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 ( just one of a hundred sad old men )

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MessageSujet: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 18:26
arthur hennings

« i'll dye my petticoats, i'll dye them red »
Ω Prénom : arthur. juste arthur. sans complications, sans deuxième prénom. c'est la simplicité d'un homme. on aurait voulu plus de sons, plus de lettres, peut-être même quelque chose au milieu, mais non, sur sa carte d'identité, c'est arthur, juste arthur. un nom banal, pas vraiment porteur d'éloquence. juste un nom comme il en est des centaines. pas vraiment de diminutif, pas vraiment d'autre chose. c'est un juste, arthur. un 'juste', un qui pourrait peut-être être plus, du genre de nom qui passe et qu'on oublie.Ω Nom  : hennings. des sonorités qu'on a tendance à imaginer anglophones, avant de se poser la question. son accent se fait discret, habituellement, c'est qu'il est à paris depuis un certain temps. mais pas dessus. et définitivement pas anglophone. le son roule mais se fait peut-être plus rugueux. le son le relie aussi à d'autres, ici, ailleurs, chez lui. c'est ici chez lui, au moins pour le moment. mais de ce nom se déroule des liens, découle du sang. racines et feuilles, parents, neveux et nièces. de la boue et une étoile, même s'il reste tapi dans l'ombre. un nom qu'il n'abandonnerait pour rien au monde. Ω Âge : 35 ans. le temps passe, les feuilles tombent des arbres chaque automne et tout n'est qu'évidence. il ne se bat pas contre lui. il vit, tout simplement, aussi bien qu'il le peut, pour d'autres peut-être plus que pour lui. pour d'autres souvent plus que pour lui. les anniversaires sont des fêtes, il ne voit pas vraiment de sens à les passer à se lamenter, même quand il semble perdre ce temps, même quand il semble s'éloigner loin devant. peut-être le dernier, seulement. c'est qu'être seul quand on a connu autre chose est quelque chose d'étrange. mais il ne sera jamais vraiment seul. Ω Profession / Occupation : agent d'artistes en pause, pour le moment. c'est qu'on ne sait pas vraiment ou il en est, que lui-même essaie de le comprendre. c'est un boulot comme un autre, du genre qui lui as permis d'avoir accès à ce qu'il voulait plus que tout. un ticket d'entrée vers le monde qui lui plaisait, vers ces arts qui remplissaient ses rêves de nuages. mais ce n'en est pas ce qu'il voulait, ce qu'il aurait rêvé. mais il faut faire des sacrifices, et celui-ci n'en était que logique, sans grand talent ( à ses yeux ), avec d'autres priorités. une autre priorité, surtout. Ω Quartier de résidence : sûrement pas chez lui. pas là ou il avait son ( leur ) appartement. dans le neuvième, un appartement à deux pas de l'opéra, avec un frère, avec son fiancé, et aussi seul et paumé qu'il puisse être. Ω Statut civil : célibataire, faute de mieux. célibataire, parce qu'il ne cherche pas, vraiment. célibataire alors qu'il aurait dû être marié. mais la vie est la vie, et c'est bien malheureux, et rien n'aurait vraiment dû se passer ainsi. il aurait dû. tout tient dans trois mois, dans une bifurcation, et dans ce moment ou tout s'est brisé, vraiment, pas que des os, pas qu'une carrière, un homme entier. et le coeur d'arthur dans la foulée. Ω Orientation sexuelle : asexuel panromantique. il n'est pas du genre à ranger les gens dans des cases arthur. mais pour lui, une étiquette, quelque chose auquel se raccrocher fut important. des mots compliqués, des systèmes complexes, un monde un peu paumé. pourtant sa place est ici. et il lui a fallu trouver les mots pour se connaitre. se reconnaitre. se comprendre, aussi. un manque de désir certain, sans vraiment que l'idée vienne lui gâcher la vie, vienne s'en montrer répugnante, répulsive. si besoin est, pour faire plaisir. pourquoi pas, après tout ? mais là ne sera pas sa première idée. la personne passe avant le corps, toujours. et le corps n'est que quelque chose de peut-être parfois nécessaire.Ω une passion : la musique. les arts, peut-être, de façon plus générale. mais c'est dans les notes, surtout, qu'il trouve une certaine magie. les yeux fermés, n'importe qui pourrait s'envoler. c'est plus classique chez lui, car c'est ce qu'il a appris à connaitre, mais il a toujours eu un faible pour le jazz. pourtant il ne joue pas. ne joue plus. passif devant cette beauté qu'il n'ose plus toucher, quelque autre rêve brisé qui, comme du verre, lui ouvrirait la main s'il retouchait jamais touches, cordes, ou papier à musique. Ω un vice : une dévotion qui en devient une dépendance, très probablement. pas aux drogues, pas aux substances, mais plus à la réussite, à une personne plus qu'à cent autres. il se suffit à lui-même, mais il ne serait pas lui-même sans une raison de marcher. et si sa vie semble n'être plus que lambeaux, celle de rudy ne le sera jamais. lui n'aura droit qu'à la perfection, rien de moins, il se l'est bien promis. il se laisse aller, se laisse enfoncer, a perdu ce qu'il avait, presque en entier, mais ce ne sera pas son cas. vice trop pur, vice de paumé, et arthur est du genre qui s'oublie là-dedans. vice stupide, vraiment. mais c'est qu'il sacrifierait tout, irait n'importe ou. il n'est pas menteur, pas vraiment mauvais, mais le nécessaire est le nécessaire, et s'il faut aller trop loin, il ira, dans cette dépendance qui ne pourrait être qualifiée de malsaine.Ω votre groupe : envie ?

On dit de moi que je suis perfectionniste
l'amour de sa vie tiens en quatre lettres. l'amour de sa vie, il avait neuf ans quand il l'a rencontré. rudy. c'est toujours lui, ce sera toujours lui, priorité, quelque chose de premier, de nécessaire à sa survie peut-être. et ce n'est pas juste les liens du sang, bien qu'il mette souvent - toujours, c'est toujours la famille avant tout. il n'y a pas de négociation possible. mais le sang ne fait pas tout, et dans sa droiture il pourrait comprendre ceux qui s'en éloignent. mais aussi différent qu'il puisse être de ses parents, de majorité de ses frères et sœurs, ils sont toujours là, part étrange de sa vie. du genre dont on ne peut s'empêcher de dépendre. il n'a jamais cherché à s'en détacher. pas en immigrant. pas en s'éloignant. d'abord berlin puis paris, bien loin de quelque ferme un peu paumée. ils ont toujours été là. le seront toujours. et si son amour de la ville ne le rends que différent d'eux, il ne peut que le rapprocher de son frère. rudy. rudy qui danse. rudy avec un sourire qui ferait rougir de jalousie n'importe quelle étoile dans n'importe quel ciel, pour celles qui s'allument derrière ses lunettes. rudy qui s'efface quand il n'est pas sur une scène. arthur est son ombre, presque, et tout fut toujours pour lui, et tout sera toujours pour lui. priorité certaine. priorité nécessaire. l'un d'eux au moins aura pu toucher du doigt ses rêves, les agripper et s'envoler, même si l'autre reste au plus prêt du sol. il trouvera là le bonheur, dans ce qu'il a pu lui donner, à ce petit frère, trop semblable, quoi que plus rêveur. ils ont trop en commun pour ne pas avoir besoin l'un de l'autre. ils sont trop différents pour ne pas s'adorer. et sa vie il la donnerait pour ce gosse. gosse de vingt-six ans. gosse stupide, avec ce sourire et ses plantes et sa stupidité. il en a sacrifié beaucoup pour lui. mais ça, il ne se l'admet même pas à lui-même. ce n'est pas un sacrifice quand c'est important. quand on récupère, qu'on donne quelque chose de mieux. et il a peut-être donné son âme pour de l'argent, peut-être oublié son imaginations dans trop de faits mais si c'était pour l'emmener là, il ne le regrette en rien, arthur. ne pourrait rien regretter. il vivra un bonheur de seconde main, et sera heureux avec. fera de son mieux. maintenant encore plus qu'avant. et dire qu'il pensait avoir aussi, peut-être, quelque part, trouvé sa part de tout ceci, et dire qu'il imaginait lui aussi pouvoir sourire, pour lui-même, pour quelqu'un d'autre. qu'au moins, sans réaliser aucun autre rêve idiot, rêve de jeunesse, il aurait un cœur dans sa main, et pu offrir le sien. il l'a offert, bêtement, sans poser de question. il l'a perdu. et pourtant, il ne saurait le regretter. il y a des moments qu'il ne voudrait perdre pour rien au monde. ne voudrait pas oublier, jamais, pour ce qu'ils ont pu lui donner. pour, sur son doigt, cette marque d'une bague qu'il a mis trop longtemps à enlever.
c'est une question de principes
Ω Qu'est-ce qui fait de vous quelqu'un d'horrible ? excellente question. je pense être de ces gens qui sont - dans la norme. pas vraiment talentueux, rien sur quoi on pourrait se retourner - vous voyez ? c'est horrible. peut-être seulement pour moi. je doute avoir jamais vraiment été mauvais, avoir fait du mal pour le principe, sans raison. mais je crois qu'il y a quelque chose de désespérant dans cette banalité. ce n'est même plus de la banalité à un niveau pareil. c'est ridicule, c'en est devenir invisible. et je crois qu'aucun homme sur cette terre ne voudrait disparaître sans laisser sa trace, ou au moins - au moins sans avoir vraiment vécu. et plus le temps passe plus j'ai cette - une impression étrange que je n'aurais rien à laisser. et c'est peut-être le plus horrible. passer sur terre et - juste passer. s'oublier et être oublié.

Ω Quel est le défaut qui vous agace le plus chez les autres ? l'infidélité. en amour, en amitié, peu importe, vraiment. c'est la malhonnêteté poussée à un point presque physique. parfois plus que presque. et ça provoque des ravages, vraiment. j'ai du mal à imaginer qu'on puisse vivre avec quelqu'un d'infidèle, peu importe le contexte. quelqu'un en qui vraiment, on ne puisse pas faire confiance. ou peut-être que c'est moi, qui ne sait pas vraiment accorder ma confiance une fois... trahi ? Ce serait peut-être le mot le plus approprié. mais la malhonnêteté est une chose, le mensonge aussi, parfois pour le bien de certains, mais se retourner contre quelqu'un, ou changer trop souvent de visage, c'est impossible de se fier à quelqu'un comme cela, vraiment.

Ω Que vous inspirent les parisiens  ? la ville de paris a toujours été peinte et dépeinte comme une ville de romance. les lumières et la romance. et j'ai toujours trouvé les parisiens - ils ont quelque chose de cette caricature dans leur manière de vivre. pour autant de gens aussi différents c'est peut-être stupide, ou peut-être est-ce tout ces décors autour, qui rendent un tout plus théâtral. mais vivre à paris, vivre en terrasse c'est, passé les touristes, voir chaque jour comme un épisode de série télévisées. des histoires prises à cœur trop vite, pour tout, tout le temps. le parisien a quelque chose d’exagéré dans sa façon d'être, un sentimentalisme peut-être trop pensé. quelque chose d'assez paradoxal, et d'assez difficile à vraiment nommer, j'espère qu'on m'en excusera.

Ω Quelle est la pire chose que vous ayez faite ? oh, juste un changement d'horaire sur une porte. quelque chose de stupide et qui n'a pas vraiment marché. mais je ne vais pas m'étendre dessus. pas quelque chose sur lequel j'ai vraiment envie de m'étendre, voyez ? on dira que c'est 'juste' quelque chose de manqué. mais un regret, malgré cela.

Ω Quelle est votre meilleure qualité ? Aucune idée. L'obstination, peut-être ? Pas toujours. Je ne sais pas vraiment si j'ai beaucoup de grandes qualités, vous savez. C'est un des problèmes de la banalité. L'organisation, peut-être. On dira ça.

Ω Qu'appréciez-vous le plus chez les autres ? en tant que personnes ? des gens honnêtes. bons. quelque chose de plus en plus rares. en tant qu' "Autre", avec un grand A, qu'on pourrait rencontrer ou pas... le talent. l'intelligence. c'est qu'on a besoin de toutes ces choses pour faire un monde. c'est qu'un musicien, un auteur, n'importe quel artiste saura laisser sa trace sur le monde. c'est quelque chose peut-être que j'admire plus que j'apprécie. ce n'est pas pour ces choses-là qu'on apprends à aimer quelqu'un, une vraie personne, c'est plus pour des qualités humaines. mais que la connexion se fasse ou pas, personnellement, c'est choses font notre monde. c'est important, admirable, et je pense qu'on oublie souvent de l'apprécier. c'est bien dommage, vraiment. de loin c'est donc ça qui est ce qu'on garde de l'Autre, de quelqu'un qu'on connait sans vraiment apprendre à le connaitre. c'est parfois ce qu'on aurait aimé garder de quelqu'un qu'on a appris à connaitre. ce qu'on devrait peut-être éviter de mélanger avec les sentiments. mais cet Autre s'approche d'un peu trop près parfois. et on en retire d'autres choses. d'autres souvenirs.
Ω Pseudo : delancey Ω Prénom : lottie Ω Âge : 20 ans ( la vieillesse ) Ω Présence sur le forum : tous les jours sauf quand je suis en train de mourir en cours Ω Crédits : hollow bastionΩ Code du règlement : la tour eiffel mais en anglais Ω Commentaires / remarques : j'aime la vie. Ω autres précisions : fun fact: la première version d'arthur meurt à 19 ans pendant la première guerre mondiale. parce que j'aime bien faire souffrir les gens, toussa. fun fact tellement fun.


Dernière édition par Arthur Hennings le Dim 23 Oct - 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 18:27
silence.

« until my parents shall wish me dead »

au théâtre on dit souvent que les silences ont quelque chose d'une signification, aussi forte que celle des mots. parfois plus. peut-être est-ce le cas. peut-être que ces moments ont un grand besoin de respiration. peut-être est-ce ceux dont on se souviendra longtemps.

hanne.
c'est un bâtiment vide, la ferme, au matin. dans les chambres là-haut tout le monde somnole encore. alma la porte entrouverte, toujours. peur d'un croque mitaine. les jumeaux ne seront pas debout avant quelques heures, pas après avoir veillé. pas après être tombés de sommeil par terre. ( c'est lui qui les a réveillé, au beau milieu de la nuit, pour les remettre au lit. grand frère protecteur. il n'aurait pas voulu de dispute au matin. ). il n'aurait rien voulu d'autre que cela. le silence, ou presque. il a délaissé son livre sur la table, près des fleurs cueillies la veille par sophie, toute petite, qui tombe encore trop en courant. posées là pour les laisser sécher, souvenir d'un après-midi de printemps. il a toujours aimé le matin. toujours été du matin. c'est comme si, encore embourbées dans leurs songes, ses pensées se trouvaient ralenties. et il s'assoit face au grand piano.

une partie du décor, vraiment. sculpté, tout en bois, rien de plus traditionnel. pas vraiment à queue, pas vraiment de concert. maladroitement il s'ouvre. c'est le seul à en jouer ici, alors qu'il a pris la poussière pendant trop d'années. mais une fois assis là, bien droit, ses gestes se font plus assurées, presque ceux d'un adulte. lunettes droites sur le nez, et l'air le plus sérieux du monde. personne n'entendra rien, c'est trop grand, mais briser le silence si tôt ne peut se faire avec des mots. seulement des notes. de l'harmonie pour faire s'évaporer la rosée. et c'est joli dehors, mais il y prête peu d'attention, les yeux clos par moment. peut-être que ce n'est pas grand-chose, mais ce qu'il joue, il l'a appris tout seul, et il y a passé du temps, entre devoirs et livres. entre dehors aussi, les jours ou il faut aider, et aux cuisines aussi. mais en faisant preuve de volonté vraiment, qu'est-il qu'on ne peut pas avoir ?

une ombre presque monstrueuse s'appuie contre le chambranle de la porte, et les ombres dansent, dans la lumière du soleil à peine levé. en train de. au réveil, comme tous ici, comme elle. il lui faut un temps pour s'en apercevoir. pour sourire, sans s'arrêter de jouer, sans se retourner. et elle s'approche, les mains tremblantes. et une se pose sur son épaule, et un baiser sur le sommet de son crâne. elle est pâle, vraiment. c'en serait inquiétant si ce n'était pas sa cinquième grossesse, et qu'elle ne s'en trouvait pas affaiblie à chaque fois. et il sourit, mais ne s'arrête pas pour autant. pas avant la fin du morceau. là, seulement, il tombe dans ses bras. un rire résonne, remplace sa partition. chose étrange pour un premier né, il a toujours été plus proche d'elle que de son père. déjà levé, déjà parti. c'est que c'est un travail de tous les jours, du genre qu'on arrête pas qu'ils ont ici. et c'est bien pour eux qu'ils le font. affaire de famille. mais lui - il est toujours plus à l'aise près de son clavier, ou le nez dans un livre. mais surtout auprès du piano, vraiment. c'est comme si c'était là que son âme avait trouvé refuge.

il n'en parle pas, mais un jour, il le sait, sa vie sera ces touches. sa vie sera ailleurs, sa vie sera pleine de vie, et on ne pourra pas ouvrir la fenêtre sans entendre quelconque bruit. c'est qu'il est libre ici, c'est que c'est grand ici, c'est qu'il y a de la place. mais ce n'est pas pour lui. il manque autant qu'il y a - juste des choses, des goûts différents. et avoir trop de place à l'effet étrange de l'étouffer. il faut remplir le silence. avec grâce peut-être, mais c'est un besoin. et il reviendra. il reviendra souvent. il ne pourrait passer sa vie sans pouvoir enfouir sa tête contre le cou de sa mère, sans ce vieux piano qu'on a réaccordé pour lui. il s'envolera un jour, et ça lui brisera le cœur, et à lui, un peu aussi, mais déjà si jeune, il ne peut s'imaginer sombrer dans la routine, et il veut voler de ses propres ailes. au piano, c'est sûr.

hugo.
il fait ses valises. le lycée c'est fini, un vague diplôme en poche. mention - brillant. il l'a toujours été. sans, il ne s'en serait jamais sorti. ou peut-être que si. peu importe. rudy en a versé des larmes, et il s'est terré en bas. ou dehors, peut-être. peut-être. beaucoup de peut-êtres. il n'est pas vraiment sûr de quoi que ce soit, si ce n'est que son frère ne veut pas le voir partir. c'est un gosse après tout. les autres comprennent mieux. sa mère n'a pas pleuré. pas devant lui, en tous les cas. il ne l'a pas entendue la nuit. ne l'a pas entendue le jour non plus. mais elle n'est pas descendue, ce dimanche-là. son dernier. et derrières certaines portes closes le son s'est enfui. il pourrait rester. remettre ses vêtements dans l'armoire à gauche de la chambre. reposer ses livres, revendre les valises et jeter les cartons. mais non, c'est décidé, ça l'a toujours été. rudy s'en remettra, il partira bien assez tôt lui aussi, de toute façon. ce n'est pas une question, c'est une évidence.

au mur, de son côté, plus rien. au mur, au dessus de l'autre lit, des photos. de famille, d'enfances, de danse. de danse encore et toujours. danseurs, productions, costumes. garnier. c'est qu'il a des rêves plein la tête aussi. un soupir, et maintenant que tout est fermé, c'est vrai que tout à l'air vide. que ça va changer, de ne plus partager sa chambre avec un gamin de onze ans, mais avec quelqu'un qu'il ne connait pas encore. de devoir travailler, et pas seulement aider à la ferme. de devoir trouver sa voie, ou plutôt, un moyen de percer ce tunnel pour accéder à ce qu'il veut faire.

les yeux se ferment. bientôt il va falloir dire au revoir à ce vieux piano. bientôt il va falloir oublier les larmes sur les joues d'un petit frère trop encombrant ( c'est ce qu'il aime à dire. il n'en pense pas une lettre. ). la porte s'ouvre, et ce n'est définitivement pas lui. hugo, qui ne pleure jamais, qui a saboté cette porte plus d'une fois d'ailleurs. probablement un problème des jumeaux. fauteurs de troubles. hugo les joues rougies, hugo quinze ans qui semblaient plein d'entrain de l'ouvrir cette porte, mais s'arrête presque net. mains qui s'enfouissent dans ses poches, regard qui se perd au sol. comme s'il avait perdu ses mots, comme s'il était parti les chercher. mais ils ne reviennent pas. et des étreintes comme celle-ci, il y en aura plus d'une. mais venant de lui c'est quelque chose de presque étonnant. hugo, pour lui, il ne s'imaginait pas être un pilier. mais il l'est, d'une certaine façon, pour eux tous. l’aîné. et l’aîné s'en va sans prendre la suite de ce qui aurait dû être son héritage. leur héritage. il l'embrasse sur la tempe, le serre peut-être un peu trop fort. et il a toujours les mots arthur. mais pas là. pas pour lui. pour quelque raison stupide, il a perdu les siens aussi.

alma.
ils lui manquent. tous, et souvent. ses rêves lui manquent aussi. il les a perdu au fil des semaines, des mois. à enchaîner quelques petits boulots plus ou moins minables. il n'a jamais pris de cours de sa vie. n'a pas réussi à s'en payer, pas s'il voulait manger le soir. et il faut un moment pour se poser. pour comprendre. assis devant son téléphone, il faut savoir qui appeler. qui prévenir. non, il n'est pas en détresse. il va bien. très bien même. le mur est tombé depuis longtemps, plus de guerres, plus rien. berlin vit. plus de peurs à avoir. berlin n'est pas le but. pour lui, elle aurait pu l'être cette ville. c'aurait pu être n'importe quelle ville. c'aurait pu être n'importe ou, tant que le calme y est fait de ce bruit de fond si particulier aux métropoles, voitures, cris, parfois, peu importe. tant que c'est vivant. ses partitions sont dans un placard, celles qu'il a joué, celles qu'il a écrites. elles pourraient être brûlées qu'elles n'en auraient pas pu de valeur. il n'a pas échoué, vraiment, il n'avait juste aucune chance, déjà en arrivant.

bip. rien. un moment. ça décroche. des banalités, vraiment. comme il est heureux de l'entendre. comme elle veut de ses nouvelles. il est parti depuis trois ans maintenant. vingt et un ans, et plus de rêves dans ses valises, et un studio miteux, et des fins de mois qu'il a du mal à boucler. qu'il ne bouclera pas à ce rythme-là. mais ce n'est pas ce qu'il lui dit. ce n'est pas ce qu'il a à lui dire.

silence. la ville fait son oeuvre, la ville fait son bruit. et il ne sait pas quoi lui dire. il sait ce qu'il voulait lui dire. qu'elle lui manque. leurs discussion sur tout, sur rien, à des heures ridicules. lui prêter ses livres, annotés. tout. la ferme. le ciel clair. moment de blues, un peu paumé. moment sur lequel il ne saurait poser de musique. il sait qu'il veut lui dire qu'il abandonne. qu'elle ne dirait rien. qu'elle ne se moquerait pas. elle a toujours été là, alma. juste après lui, et ce fut toujours une évidence. rudy est peut-être celui de ces cinq qui lui ressemble le plus, mais elle le calme, mais elle lui permet d'ouvrir les yeux souvent. et il sait qu'il doit abandonner. il a déjà abandonné, d'une certaine manière. il ne jouera pas. et il n'a besoin d'en parler à personne. des mots toujours aussi vide, pour la rassurer. mais il refuse de laisser transparaître quoi que ce soit de ce vide, de sa solitude aussi. de combien jouer lui manque, mais c'est tellement plus simple de poser ses rêves aux archives, dans un tiroir bien caché, et de ne jamais le rouvrir. et il semble qu'il ne s'est rien passé quand il raccroche, vraiment.

mais il est déterminé, et on peut le lire dans ses yeux. peut-être qu'il n'a pas le talent, ou la chance. mais rudy l'a ce talent. et il travaille, et il a toujours travaillé, toujours fait de son mieux. ce à quoi il ne peut prétendre, ces rêves idiots, il l'aura. c'est la seule promesse qu'il peut se faire. et peut-être qu'avec un peu de chance, il trouvera au passage sa place dans ce monde paumé. dans ce monde ou il se perd. peut-être qu'il pourra se rapprocher, oh, au moins un peu de la musique. sa musique. il ne touchera plus une partition, mais il peut quand même s'en approcher. il ne pressera plus de touches, pas même pour le faire danser, mais il peut faire de son mieux. il peut vendre ses rêves pour ceux d'un petit frère, pour son rôle dans cette famille. c'est à lui de le protéger. ses parents peuvent bien faire attention à ceux qui restent. mais rudy n'est pas fait pour cela. rudy n'est pas alma, alma et ses dix-huit ans et son amour pour cette ferme et cet amour des traditions. rudy est rudy et rudy est comme lui. il lui faut partir, et partir loin, et trouver sa place et il la trouvera. rudy a des rêves aussi inatteignables que la lune, mais il compte bien l'attraper et lui rapporter. au moins la tirer un peu plus près, d'une façon ou d'une autre. il n'aura à se soucier de rien que de danser. c'est ce qu'il a toujours voulu après tout. comme lui aurait voulu ne pouvoir que jouer. mais c'est impossible et c'est trop tard.

felix.
il a trouvé un boulot. et qui dit boulot dit vacances. enfin - d'abord il a trouvé un stage. un peu stupide, vraiment. à faire du rien, à n'être utile que pour des choses futiles. mais il faut commencer quelque part, et il a eu de la chance. car le stage s'est transformé en autre chose quand il a su porter l'oreille sur quelque violoniste de métro, un peu trop talentueux pour y rester. violoniste de métro qui sortait d'un conservatoire de province et ne voulait pas abandonner sa passion pour bosser au mcdo. il a sourit à cela, sans en dire grand chose. c'est que certains peuvent garder leurs rêves comme des à-côtés. c'est que certains n'ont pas besoin de les vivre complètement. il ne l'aurait juger en rien. pas quand il fut une porte d'entrée vers ce job, un peu irréel, mais qui au moins avait quelque chose à voir avec la musique. quelque chose qui pourrait adoucir ses journées. quelques choses qui lui ferait peut-être les bonnes relations. certainement pas pour lui. certainement plus pour lui.

mais pour le moment - il n'y pense qu'à peine, à la vitesse à laquelle tout ceci est allé. cet air est bon à respirer. celui de la maison, pas vraiment de la campagne. celui de la cuisine ou il est seul maintenant. quelque gâteau à cuire. c'est que sa venue est une célébration. felix a claqué la porte pourtant, et arthur n'arrive toujours pas à le comprendre. s'il aime passer son temps en cuisine, si c'est là-dedans qu'il est heureux, pourquoi ne pas au moins essayer d'en faire quelque chose de plus que trois repas par jours. c'est un métier, après tout. pourquoi ne pas au moins essayer de lier les choses qu'on aime et ce travail qu'on doit avoir. il ne comprends pas, c'est bête. pourtant, ayant failli à ses propres rêves il devrait être le premier à comprendre, au moins la peur. mais felix n'a jamais voulu partir, et tout ceci le laisse confus, vraiment. au moins il aura essayé. au moins il aura trouvé autre chose. au moins il se sera monté un but. voir rudy réussir. tous, les voir heureux. c'est son boulot de toute façon. celui de n'importe quel aîné. ou du moins, c'est ce dont il s'est convaincu, avec le temps.

et il ne comprends pas cette discussion, ne comprends pas qu'il ne veuille même pas l'entendre, même pas essayer de s'envoler. ne comprends pas pourquoi il ne veut pas s'éloigner d'hugo. son jumeau. sa moitié. encore une chose qu'il devrait comprendre sans explications, quand il est aussi proche de rudy. rudy qui grandit. trop vite, vraiment. et c'est cours de danse le matin, avant les cours, et le soir après. les parents n'ont jamais vraiment approuvé, mais ils n'iront pas contre, quand c'est ce qu'il aime. quand majorité des cours sont aux frais d'arthur maintenant. et rudy grandit, et tiens, une autre chose qu'il ne comprends pas vraiment, c'est ou il a pu trouver le temps, entre devoirs et exercices à la barre de se trouver un petit-ami. plus vieux que lui. trop vieux pour lui. il se fait pourtant bienveillant, quand il en parle. même s'il a peur pour lui. il a toujours été trop sensible ce gosse. du genre qui s'attache trop facilement, et du genre têtu aussi. c'est peut-être pour ça qu'il n'essaie même pas de lui faire comprendre pourquoi quatre ans de différence, à son âge, c'est peut-être trop. mais peu importe. il l'a, maintenant, son ticket pour paris. mutation aussi rapide inattendue. et c'est certain, ce travail n'est pas pour rien. l'année prochaine, ils y seront ensemble. juste quelques préparatifs, et quelques auditions. il l'aura, son opéra, il l'aura son école. il ne lui a jamais promis arthur, mais à lui-même si.

felix peut rester. il ne le comprends pas, vraiment. mais au final, même s'il les aime tous autant qu'ils sont, ce n'est pas pour lui qu'il se bat. ce n'est pas dans ses rêves qu'il se projette un peu trop. ce n'est pas dans son sourire qu'il trouve son bonheur.

sophie.
il ne l'a jamais vu pleurer. sophie, pleurer, dans la même phrase semble presque irréel. on lui aurait dit qu'il ne l'aurait pas cru, jamais. elle est forte, plus que quiconque, plus que chaque personne qu'il ait jamais pu rencontrer. plus jeune que lui, peut-être, mais il n'aurait jamais pu imaginer des larmes couler contre ce sourire. elle n'a pas pleuré quand il est parti de la maison. mais pour rudy, si. enfin - c'est ce qu'on a pu lui dire. pas qu'il soit jaloux. ils ont juste une relation différente. peut-être que c'est vrai, ce qu'il a entendu de felix une fois. qu'elle était trop fière devant lui, pour le rendre fier, pour être plus comme lui. peut-être qu'au fond, elle est aussi faible que lui. juste sans le montrer. sans le savoir. ce qui ne les rend que plus vulnérables, l'un comme l'autre.

mais des larmes coulent pourtant le long de ses joues, aujourd'hui aussi. et il ne peut que comprendre pourquoi. ne saurait quoi dire - mais pour l'instant, il n'y a que peu à dire. sur le rang, max, un sourire au lèvres. dieu qu'il aurait dû y croire plus tôt à cet idiot. c'est qu'il l'a suivi. c'est qu'il le rend heureux. et vraiment, il semble ne pas le lâcher d'une semaine son petit frère, sans vraiment l'admettre. parasiter un peu aussi, peut-être. mais rudy est tout sourire à ses côté. felix et hugo se sont tus, pour un moment. pour quelques heures. impatients, peut-être, toujours, même plus enfants, ils sont pourtant calmes un moment, concentrés sur la scène. sur la musique, peut-être. pas vraiment du genre de ce qu'ils peuvent écouter d'habitude. toujours. des parents aussi - main dans la main. comme dans le temps. comme aux premiers récitals, quand ils pensaient que ce ne serait jamais rien de plus qu'un hobby. qu'ils désapprouvaient sans vraiment le dire tout haut. la danse, c'est, après tout, pour les filles. mais c'est qu'ils en ont appris depuis. vécu aussi. peut-être appris à comprendre. maintenant, de toute façon, et pour le mieux, il n'y a pas de retour possible.

rudy est du corps de ballet, et rudy s'envole. et c'est tout ce qu'il a toujours voulu - ce pour quoi il a toujours travaillé. et arthur aussi. maintenant, vraiment, il n'y a plus grand-chose qu'il puisse faire pour l'aider que d'être un frère. il ne lui reste plus que quelques échelons à grimper. tout seul, comme un grand. et vraiment - à le voir là, il ne sait pas pleurer. il ne sait même plus respirer. il est bon, et il le mérite, et il a travaillé, vraiment. mais arthur - oh, arthur n'a plus de place maintenant. son but est atteint, il n'y a pas mieux qu'il puisse faire. il est toujours un frère. il est toujours quelqu'un. mais quelqu'un sans vraiment d'endroit ou aller. sans vraiment de but personnel que de continuer à vivre. et c'est une certaine peur qui le prends à la gorge. quand sa raison de vivre grandit, le quitte, un peu aussi, pourquoi rester en vie ? que faire pour continuer d'avoir une raison d'avancer ? comment, aussi, avancer ?

il prends sa main. et elle sourit, sous ses larmes, sophie. au moins, il les aura toujours. hennings pas le sang, et par l'âme aussi. peu importe les différences, les vagues différends, peu importe quelques non-dits. au moins, ils sont ensemble. toujours. même au delà d'une frontière.

max.
pleyel. métro. appartement. routine, quelque chose d'habituel, quelque chose de normal, rien de vraiment spécial, rien de vraiment étonnant. une routine, des moments plus simples que d'autres. mais bien sûr - pas aujourd'hui. sms à l'arrache, coincé à l'opéra, service, adresse. en allemand. toujours. c'est à croire que quoi qu'on lui dise, que peu importe les gens qu'il rencontrera, il ne se détachera jamais de sa langue. arthur a oublié de continuer à le reprendre, avec le temps. un soupir. accompagner max. il n'y comprend pas grand chose, mais pas de questions, il y sera. il cède toujours. pourquoi un adulte à besoin d'un accompagnateur, ou que ce soit, c'est plutôt là la question. aucune idée d'ou il va. juste que ça ne devrait pas durer trop longtemps. qu'il verra peut-être rudy ce soir, avant de rentrer. qu'il n'a aucune raison de refuser quand tout semble aller pour le mieux. un cœur qui bat un peu trop vite parfois, pour quelqu'un en particulier, mais peu importe.

changement de ligne. un bâtiment haussmannien comme il en est des poignées à paris. et il est là, dégingandé, dans des fringues qu'il ne s'est sûrement pas payé. max, sans travail, déshérité. toute une histoire. plus d'une histoire. assez d'un sourire et d'aventures pour avoir fait couler quelques larmes. mais il n'y a pas de raison de douter de lui. et ce qu'arthur en dit, ce qu'arthur laisse transparaître de ses impressions, oh, ce ne sont que des apparences. il a pour lui plus d'affection qu'il ne voudrait le dire. mais il ne sait toujours pas pourquoi il est là vraiment. vagues banalités, habituelles. il ne sait pas encore lui faire confiance. et une plaque à l'entrée. psychiatre. des choses à comprendre peut-être. des choses à avaler. du genre qu'il n'aurait probablement pas deviné. et la salle d'attente est austère, peut-être plus sympa que celle d'un hôpital. mais il n'y a rien à dire, vraiment. rien qu'il puisse dire. on lui a juste demander de rester, d'être là. et il ne dit rien. pas de remarque désobligeantes. c'est normal après tout. chacun peut avoir ses problèmes. et il en sait certains, qu'il peut avoir max. certaines excuses. il ne lui a sûrement pas dit, mais rudy, par contre, parfois. il n'en dira mot. mais il y repense. il en a le temps ici, après tout. une salle d'attente, c'est bien fait pour ça, pour laisser le temps couler, trop lentement, et attendre. et remplir le vide de pensées.

max est quelqu'un qu'il n'ose admettre apprécier, même un peu. car max a fait du mal à rudy, son rudy, et dieu sait qu'il n'avait pas besoin de ça. et même avec ses problèmes, il ne savait vraiment comment lui pardonner. mais rudy lui fait confiance. et max lui fait confiance. et ses yeux s'ouvrent un peu. il n'a pas grand chose à gagner au change, si ce n'est un frère dont il n'a pas vraiment besoin ( c'est que trois, c'est déjà encombrant. ). mais cette famille qu'il chérit tant, peut-être la seule chose qu'il a, pourquoi ne pas l'offrir, la partager un peu. et c'est qu'il a un cœur, et qu'il doit en rester des morceaux. il n'y a rien à dire, vraiment, même quand il sort, les yeux au sol, les joues rougies. bien loin du max qu'il connait. il n'a rien à offrir, si ce n'est un mouchoir, et une main sur son épaule. ce n'est pas pour rien qu'on lui fait confiance, et il n'est pas près de jeter ça aux oubliettes, de le laisser se perdre. s'il peut aider, vraiment, il le fera. et peut-être que cet autre gamin, pas beaucoup plus jeune que lui, ce frère en plus, en rab, jamais vraiment demandé, il est là depuis un moment. et s'il n'est pas à l'aise avec majorité des gens, s'il n'est pas très bon avec eux, au moins hors de son travail, au moins ceux qui ne sont pas de son sang, il peut en partager un peu. il peut, sans un mot juste - être là. et il n'y a rien d'autre à faire parfois que d'offrir une présence. une place, dans ce bas monde, quand lui-même n'est pas tout à fait certain d'avoir trouvé la sienne. et l'entente cordiale se raffermit, devient peut-être quelque chose de plus chaleureux, de plus concret. et les sourires se font plus nets, et l'étreinte plus honnête. il n'a pas besoin qu'il fasse officiellement partie de la famille pour le considérer comme tel, vraiment.

nathanaël.
il n'aurait jamais pensé que ça pouvait arriver. ne l'a pas cherché non plus. ce fut quelque chose d'aussi stupide que ce fut naturel. il n'a pas pu s'en empêcher vraiment. mais il ne le voulait pas non plus. et la lumière se fait moindre. chez eux. eux. un appartement qu'il partage avec nathanaël. amant. petit ami. peu importe. pianiste émérite, pianiste passionné, mais peu importe au fond. il n'a jamais été très bon quand il s'agit de trouver le sommeil, et il semblerait qu'aujourd'hui n'y changera rien. il peut toujours vieillir ( et c'est ce qui arrive ), le temps peut continuer à passer, ses insomnies resteront aussi sérieuses que ses inquiétudes parfois. et même quand rudy est une étoile, même quand rien ne semble aller mal au travail, il y a toujours quelque chose de lancinant, toujours là, coincé entre ses côtes. comme excalibur, il semble que ce quelque chose soit impossible à retirer, ou presque. comme enchanté, comme le changeant. peu importe. pour un moment - il n'y pense pas. il n'y a plus que la lune et quelques concepts qui lui donneraient presque envie d'en revenir aux amours pétrarquistes, d'écrire des poésies stupides. mais il n'aurait là-dedans aucun talent. comme au piano. pourtant dieu sait que s'il avait pu, su, pu - plutôt, sans fondre en larmes, il lui aurait écrit des symphonies. et dieu qu'il puisse s'en foutre qu'il sache les jouer. ses mains sont sublimes, mais c'est d'autres choses qui l'ont fait tomber. quelqu'un de complet, quelqu'un d'aussi perfectionniste que lui à proximité d'une scène, et dieu qu'il sait bien la jouer l'ombre maintenant.

mais c'est un adonis qui respire dans son lit, et il se demande encore comment il s'y est retrouvé. se demande encore quelle mouche à pu le piquer. c'est qu'il n'a pas grand chose à offrir. c'est qu'il n'est pas grand chose, quand nathanaël, 'son' nate, il semble avoir quelque chose de la lune dans ses yeux. mais pas maintenant, tout endormi qu'il puisse être. et ses doigts se perdent contre sa peau, toujours ce même mouvement, toujours sa respiration, et un vieux cd qui tourne, comme en fond. variations goldberg. sans aucune raison apparentes, juste - pour avoir quelque chose. le son est toujours un certain confort, quelque réconfort quand la nuit se fait trop sombre. mais là - oh, il n'a aucune raison de se laisser emporter par ces ombres. et il les oublieraient presque toutes. il n'y pense pas, car qui y pense dans un moment d'harmonie, un moment qui semble flotter dans le temps, le laisser s'arrêter presque. il ne pense plus à grand chose à ce point. mais il est heureux. heureux, pas pour rudy, pas pour le travail de quelqu'un d'autres, pas pour avoir aidé quelqu'un, mais non, pour quelque raison égoïste. il est juste heureux, point à la ligne. un peu de calme, un peu de sérénité et plus de pensées à lui en bouffer la cervelle. plus rien que ce qu'il a.

et finalement, il a quelque chose, il a quelqu'un, quelqu'un qui le veut lui, pour quelque raison stupide. quelqu'un qui ne pourrait être plus parfait. pas pour sa musique, mais pour un tout, pour tant de petites choses dont il pourrait tenter de faire la liste, mais elle ne finirait jamais. ce serait une bonne façon de terminer sa vie, ceci dit, en inventoriant chaque détail qui fait sa personne. peut-être que même juste commencer à les lister dans sa tête l'aiderait à s'endormir. mais pour une fois, le sommeil vient de lui-même, et il ne l'attendait même pas. il aurait pu rester encore longtemps flotter dans ce moment, y rester, et s'y oublier. un moment à lui, et quelque chose qui le rende heureux. une chose si égoïste à demander, à vouloir garder toujours. mais peut-être que son heure est venue, peut-être qu'il le mérite maintenant.

rudy.
personne ne l'a jamais vu pleurer, lui. il ne se souvient même pas de la dernière fois ou ça a pu lui arriver. tout à toujours été - peu importe quoi. il ne savait que le ravaler. et même là, c'est ce qu'il fait. parti. parti comme un idiot. il aurait peut-être du rester plus. résister plus. mais ça faisait déjà des semaines. des semaines à se prendre des mots durs comme des pierres sur un coin du corps, sur un coin de l'âme à chaque minute. à ajouter au blâme qu'il se fait à lui-même dès qu'il entraperçoit un bandage. c'est qu'il aurait dû être là, c'est que s'il l'avait été rien ne serait arrivé. c'est que s'il n'avait pas existé du tout, pas fait partie de sa vie, il n'y aurait rien eu non plus. et ses larmes, c'est de la culpabilité. c'est tout ce qu'il se déteste transformé en eau. c'est aussi des mots qui en sont devenus des maux. comme s'il n'avait eu besoin de lui que pour certains talents, que pour son organisation. comme s'il n'était resté avec lui que parce que c'était bête, simple. et quel idiot il fait là, sous la pluie. il sait que c'est faux. il ne peut pas y croire. il ne se laissera pas le détester pour des mots, de toute façon. et ses larmes ne sont rien. il les ravale, et pour rudy, quand la porte s'ouvrira, se seront des gouttes de pluies, au mauvais endroit, simplement. et le froid, pour ses joues rouges. et tout le reste dans les valises sous ses yeux.

la lumière est allumée, encore, tard dans la nuit, et il a un double des clés, de toute façon. chandelles et romance. il frappe, et il attends, juste un sac en toile à l'épaule. et son frère à les joues rouges aussi, quand la porte s'ouvre. et la bague au doigt. putain. il ne l'aurait pas cru. pas venant de max. pas maintenant. c'est étrange comme le hasard s'aime à tourmenter ceux qui ont déjà assez de raisons d'être malheureux. à agiter plus de bonheur, celui des autres sous leur nez. mais il ravale ses larmes. et ce sont des félicitations monotones, et il le serre peut-être un peu trop fort dans ses bras. il ne l'a pas enlevé lui, sa bague, même s'il est parti, ça y est, comme c'est trop.

mais comme rudy est à ses yeux un livre ouvert, il semble rien n'en garder de ses félicitations. et les festivités se terminent. et au moins la porte lui est ouverte. et il a sa place ici. une place d'appoint, une place qu'un adulte ne devrait pas avoir. mais il fond, et il n'a plus rien. rien que peut-être, ce gamin a qui il a tout donné ( fiancé, 26 ans. plus un gamin. ). et cette famille, dans un autre pays. il a même enterré ses rêves. mais il a ses bras, et pour une fois, pas besoin de tout ravaler. et on le comprend. et dieu qu'il déteste ça, déteste ne pouvoir garder cette façade, comme un masque devant son visage. et pourtant, vraiment, il n'y peut rien. quand il pensait finalement peut-être, avoir trouvé au moins un morceau de bonheur. il a fallu que, dans la plus grande violence, on lui arrache à coups d'os brisés. et son cœur est en miettes, mais pourtant il ne pense qu'à cette autre vie tout aussi brisée, dans cet autre appartement, qui peut-être importe plus que juste un cœur. et au moment inoubliable qu'il vient de noyer, quand il aurait dû être des plus heureux. rien d'autre qu'heureux.

arno.
Papa,
Je t'ai déjà tout dit au téléphone. Ou presque. Peu importe de ce qu'il y a à ajouter. Te souviens-tu des partitions que je t'ai confié, l'année ou Rudy est parti ? C'est vieux maintenant, mais peu importe - si tu les as encore, pourrais-tu me les envoyer. N'en parle à personne s'il te plait, ni à Maman, ni à Rudy. Envoie-les juste, ou au moins, mets les de côté pour ce Noël, je ne les oublierais pas.
J'espère que tout le monde va bien. Comme toujours. Que Maman se remet, depuis mon coup de fil. Rudy est au plus haut, vraiment, il sera nommé étoile le mois prochain. Je crois qu'il voulait que vous veniez. Il vous en parlera mieux que moi. Oh, dit à Felix de m'appeler aussi. Enfin - je crois que je t'ai déjà dit ça. Je me perds un peu. Plus si habitué aux lettres.
En pensant fort à vous tous, et en espérant que tu apprécies les bouteilles,
Arthur


 


Dernière édition par Arthur Hennings le Dim 23 Oct - 23:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 18:53

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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 19:33
tu as intérêt à me réserver un rp toi tiens
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 20:16
A te réserver un rp ? Mais mon dieu, c'est toi qui a intérêt a me réserver un rp

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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 20:43
t'auras même droit à mon premier mon poney
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 20:58

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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 23:13
Re-Bienvenue, j'ai adoré ce début de fiche, j'ai hâte de lire la suite !
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 23:14
tu peux la lire, vazy, c'est fini!! j'ai fini par re-vomir ce que mon google docs m'avait mangé. mais mercii !
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 23:19
*meurs devant la brillance de cette fiche*
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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 23:26
BRAVO, TU ES OFFICIELLEMENT VALIDÉ(E)


Well, est-il seulement besoin que je répète ENCORE ce que j'ai pensé de tout ça ? Je ne suis plus que FEELS all over the place. J'EXIGE UN RP ET JE VAIS TE HARCELER A PARTIR DE MAINTENANT What a Face Ca fait peur, hein ? Tout est merveilleux, je meurs.

Je t'invite d'ores et déjà à aller créer ta fiche de liens en n'oubliant pas de la compléter un minimum pour que les membres puissent avoir une idée de ton personnage ce qui leur permettra de trouver plus facilement des liens   Toute la gestion courante et les demandes afférentes à ton personnage se trouvent par ici.

Tu trouveras également ici même un petit registre des lieux disponibles pour rp sur le forum.

Enfin, n'hésite pas à contacter le staff si tu as la moindre difficulté sur le forum, pour trouver des liens, rp, ou pour toute autre raison

Have fun  

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MessageSujet: Re: ( just one of a hundred sad old men )   Dim 23 Oct - 23:32
ciro ; aw, merci ??? franchement, t'es adorable. j'aime arthur d'amour et ça me va vraiment droit au cœur j'ai pas les mots. mais je suis content que ca t'aie plu! vraiment. très beaucoup.

nate ; mAIS HARCÈLE MOI C'EST POUR CA QUE JE SUIS LA. et merci mon panda
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( just one of a hundred sad old men )

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