux que tu ailles bien, tu comprends ? Je sais que ce n’est pas ce que tu crois, mais c’est le cas. » Il soupire et se masse les tempes. Il hésite à se relever mais il est cloué sur place et sent sa tête qui tourne, soudainement. Il a envie de regagner ses bras, de respirer son odeur encore un peu. L’instant était trop court, castrateur. Frustrateur. Il panique un peu, alors il décide de changer de sujet et détourne les yeux. La logique voudrait qu’Arthur s’en aille avec la plupart des souvenirs contenus dans cet appartement, en réalité. « J’enseigne, tu sais ? » il murmure, d’une voix à peine audible. « La musique, le piano – sans jouer bien sûr. On m’a recruté. Seulement quelques heures par semaines, pour l’instant, mais j’ai bon espoir que ça augmente. Si je suis bon ». Il parle et se noie dans ses propres phrases, dans ses mots. Perd le compte. Il ne sait pas ce qu’il lui prend – il devrait le laisser ranger ses affaires et partir, plutôt que de prolonger la séance de torture programmée qui se déroule sous ses yeux. « Désolé », il répète finalement en s’enfonçant dans le canapé où il s’est assis.

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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Jeu 3 Nov - 14:17
une vieille douleur se rappelle à lui, et pas de celles, encore trop vives, qu'il a a l'âme. pourtant il tombe à genoux, peu importe si celui-ci proteste. il s'y est habitué, avec le temps, résidu d'un vieil accident. il s'est habitué à beaucoup de choses, plus ou moins imparfaites. il saura toujours trouver moyen de s'adapter, vraiment. il n'est qu'humain après tout, du genre a avoir coupé ses propres ailes il y a bien longtemps, histoire d'apprendre que si les choses sont trop belles, il ne faut pas trop y croire. pas si c'est pour lui, en tous les cas. il s'est habitué à se contenter de peu. mais pas au niveau du cœur. pas avec nathanaël. et même là, il n'avait jamais besoin de beaucoup, de perfection. mais il avait ce qu'il voulait. et ces mots durs qui lui sont tombés sur le cœur, bien des mois auparavant, il est heureux de les voir s'envoler. repris. partis. c'est qu'il veut le voir heureux, qu'il aille bien. comme s'il avait le choix. comme s'il savait comment faire ça. c'est qu'il le dit là, c'est bien que ce qui a été dit, ce qu'il a refusé de vraiment croire tout ce temps ne pouvait être vrai. il cherchait juste à l'éloigner. pour quelle raison stupide ? le protéger, peut-être. sûrement. comme si ça avait pu marcher. comme si tout ceci ne l'avait pas déjà brisé, au moins un peu. et cette proximité ne rend pas les choses plus aisées, mais il en dépend, plus qu'il ne voudrait l'admettre. il en a besoin, et au fond, il n'y pense pas vraiment, c'est trop naturel. quelque chose d'étrange. quelque chose qui devrait être fini. mais plutôt qu'un point final, ce que cette visite aurait du être, c'est plutôt une parenthèse qui se ferme. c'est qu'il peut toujours tenter - il ne partira pas. pas maintenant. plus maintenant. et peut-être qu'il n'y aura plus de romance, il faut bien être deux pour ça, peut-être que son cœur ne pourra plus battre comme avant, et le mariage, tout semble hors de question maintenant. quelque autre futur auquel ils auraient pu prétendre. mais il sera là, dans sa vie, et il ne compte pas le lâcher. et certes, il voudrait l'embrasser. et il ne dirait pas non, définitivement, s'il voulait le reprendre. mais s'il ne peut pas être l'amant qu'il fut, il peut-être marbre, rester, peu importe son avis, et faire de son mieux, au moins pour lui rendre un peu de ces moments qu'il lui a donné. moments ou il a cru, juste un temps, avoir trouvé sa place, et pouvoir la garder. et peut-être qu'il ne pourra pas la garder longtemps, mais au moins un temps, encore. sans être plus, il sera au moins quelqu'un. quelqu'un qui vit pour les autres, mais c'est, après tout, ce qu'il a toujours été.

les gestes ne sont pas quelque chose qui lui viennent à l'esprit. il fait sans vraiment penser. pose une main sur sa cuisse. comme une évidence, comme si rien n'avait vraiment changé. mais tout est différent, et sauf pour ceux qui sont sous verre, les pages de ses vieux livres ont pris la poussière sur leurs étagères. mais il ne sait plus y penser. ses pensées ne sont plus que pour lui, et ce fut ainsi un moment, après qu'il soit parti. et il est toujours, d'une certaine façon, coincé dans un coin de sa cervelle. une image - ou une centaine, des milliers. leur vie - ensemble. à eux. avant. et cette chambre d’hôpital. les nuit qu'il y a passé sans pouvoir rien faire, rien tenter. et c'était là, peut-être, le plus horrible. ce sentiment d'inutilité. et même maintenant, à part lui parler, à part être là, il n'y a pas grand chose qu'il puisse faire pour l'aider. pour lui prouver que tout ceci, cet avant a été réel. ou pour se le prouver à lui-même. mais il a des mots, et plus d'une chose à dire. plus d'une chose à lui faire réaliser. à quel point il est plus qu'un clavier. et il n'a pas l'air vraiment bien, nate, il perds ses mots, ou du moins sa voix. « je te crois. je te connais assez bien pour te faire confiance. et quoi que tu aie pu faire - ou dire. tu sais, quand je suis parti... » un moment. dieu qu'il regrette. qu'il aurait dû s'accrocher plus, juste un peu plus longtemps. ne jamais le laisser sombrer, seul, encore plus bas. mais il n'aurait pas pu faire grand-chose de plus. pas quand il était aussi secoué lui-même. pas quand, s'il n'avait jamais été là, dans sa vie, rien ne serait arrivé. son propre sens de sa culpabilité dans cette affaire l'a fait partir avant tout. les mots aussi. des mots qui lui ont fait plus de mal qu'il admettra. car ces mots étaient doute, quelque chose qu'il ne pouvait pas se permettre. pas déjà en doutant de sa propre existence, de sa propre validité. et c'est peut-être toujours le cas, un peu. mais il peut faire taire ses démons un moment. pour lui. ils auront tout le temps de le ronger plus tard. pour le moment il a des yeux à ouvrir. « j'y ai jamais cru, à ce que tu as pu dire. je sais que tu essayais de faire au mieux pour moi aussi, même si c'était absolument stupide » jamais cru. ou seulement un peu. seulement par bribes. seulement aux pires moments. mais ils n'auraient pas tenu avec ce doute dans le concret plus longtemps. et il y en a encore des morceaux, peut-être. car si leur relation ne tenait qu'à la musique, peut-être aurait-elle du se tenir à un bureau. et ça a toujours été plus que ça. il le sait pour lui, il en est persuadé sinon.

il respire, mais les mots tardent. c'est qu'il en a trop. c'est qu'ils se mélangent et se perdent, et le perdent lui-même. « il n'y a rien pour lequel tu dois t'excuser. pas à moi. » à part peut-être pour quelques mots, mais il préférerait simplement les oublier, sans jamais en reparler. et la vie a repris, même pour nate. pour beaucoup elle ne s'est même jamais arrêtée. il n'y a peut-être que lui qui s'est vraiment perdu. mais trop de choses se sont passées sur lesquelles il n'avait pas le contrôle. et il l'a repris, a sa manière. en en laissant trop tomber, peut-être. la seule chose pour laquelle il était vaguement reconnu. pause - pour une durée indéterminée, pour passer ses soirées dans un bar. c'est qu'il a beaucoup pensé. c'est qu'il y aurait beaucoup à dire. mais ce n'est pas de lui qu'il est question. pas maintenant. « tu es bon. j'en suis persuadé. et c'est bien, que tu ai trouvé quelque chose à faire, vraiment mais il faut juste - tu es tellement plus que tes mains. il faut que tu t'en rendes compte » et il voudrait l'embrasser. trop tôt, trop vite, ou sûrement juste trop tard. quelque chose qu'il n'aura pas de nouveau. il y pense trop, pense trop à lui, comment il réagirait. et il n'en dit rien, attrape juste sa main. valide. autant ne pas le brusquer. il va peut-être déjà trop loin. « notre relation - c'était plus que la musique. ta relation avec ta mère est plus que la musique. avec - toi-même, aussi. tu dois te considérer en tant que personne. une personne honnête, intelligente, confiante, un fils, un pianiste ce n'était qu'une parcelle - qu'un mot de plus. un important mais ce n'était pas tout... je ne suis pas tombé amoureux de ta musique, tu le sais, ça ? pas de tes mains sur un clavier, et si ça avait été le cas, c'aurait été de la jalousie, pas de l'amour. » pas qu'il en sache quoi que ce soit. il a rangé ses partitions, et même son vieux piano, dans quelque campagne allemande, il n'y a plus touché, même en revenant. il en dit peut-être trop, peut-être pas assez, mais au final, il n'a plus le contrôle sur ce qui sort de sa bouche. il pourrait lui dire qu'il a repris, mais à quoi pourrait-ce bien servir quand il ne sait même pas qu'il avait un jour commencé ? il avait juste besoin de quelque chose de familier à quoi se raccrocher. quelque vieux rêve idiot. « tu es tellement plus. et je voudrais juste que tu puisse le voir. surtout maintenant. et je ne dis pas - maintenant, non, on ne peut pas revenir en arrière. probablement pas. mais je veux pas te laisser tout seul. je peux pas. et je regrette d'être parti. parce que même sans la musique pour nous lier, tu es, et tu resteras quelqu'un... » et il oublie les larmes qui lui montent aux yeux, derrière ses lunettes. les sens à peine, refoulées assez longtemps peut-être. c'est plus simple de baisser les yeux. ce serait plus simple d'abandonner. et il voulait rester droit, rester assuré, garder toujours cette force qu'il est censé avoir. qu'il a toujours eu, pour d'autres, pas vraiment pour lui. mais cette fois c'est trop - trop près du cœur. un bleu à l'âme. et il reste impuissant. « quelqu'un d'extraordinaire. et - et je t'aime, tu sais ? c'est stupide de le dire maintenant, peut-être... » et il s'est déjà jeté à l'eau, d'une certaine manière. dernier soupir. « j'ai jamais vraiment trouvé moyen d'arrêter... » son regard le trouve, de nouveau. ses lèvres. ses yeux. ça les aura brisés tous les deux. au moins il sait toujours prétendre. mais pas avec lui. et maintenant, c'est tout aussi simple de se redresser, juste assez, pour poser une main sur sa joue. laisser le moment flotter, juste un moment. il va se flétrir. un moment. il partira bien. mais autant l'attraper au vol. pour lui, pour une fois. pour eux, peut-être une dernière fois. mais il ne volera pas ce baiser, même s'il en crève. il en perdrait trop s'il était volé sans être voulu. il ne vaudrait rien. lui? il ne vaut déjà plus grand chose. plus rien du tout.
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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Dim 13 Nov - 13:38
Il essaye de tenir le discours, Nate, il essaye vraiment. Mais ça n’a rien de facile, d’écouter Arthur se dévoiler de la sorte, confier ce qu’il a sur le cœur. Depuis le début de l’histoire, Nathanaël n’a agi qu’en fonction de ce qu’il croyait être la meilleure solution, la plus juste option. Il ne s’est pas posé la question de savoir ce qu’Arthur aurait voulu, souhaité – parce qu’il est parti immédiatement du principe qu’il était plus à même de décider. Plus à même de décider qu’il souffrait trop pour assumer quoi que ce soit, une relation, la perspective d’un mariage. La vérité, c’est qu’en plus de la souffrance physique, la souffrance morale a tout ravagé sur son passage. La peur de l’autre, la peur de la haine. Il n’a pas compris ce qui lui valait de la haine, lui qui se contentait de faire de la musique, en se sentant un peu prétentieux parfois peut être – mais sans ça, il n’a jamais rien fait pour agresser qui que ce soit, quelqu’un qui aurait pu se venger après. La seule réponse à la question qu’il se pose – pourquoi – c’est la haine des autres pour la différence, c’est quelque chose qu’il n’arrive pas à comprendre. Pas pour l’instant, pas déjà. Pour l’instant, il a besoin de faire son deuil. A tous les points de vue. Il a besoin d’entériner la souffrance, de la tuer, d’arrêter de ressentir et c’est peut être pour ça qu’il fait des conneries, peut être pour ça qu’il abuse, qu’il teste ses limites. Revoir Arthur aujourd’hui sur le pas de sa porte n’était sans doute pas une bonne idée, il aurait dû s’absenter rapidement, parce que le voir lui rappelle à quel point il lui manque, à quel point le trou dans son cœur fait mal – comme il a creusé la distance, tout seul. Il a presque envie de laisser tomber tout ça – il le pourrait, juste aujourd’hui, se réfugier dans ses bras, embrassant cet endroit si sensible du creux de sa nuque, remonter, capturer ses lèvres, oublier la détresse, céder à l’appel de son cœur. Mais rien ne changerait réellement, même s’il cédait. Rien ne serait différent, demain matin ; il serait toujours un homme brisé incapable de se supporter, un type malheureux dans l’incapacité de se projeter dans une relation avec qui que ce soit. Il ne peut pas faire ça, il faut qu’il soit raisonnable. La haine qu’il éprouve à sa propre encontre ne peut se répercuter sans sentiment sur Arthur. Il ne veut ni ne peut lui faire ça.

Il se prend le sermon dans la tête – et il sait que les mots sont justes. Douloureux, mais justes. Il a raison, Arthur le connaît bien – il sait ce qu’il se passe au fond de son cerveau. Nate serait sur la réserve s’il n’était pas en face de la personne qui le connaît le mieux au monde – il n’a plus tellement la patience de mettre de filtre, il ne sait même pas s’il en est vraiment capable, au fond. Peut être qu’il a juste besoin de craquer. « Je sais ce que tu crois ». Il ferme les yeux en sentant le contact de la main d’Arthur sur sa joue et prend une inspiration. « Ma mère m’a élevé dans la culture de notre relation. C’est ma mère, c’est vrai, mais je ne sais pas ce qui nous rapproche si ce n’est la musique. Elle voulait faire de moi ce que je suis devenu, et maintenant que je ne le suis plus… » Il ne sait pas. Elle paraît froide, sa mère, distante. Blessée elle aussi, d’une blessure égoïste – elle a perdu son fils adoré. Nate est un peu mort ce soir là et il ne sait pas quelle image renvoyer à sa mère pour qu’elle réapprenne à l’aimer pour d’autres raisons que son talent ou ses goûts musicaux. Il exagère, peut être, mais de mémoire, ils n’ont jamais vraiment eu d’autres conversations que celle-là. La musique. La Musique.

« Je sais que tu m’aimes. Et je sais que tu m’aimes pour d’autres raisons ». C’est la vérité. Il sait qu’il ne se résume pas à un piano pour Arthur : il est plus que ça. Il est des projets, un mariage, une maison dans le sud, peut être un jour des enfants, une complicité caractéristique. Arthur lui a parlé de jalousie et Nate pense déceler un secret – la perspective lui déplait. Il a gravé dans son imaginaire le souvenir d’un couple qui aurait survécu à tout s’il ne s’était pas produit ce stupide accident qui n’en n’est pas un. Il a gravé dans son esprit le souvenir d’un couple qui partage – tout. Il ne relève pas. Egoïste à son tour. « Je ne sais juste plus qui je suis. Parce que même si tu m’aimes pour d’autres raisons, moi, je me suis construis autour de cette vie là. Et maintenant… » Il pousse un soupir frustré, comme quand il essaye de s’installer à un piano pour faire une démonstration et que sa main se met à trembler. Il est fatigué, il a chaud. « Maintenant je sais plus, moi ».

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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Sam 19 Nov - 19:30
et puis rien. ou si, tout continue. le moment dégèle, perd en espoir. son esprit fond comme neige au soleil. et il n'y a plus rien à dire peut-être. ou il y a d'autres mots qui se percutent, mais ne sortent pas. et cette douleur sourde qu'il a au cœur, il voudrait juste pouvoir l'étouffer tout en entier. l'oublier. n'être qu'un vague pion neutre. pouvoir l'aider, sans plus de bleus, sans plus de vagues dans une âme déjà au beau milieu d'une tempête. devenir une ombre, rien de plus, juste quelque chose qui se perd. pas d'émotions, juste à donner. ce serait si simple. une âme errante. ou pas d'âme du tout. au final, ça importerait peu. ça n'aurait pas besoin de nom, et il n'aurait besoin de rien, rien à demander. il pourrait juste l'aider sans couler, se noyer, et peu importe s'il bat des bras, c'est comme si chaque mots était une main de plus pour le maintenir sous l'eau. pour l'empêcher de dire quelque chose d'intelligent. de faire quelque chose de beau. de trouver une solution. il n'y a rien d'autre à faire devant tant de sentiments aussi conflictuels, devant tant de réactions différentes, au fond de lui, à bouillir, à le meurtrir.

genoux à terre. et pas qu'un. malheureusement. il pourrait rester là une éternité, mais ce ne serait que peu raisonnable. c'est qu'il y a quelque chose d'intime dans tout ça, et se détacher de nathanaël serait juste plus simple. mais il peut toujours tenter, physiquement au moins, il y a trop de souvenirs, trop de passé, les idées, les émois d'un futur qui refuse de s'envoler, et des sentiments toujours bien présents. et c'est peut-être ce qui le colle au sol. peu importe ce qui est raisonnable, il n'est pas important. et peut-être qu'au fond, en se débarrassant des sentiments, rien ne serait si important. peut-être qu'il aurait pu tourner les talons sans, encore, tomber dans ses yeux, s'y perdre, et tout laisser tomber. sa dignité, surtout. a-t-elle jamais eu aucune importance ? probablement pas. pas devant lui. pas avec lui. pas chez eux. il n'a jamais été que lui-même. et certaines choses ont peut-être été des non-dits, oubliés au fond d'un placard. mais c'est qu'elles n'avaient pas de place dans leur vie. et si elles avaient toujours eu la moindre importance dans le sienne, elles auraient été dites, aussi simplement que ça. mais ce n'est pas contre son amant - ex. fiancé, peu importe - qu'elles ont été immergées sous d'autres souvenirs, d'autres idées. c'était pour lui, protéger peut-être, les quelques rêves qu'il pouvaient encore faire. ceux qui au moins, pouvaient avoir du sens. contenir quelque vague espoir. et c'était trop tard, peut-être, pour les déterrer. pourtant il l'a fait. car il n'avait plus rien d'autre que cette étincelle, enterré depuis longtemps sous d'autres rêves. sous la bague à son doigt, et sa personne même. deux choses évaporées, au moment ou il est parti. et il n'avait plus vraiment d'autre choix que de s'y raccrocher, à ce morceau de rien, qui contenait peut-être un peu d'espoir. au seul bout de lui que nate ne connaissait pas. et pourtant, là, il ne sait faire autre chose que de s'en sentir coupable. comme s'il avait volé quelque chose. pas sa place, il ne sera, au moins pas dans son esprit, jamais aussi bon. ne volera jamais aussi haut. mais ces mains, ces doigts sur un piano, dieu sait qu'il ne les mérite pas. et il voudrait tout lâcher, mais ce ne serait d'aucune aide. et il voudrait au moins pouvoir s'excuser. mais de quoi, au final ? il semble n'y avoir plus de lumière, plus d'espoir, et il s'est perdu dans le noir, lui aussi. peut-être qu'au fond de quelconque tunnel ils se retrouveront. ou peut-être pas. ce qui lui brise le cœur au fond, c'est de ne pouvoir rien faire. de n'avoir rien pu faire. et de le voir en morceaux. de le voir si différent. et de l'aimer toujours, ne jamais savoir comment changer ça, au moins. changer la direction dans laquelle son cœur s'emballe, pour qui, pourquoi? il n'y a aucune réponse au fond. aucune raison. c'est juste comme ça. et il n'y a rien à y faire.

c'est contre sa joue que ses lèvres se posent, quand il voudrait enfouir son visage dans son cou, et ne plus avoir à penser, au moins un moment. il se relève, difficilement. toujours son genou. mais il n'y a trace de rien, sur son visage. juste un passage, avant de s'asseoir près de lui sur le canapé. il y a tant à dire, tant à penser. et il ne veut pas lâcher la main sur laquelle il a posé la sienne. sur sa cuisse, toujours si proches. il ne peut s'en empêcher. même six mois sans le voir. son esprit n'a jamais su l'éloigner. son corps semble toujours le réclamer, juste un peu plus près. juste un instant de plus. il a tout écouté, tout entendu. et ce n'est plus d'elle qu'il veut parler. c'est important quand même, mais peut-être que pour un moment, il peut se laisser passer devant, avant de tenter de réparer des relations qui ne sont pas les siennes. il fera de son mieux. mais peut-être qu'il peut prendre juste un moment pour penser à son cœur. aux leurs. ou juste y aller doucement, une chose à la fois. son cœur à lui reste second, loin derrière son homme en miettes. un cœur n'est rien quand il y a une personne entière à réparer. et juste le revoir heureux le recollerais peut-être un peu. « tu es toujours toi. ça t'as changé, oui. et - tu vas avoir besoin de temps. avec elle, avec le monde, peu importe. et ça prendra le temps qu'il faudra... » sa voix craque. et comment le formuler au fond, comment le dire ? qu'il aurait voulu ne pas avoir à partir, qu'il regrette ce geste ? qu'il regrette de ne pas avoir été plus fort, juste un peu ? qu'il aurait aimé rester, toujours ? qu'il ne compte pas repartir maintenant, ou au moins pas entièrement ? pas de sa vie tout entière ? tout n'est qu'interrogation, même pour lui même. et il ne sait plus rien, quand il fut, il n'y a pas si longtemps, si certain du monde dans lequel il vivait. « et j'aimerais être là. que tu me laisses t'aider. je sais, je... je ne vais sûrement pas servir à grand-chose. mais je sais que même si ce n'est pas ce que nous avions prévu, je veux au moins pouvoir voir la personne que tu vas devenir. » peut-être pas l'époux. peut-être plus l'amant. mais au moins l'ami, la personne qu'il comprenait. qu'il aimait. aime toujours. aimera peut-être. « je ne veux pas claquer la porte et me dire que tu ne ferais plus partie de ma vie. qu'il n'y a plus aucune chance. je n'ai pas - j'aurais dû rester. tu ne sais pas comme je m'en veux. mais même sans nous donner une chance, à nous, je voudrais - au moins, s'il te plait... » et pas les mots. plus les mots. il ne devrait pas être celui qui tombe là. celui qui fond en larmes, quant il voudrait pouvoir être son roc. au moins un quelconque rocher. celui qui perd tout. ça ne lui ressemble pas. et peut-être que lui aussi change. a changé. peut-être qu'il ne l'aime plus. peut-être. trop de peut-être. trop de choses qui se mélangent dans sa tête. et il est faible au fond. peut-être qu'il a bataillé trop fort, trop vite a un moment de sa vie. peut-être qu'il a tout perdu, maintenant qu'il n'y a plus que peu d'espoir. que la porte s'est refermée avant qu'il ait eu le temps de la rattraper. mais il ne l'a pas entendu claquer. et entre deux larmes, des sanglots sourds, du genre qui se perdent entre deux respirations, du genre qui ne sont qu'eau, du genre qu'on ne contrôle pas. « je suis - ridicule » et il aurait voulu avoir une autre chance. qu'ils l'aient. dieu sait qu'il lui aurait donné. dieu sait que son cœur brûle toujours, et le métal autour de son annulaire aussi. mais il ne l'aura probablement pas, sa chance. il a attendu trop longtemps pour revenir. et il voudrait rester, mais peut-être que pour ça il est nécessaire de couper quelques liens. il ne veut pas la rendre, cette bague, souvenir trop heureux. mais la porter n'est plus légitime, même quand c'est par mégarde, par réflexe. et elle glisse dans sa paume ouverte. rendue. geste qu'il aurait aimé ne pas avoir à faire. geste qui va peut-être le mener à sa perte. il l'aime toujours après tout. ne semble pas prêt à arrêter de sitôt, s'il faut en croire ses larmes, et cette faiblesse que peu ont su voir en lui, derrière un sourire toujours un peu terne. un sourire pour d'autres, trop souvent, vague façade, bâche en plastique devant un bâtiment en travaux. en ruines. emportée par le vent.
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MessageSujet: Re: take a look at me now ∆ arthur    Jeu 24 Nov - 11:17
Nathanaël se perd dans cette vague d’excuses et de regrets, à se noyer, presque. Sa respiration s’accélère comme il comprend l’erreur énorme qu’il a commise – pas en se séparant d’Arthur, parce que c’est une décision douloureuse, qui fait mal, qui le renvoie dans ses plus difficiles années, qui le torture mais qu’il ne parvient pas à regretter. Non, l’erreur se trouve dans la formulation. Dans les mots qu’il a dû employer ce jour là, peut être même dans les regards lancés. L’erreur est subtile – c’est celle qui a conduit Arthur à se sentir responsable de leur rupture définitive. Celle qui l’a conduit à penser que s’il avait insisté, que s’il avait été plus fort qu’il ne l’a effectivement été, leur couple aurait pu tenir cette épreuve. C’est faux. Nathanaël le sait, très profondément au fond de lui. Il avait besoin de temps, de s’éloigner, de se construire tout seul et de se retrouver. Ce n’est pas Arthur en particulier ; c’est lui. Lui et son homosexualité qui lui a valu le sacrifice d’une vie professionnelle, lui et la France, la tolérance, lui et les autres. Il a peur des gens, maintenant, il a peur de la cruauté dont ses pairs sont capables. Et il a pensé que peut être il fallait qu’il devienne cruel, lui aussi, qu’il s’affirme un peu au milieu de l’horreur des gens. Qu’il fasse preuve d’un peu plus de distance et d’un peu moins de naïveté. Il fallait qu’il s’en aille pour faire le point sur lui, sur les gens, sur sa vie. Mais Arthur n’est pas responsable ni de ce qui lui est arrivé, ni de la rupture qui s’en est suivie. Il était déterminé à partir Nathanaël, presque autant déterminé que lorsqu’il a voulu entrer au conservatoire pour devenir professionnel.

« Je serais parti même si tu avais insisté pour rester, Artie ». Le surnom lui échappe, trop tendre. Détonne dans une conversation amère et emplie de tristesse. Il n’aurait pas dû faire ça, il est tellement proche de craquer. Il se sent terriblement seul et repense à la conversation qu’il a eue avec son nouveau médecin, celui qui lui a parlé des deux ans d’opération, de la rééducation, de la psy et de tout le reste. « Moi aussi je t’aime, tu sais ? » il demande d’une voix soudainement plus douce. Il n’est pas sûr que ce soit une bonne idée de le dire – après tout, s’ils s’aiment, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas ensemble, alors. « Je t’aime et je t’aurais épousé comme convenu et on aurait été heureux si… » il murmure, puis détourne les yeux pour regarder l’extérieur, comme à chaque fois que les mots lui brulent le cœur et sont trop difficiles à sortir pour qu’il ne l’ose. Il ne veut pas non plus le faire attendre – lui proposer de revoir ça dans quelques mois, quelques années, quand il se sentira peut être mieux, quand il aurait éventuellement récupéré sa main. Ce serait injuste. « C’est parce que je t’aime que j’ai fait ça. Pour pas t’enfermer là-dedans, avec moi, dans la tristesse, la haine, les regrets, la culpabilité… Tu vaux mieux que ça, Arthur, bon sang, c’était… » Il ne sait pas, les mots lui manquent.

Et surtout, il retire la bague, en face de lui. Il n’avait pas prêté attention au fait qu’il la portait toujours, mais Nate est coupé dans son élan. Il se fige, fixe Arthur et secoue un peu la tête. « Non, c’est… » la tienne. Mais sa phrase est rompue au vol, brisée. Il n’arrive plus à réfléchir, tout ça est tellement… pénible. La solitude, l’enfermement dans le noir, les larmes chaudes sur les oreillers, tout ça est beaucoup plus simple. Mais la confrontation ? La résistance ? Ca n’a rien d’aisé. « Fais pas ça », il demande finalement – implore presque. « Je veux dire, t’es pas obligé de la porter, mais c’est un cadeau. Me la rends pas, je… » Il secoue la tête et recule pour s’appuyer sur un meuble. Et là, sans savoir pourquoi, parce que ça n’a rien à voir avec la conversation en cours, que c’est inadapté, qu’il ne devrait pas céder à l’appel de la facilité, aux ruines, à tout le reste, il secoue la tête. « J’ai trouvé un médecin qui veut me réparer ». Egoïste, il se sent terriblement égoïste, à déverser un morceau d’espoir sur les épaules d’Arthur pour ne plus avoir à le porter tout seul. Associé à la bague qu’il vient de retirer, ça sonne presque comme une demande qui n’en n’est pas une. Attends moi le temps temps qu’on me répare.

_________________
sorry that I couldn't get to you
c'est ma peine ma peine plus que la haine... oh ma route, oh ma plaine... dieu que j'ai mal. au diable toi et tes apôtres, je m'en vais. › ©️ alaska.  

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