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 don't get your hopes too high ∆ FINLEY

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MessageSujet: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 16:49
Il ne sait pas pourquoi il est venu. Il ne sait même pas pourquoi il a entamé des recherches pour trouver le nom d’un chirurgien – il n’aurait pas dû le faire, c’est stupide. Quand il est tombé sur ces… types, dans la rue, qui l’ont battu et laissé là, la main écrabouillée, il a tout de même trouvé la force de crier à l’aide. C’est une jeune femme qui l’a trouvé et qui a appelé les secours – après avoir vomi sur le bas côté, ce qui a tout de suite mis la puce à l’oreille de Nathanaël sur la gravité de la situation. Les yeux rivés sur le ciel, la douleur lancinante dans tout son corps, il n’a pas réussi à voir dans quel état il était. S’il n’avait pas été allongé, il serait sans doute tombé dans les pommes tant la douleur était forte – et elle ne s’est calmée qu’une fois qu’il a été installé dans le camion des pompiers, en direction de l’hôpital le plus proche. Il n’a décidé de rien. Les urgences ont décidé pour lui – ont appelé Arthur, l’ont envoyé au bloc. Il n’a décidé pour sa part que de rouvrir les yeux dans une chambre d’hôpital – individuelle, dieu merci – où se trouvaient sa mère et son futur mari – qui ne le deviendrait jamais pour finir. Le bras dans un énorme bandage – pas de plâtre à cause des points de suture. Il avait été opéré et remis sur pieds sans que personne ne lui demande son avis. S’il avait eu conscience de la gravité de la situation et qu’il avait pu parler, il aurait sans doute demandé à ce que vienne un professionnel pas seulement capable de le faire sortir de là sans lui amputer un membre. Il aurait demandé quelqu’un capable de lui remettre la main en état.

Six mois plus tard, le voilà, toujours avec des bandages, des cicatrices partout et la main qui tremble en permanence. Il n’arrive même pas à fermer le poing – autant dire qu’il ne pourra plus jamais jouer. C’est pour ça qu’il est venu, il s’en souvient maintenant. Il remonte la fermeture de son manteau jusqu’en haut pour entrer dans l’hôpital et indiquer qu’il a rendez-vous. Une infirmière lui sourit – jolie d’ailleurs – et se lève pour le guider jusqu’à une salle d’attente ou il s’installe. Naturellement, écrire est aussi difficile – il est droitier. Elle lui file un formulaire et il tente de répondre tant que possible puis abandonne, se contentant d’attendre là, certain que de toute façon, il n’y a pas de solution à son problème. Il ne se lève que quand il entend son nom appelé – se redresse et approche du médecin. Il ne lui tend pas la main, se contente d’un simple « Bonjour » et d’un hochement de tête.

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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 17:05
Putain, la tête dans le cul ce matin. J’étais tellement à la bourre que j’ai bu mon café et me suis brossé les dents – ou alors dans le sens inverse ?? Je sais plus – sous la douche, après avoir viré Pauline, Paula ou Paulette de mon plumard. La meuf m’a littéralement E-PUI-SE. Elle était insatiable pour mon plus grand bonheur. Sauf que là, j’ai dormi 2h et j’ai plus l’âge que j’avais durant mon internat. Ce matin, c’est dur.
J’ai pris un Velib’ – ouai, j’ai pas toujours le temps d’aller à la salle de sport et je sors pas la jaguar pour aller Gare du Nord, j’tiens trop à ma caisse – et go to the boulot avec la tête d’un mec qui n’a pas dormi depuis 3 jours. Ce qui, concrètement, est le cas. J’m’enquille gentiment un peu de coke en arrivant au boulot, en toute discrétion. Rassurez-vous, j’fais pas ça souvent. Je tire plus sur la bibine en général. Mais là, sinon, j’vais mourir d’ici ce soir. Remarquez, ma teub est en grève après la nuit d’enfer qu’elle a vécu donc ce soir, pas de blonde à ramener. J’vais roupiller. Le tout est donc de survivre jusqu’à 18-19h.

J’ouvre mon dossier pour les consult de la journée et là, entre la coke et ma lecture, ça y est. J’ai toutes mes facultés. Eveillé comme jamais, j’ai ENFIN un cas intéressant. Vous confusionnez pas les mecs hein. J’fais pas dans le social, la charité ou autre. C’est pas parce que c’était genre un grand pianiste ou quoi. D’abord, la musique classique j’trouve ça chiant à un point qu’est même pas descriptible. Mais un confrère – un abruti congénital dont je ne comprends même pas comment il a pu passer le cap de la première année – m’a envoyé le dossier post op et c’était une vraie boucherie. J’ai même eu un sifflement admiratif qui a du arriver aux oreilles de ma boss puisqu’elle s’est précipitée dans mon bureau pour voir ce qui m’égayait autant – je la soupçonne d’avoir pensé que je troussais… heu… non, peu importe -.


Monsieur Carrier.

Je me précipite – c’est tout juste si je sautille pas d’allégresse vers lui, l’effet kisscool de la coke sur moi – vers mon nouveau patient avec le regard d’un gosse de 4 ans devant un camion de pompier. J’ai les yeux qui brillent, j’ai le sourire rêveur et admiratif.
J’ai la délicatesse de pas serrer sa main, j’ose pas imaginer combien il a dû douiller, et après une virile tape sur l’épaule gauche, je me présente en le dirigeant vers mon bureau.


Docteur Finley MacAlister. Vous pouvez m’appeler Finley. Ou Finn. Parce qu’on va passer pas mal d’heures ensemble à ce que j’ai vu.

Ouai, à l'anglo-saxonne. Docteur, c'trop formel, c'est chiant. Avec mon petit accent de Boston - même en vivant à Londres et en France, il m'a jamais quitté celui-là ! - ça passe généralement bien. Surtout pour les gens que je vois souvent. ça fait un lien sympa.
Sinon... Je sais, je sais, j’aurais dû prendre un air triste pour lui mais franchement, vous verriez les radios que j’ai vu… ça ça va nécessiter tout mon talent. AH JOIE ET BONHEUR INNEFABLES ! j’vais jouer du bistouriiii !!!


Je l’installe au bureau et m’assois de l’autre côté, ouvrant son dossier et prenant une feuille vierge. Mon bureau est à peine en bordel. A peine. Bon ok, y en a partout mais je connais mon organisation et je sais où se trouve les choses dont j’ai besoin.

Bien. J’vous écoute. Pour commencer, vous allez me raconter votre drame. Et votre ressenti de l’opération.

Ensuite, on fera un point plus médical. Mais bon, le côté toc toc, enfin psy, est important. J’suis sûr qu’il va pas bien en plus de ce côté-là. Oh chic chic chic.
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 18:05
Nathanaël se redresse et fronce un peu les sourcils. Le médecin qui l’accueille est grand, porte la traditionnelle blouse blanche que l’on s’attend à ce qu’un médecin porte dans un hôpital, mais il semble étonnamment guilleret. Nate n’a plus l’habitude des gens heureux autour de lui. Pour lui, on se pare d’une tête de circonstance, celle qui vous fait comprendre que vous faites un peu pitié. C’est normal, c’est la tête qu’on réserve aux gens qui n’ont plus de carrière à 30 ans. Il s’en veut, parfois. Il s’en veut d’avoir consacré toute sa vie à la musique, comme si rien d’autre ne pouvait trouver sa place dans son emploi du temps. Il a même fallu qu’il se fiance à un type qui aimait sa musique, pour être sûr qu’une relation ne lui ferait pas trop perdre de temps. Bien sûr qu’il n’a pas pensé comme ça le jour j, mais quand même. Il suit le docteur – qu’il doit apparemment appeler par son prénom, ce qui est bizarre, mais admettons - jusqu’à son bureau – est-ce que ça s’appelle un bureau, ce truc où ils auscultent - et s’installe sur le fauteuil qu’on lui montre, obéissant. De toute façon, Nate n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un rebelle de quelque sorte que ce soit. Et puis il est ici pour de bonnes raisons, il ne va pas fuir maintenant, si tentant que cela soit.

Son drame. Est-ce qu’il a seulement envie d’entrer dans les détails ? « J’étais dans la rue quand on m’a alpagué pour me demander l’heure. Cinq minutes plus tard, j’étais par terre, les types étaient trois et on me broyait la main. Ca faisait mal – je me souviens que j’ai eu mal. Par contre, je me souviens pas de la douleur elle même. Juste que j’ai eu mal, et que j’avais jamais eu mal comme ça. » Il soupire un peu et reprends sa respiration. « Je me suis réveillé à l’hôpital le bras bandé et deux côtés cassées, outre quelques bleus. » Il baisse les yeux un moment, vers sa main toujours bandée, et mord l’intérieur de sa joue, mauvaise habitude du stress. « J’ai rien décidé, pour l’opération, j’étais pas en état. Tout ce que je sais c’est que ma main tremble, que je peux plus fermer les doigts et que même tenir une fourchette, certains soirs, c’est difficile. » Il évite le dramatique écueil sur le piano qu’il ne peut plus jouer – ça n’intéresse personne. Ni lui, ni ce médecin.

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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 20:33
Je vois. Venez là.

Je désigne une table d’auscultation. Ici, pas d’infirmière contrairement aux urgences. Ce sont des rendez-vous programmés et sans vouloir me la péter, le délai grandis de façon exponentielle depuis que je me tire régulièrement faire des opérations outre-manche voire Outre-Atlantique. Bon, j’fais ça surtout pour la thune, faut être honnête hein. Mais du coup, j’choisis mes patients.

On m’a aussi dit que vous étiez pianiste.

Hop, l’air de rien. J’opère pas comme ça. Enfin si. Mais pour les cas complexes, j’veux du challenge mon gars alors vends toi, fais la pute et supplie-moi. Hey ? Vous croyez pas ? Nous, les chirurgiens, on se prend pour Dieu le Père. C’est comme ça. J’pourrais bien avoir sa carrière entre mes mains là.

Maintenant qu’il est assis, moi aussi, sur un tabouret de l’autre côté, sa main posée là, sur la table entre nous, je fixe ses doigts. J’approche une lampe. Et je fais des commentaires à haute voix pour lui expliquer dans un jargon qu’il peut comprendre.


Les cicatrices sont belles. C’est déjà ça. Vous cicatrisez bien. On sent une résistance au niveau des doigts. Surtout les articulations. Le problème, ce sont les os et les nerfs. Il y a aussi un risque que les cartilages sont pas contents. On va faire des radios très pointues dans différentes positions. Ce que je veux savoir, c’est pourquoi ça fait ça. Est-ce qu’il y a des éclats d’os ? Des nerfs abimés ? Vous comprenez ?

C’est pas le même genre d’opération, de préparation, de risques aussi. Le but c’est que j’ai une image très claire et nette de ce que je vais faire sur lui. Je suis un excellent chirurgien mais je n’opère jamais à l’aveugle. On a toujours une base.
Je n’ai de lui que les radios post op. Elles sont pas dégueus mais ça aurait pu être mieux. Est-ce que mon confrère savait qu’il allait saccager une carrière en faisant juste de l’opération d’urgence ? J’aime pas les boucheries mais les radios pré-op sont vraiment crades.

Je les affiche les deux, lui détaillant les dégats et ce qui a été fait. Ça prend du temps parce que c’était sale. Ok, j’ai toujours l’air d’un gosse tout content mais j’ai un air un peu plus sérieux aussi parce qu’il est important qu’il sache comment il en est arrivé là.


Avant qu’on commence tout ce qu’il va y avoir à faire, j’aimerais savoir ce que vous attendez de moi. D’utiliser votre main, de ne plus avoir mal ? Ou alors de recommencer à jouer ?
Sur une échelle de 1 à 10, 1 étant : c’est pour voir si c’est mieux et 10 : j’veux un miracle, vous vous situez où ?


Cherchez pas. J’crève d’envie qu’il me demande un 10. Je suis pas certain de pouvoir. Je ne le saurais qu’avec les radios mais j’veux du challenge. J’veux ma came. C’est ça ma drogue pure. L’espoir des gens. L’adrénaline d’être leur sauveur et je risque de devenir leur bourreau. Vas-y Nathan, deviens mon nouveau dealer mec. Come on ! Fais pas ta pute ! J’veux mon shoot d’adré. On va aller faire ces putains de radio ensuite. J’crois que rien qu’en voyant ça et sa main, j’pourrais me branler dessus putain.
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 23:22
Mais le sujet du piano finit par venir sur le tapis. On m’a dit que vous étiez pianiste, qu’il lâche comme ça. Nath se redresse un peu tandis que le médecin l’ausculte et hoche la tête lentement ; il n’est pas sûr d’avoir envie d’en parler, ou d’aborder le sujet. Finley – puisqu’apparemment c’est comme ça qu’il faut qu’il l’appelle – lui parle de nerfs et de toutes ces conneries avant de lui demander comme s’il était demeuré s’il comprend. Il n’a jamais trop aimé l’école, le collège et tout le bordel, et c’est vrai que la musique représente la plus grosse partie de sa vie, mais ça ne veut pas dire qu’il ne comprend pas quand on lui parle de nerfs. « Oui ça va, je me fais une idée, » souffle-t-il, un peu ironique. Il se demande – évidemment – s’il a bien fait de venir. Parce que ce type, qui a objectivement l’air sûr de lui et assez intéressé par son cas, à en juger par le fait qu’il ait réussi non seulement à obtenir un rendez-vous, mais en plus assez rapidement, et qu’ils soient installés à discuter radio genre imagerie de pointe et de secours, va forcément le faire espérer. Une opération pour ne plus avoir mal, la suivante pour serrer des mains, la troisième pour écrire, et un jour vous rejouerez, Monsieur Carrier. Il n’a pas besoin de ça, lui. L’espoir, ce n’est pas comme l’ambition – l’espoir, ça vous broie un homme en deux. Parce que l’ambition, vous en êtes l’acteur principal. L’espoir se débrouille tout seul pour vous décevoir – c’est ce qu’il y a de pire. Et il ne peut pas se le permettre, alors qu’il tente de faire son deuil. Son deuil de sa vie d’avant.

Nathanaël fixe son médecin un instant en entendant sa question – pour réfléchir. « Je ne ferai rien pour moins d’un dix. Ce n’est pas un dix, que je vous demande. » Il prend une inspiration, sa main gauche entoure son poignet droit pour soulager la tension de sa main libérée. « J’étais très doué, vraiment extrêmement doué. Je vous demande pas de comprendre ce que c’est que de pratiquer le classique, le piano. Je ne me lancerai dans ces opérations compliquées que si un jour je peux retourner dans une salle de concert et jouer pendant 50 minutes une pièce de Tchaïkovsky qui change tellement de fois de tempo que je suis parfois obligé de me lever pour frapper le clavier correctement. A l’heure actuelle, j’arrive à peine à enchainer trois notes. » Il le fixe et hausse une épaule. « Si vous ne pouvez pas faire ça, je ne veux rien d’autre. Je m’en fiche d’être un peu moins handicapé, d’avoir un peu moins mal. Ca ne m’intéresse pas. »

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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Ven 21 Oct - 23:53
C’est ce que je voulais entendre.

Je me redresse et limite j’étais prêt à lui faire un high five mais je me retiens à temps. On fera ça quand il sera guéri. Je me remets à mon bureau et décroche mon téléphone. La conversation va durer 10 minutes. J’ai droit à mon examen poussé maintenant en échange d’un diner avec une petite radiologiste dont le cul est à se damner ! J’adore mon boulot. J’manque de le dire à mon patient mais j’ai comme un doute sur le fait qu’il comprenne pourquoi je lui dis ça.

Je vous explique. Ça va être long, compliqué et surement douloureux. Mais avant tout, je dois m’assurer que c’est faisable et pour ça on va faire ces radios. J’vais pas vous mentir. La base c’est la confiance.

Je ne mens jamais. Enfin presque jamais. J’veux dire, j’fais pas de fausses promesses, j’ai pas cette cruauté là. C’est valable au boulot comme au plumard. J’suis honnête, quitte à me prendre des baffes en pleine gueule – et malgré mon visage de bogoss, j’me prends régulièrement des baffes. Y a plus de goudous qu’on ne pourrait le croire je pense ! – et j’vais pas déroger à la règle.

On va descendre ensemble à la radiologie. J’veux avoir un œil sur ce qu’ils vont faire comme cliché.

En même temps mes patients sont prévenus. Pour la première consultation, ça prend toujours un temps de ouf. Je suis tatillon, méticuleux. Surtout dans un cas comme celui de Nathanaël. Je l’accompagne dans les couloirs, lançant moult clins d’œil aux aides soignantes et infirmières. L’une d’elles me pince une fesse et me voilà en route pour le 7è ciel. Ah merde non. Je ne suis pas seul et vraiment, Finley Junior boude. Tant pis, une autre fois donc.

On se retrouve en radiologie. Ce que j’aime dans ces moments c’est de voir tous ces gens qui attendent et… et moi non. J’ai envie de les saluer à la manière de la reine d’Angleterre pour les troller mais je me retiens. Un jour je le ferai quand même. Genre quand la boss sera en vacances et que personne ne pourra la prévenir pour éviter de me retrouver à vider les pots de chambre pendant un mois en guise de punition.

Catherine Millez est une radiologiste de 30 ans. Elle a pas un super visage mais elle est foutue comme une déesse, toute en courbe et sa blouse laisse tellement rêver que je bave toujours devant elle. Parce que c’est, et c’est bien là mon plus grand drame, la plus lesbienne des lesbiennes. J’vous jure qu’en plus ça se voit même pas. Elle est hyper féminine et gentille, une voix douce. J’suppose donc que c’est sa meuf la camionneuse des deux et qui fait le mec. Bref, quel gâchis. J’ai bien essayé de la rendre hétéro mais elle se contente de se foutre de ma gueule, de me faire une bise et de me dire de me casser de là.
Autrement on s’entend super bien et elle fait un boulot génial. Y a qu’elle que je veux et en me voyant elle fronce les sourcils, devinant une traitresse au sein de son service. Avant même qu’elle parle, je secoue la tête et fait mine de verrouiller ma bouche et de jeter la clef, avec un clin d’œil.


Je le saurai de toute façon Finn. Il y en a une qui arrivera en pleurant d’ici une ou deux semaines.
Et tu pourras lui dire que tu l’avais bien prévenue !

On rit tous les deux et je fais les présentations. On demande à Nate de se mettre torse nu pour vérifier tout le bras jusqu’à l’épaule et Catherine fait les clichés. On bosse ensemble à bien positionner les membres comme on le veut et ça dure un temps infini, même pour nous. Faut dire que ce que je vois est ouf. J’ai du perdre, dans le processus, mon air facétieux. Cette fois j’suis face à un truc démentiel et j’ai mon shoot ouai. Oh ouaiiiii. Ça va être du lourd. Je finis par regarder Nate, les deux pouces en l’air avec un grand sourire.

On vise le 10 j’vous le garantis !

Par contre il va douiller sa race à mon avis.  
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Sam 22 Oct - 1:16
Il a l’air satisfait de la réponse de Nathanaël, son médecin, et ça lui fait un drôle d’effet. Parce qu’il ne sait pas vraiment quoi en penser, lui. S’il peut s’autoriser à espérer ou s’il faut qu’il reste sur la réserve, qu’il se contienne. Pourtant, il y a cette part vraiment très importante de lui qui se rappelle de ces ressentis incroyables qu’il avait quand il jouait devant une salle pleine. Comme s’il était seul avec un orchestre et que tout allait directement dans son cœur, dans son énergie. Il se demande combien de personnes ressentent ça dans la vie de tous les jours en ne faisant qu’exercer leur métier. Il fallait bien que ça rate, à un moment donné, qu’on lui reprenne l’euphorie, l’enivrement, comme une dose de… une dose de drogue, peut être. Il ne sait plus quoi penser ; il est en manque, c’est évident. Il n’a même pas eu le droit à la dernière dose. Une représentation n’est pas votre dernière représentation quand vous la donnez – s’il avait su, il se serait préparé autrement, il aurait joué différemment, plus fort, plus vite, plus magistral. Il se serait abimé dans le piano. Finley lui parle de radios et Nate se contente honnêtement de se lever pour le suivre parce que, bien que pas complètement demeuré, tout ça le dépasse un peu. Il aurait sans doute dû venir avec quelqu’un. Ce n’est pas son cerveau qui ne va pas – c’est psychologiquement que c’est difficile, toutes ces informations, toute cette lumière, les décisions et tout le reste. Mais sa mère est folle et il n’a plus personne – par sa faute.

« La confiance, » il répète en hochant la tête. Il suit son médecin – qui semble avoir un succès fou à travers l’hôpital tandis que lui avance, mal à l’aise – jusqu’à la radiologie. Il déteste défiler ainsi. Parce qu’il a perdu de sa superbe, ces dernières semaines. Il a maigri, perdu du muscle. Il a l’air fatigué et des cernes épaisses bordent ses yeux. Il l’emmène jusqu’à la radiologie où il gère ses manigances lui même – Nate ne s’en occupe pas vraiment, ça ne le regarde pas. Il a hâte de pouvoir rentrer chez lui. Heureusement que de sa carrière il a gardé l’argent, il pourrait monter dans un taxi et se blottir dans le silence et la chaleur de l’habitacle jusqu’à chez lui. Finley discute avec la nana de la radiologie avant de la présenter à Nathanaël qui écoute en acquiesçant. Il retire sa chemise, ralentit par cette main qui refuse la plupart du temps de lui obéir comme il le voudrait, et la plie sur le côté. Il se laisse manipuler, pour qu’on le place correctement, les deux médecins bougeant son bras, visiblement très concentrés. Nate lui, il en a déjà marre et il a l’impression que ça dure des heures. Ça le fatigue, il cligne des yeux, fais de son mieux pour éviter les tremblements dans certaines positions, pour masquer ses grimaces à d’autres moments. Quand c’est enfin terminé, il remet sa chemise – qu’il renonce à boutonner, préférant enfiler son pull directement au dessus. Il fixe le médecin en face de lui et penche un peu la tête, sceptique. « Vous pensez vraiment que vous pouvez y arriver ? Tout le monde m’a dit que c’était foutu, avant. » Il ne sait pas trop quoi penser, quoi croire. Il ne sait pas non plus combien tout ça va lui coûter, peut être pour rien. « Retrouver l’usage de ma main, vous pensez que vous pouvez m’aider à faire ça ? Vraiment ? » Le voilà, sinueux, qui s'incruste. L'espoir.



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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Sam 22 Oct - 2:43
Je peux, je le crois oui. Mais avant ça, on va remonter au bureau pour y être au calme et à l’aise, ok ?

Je le laisse se rhabiller. Un instant je me suis surpris à le mater et je suis mal à l’aise. Déjà c’est un mec et ça c’est non. Et en plus jamais, au grand jamais un patient. Une sœur, une cousine, une mère, même une fois (ou plusieurs !). Mais pas le patient. Nos relations sont déjà suffisamment intenses comme ça pour ne pas semer un trouble supplémentaire.
Et c’est reparti pour le chemin du retour. A un moment donné, je rentre dans une pièce avec Nate – une réserve… oups – parce qu’il y a la sœur d’un patient et elle, elle m’a vraiment pas à la bonne. La dernière fois que je l’ai vu, elle a juré de m’émasculé. Problème ? Son frère a la maladie des os de verre donc je le vois souuuuuvent, hélas. Hélas pour lui et hélas pour mes bijoux de famille sur lesquels plane une épée de Damoclès.

On finit par rejoindre mon bureau sans encombre – ou presque, Boss ayant appris que j’avais grillé plus d’un tour à la radiologie, j’écope de trois jours d’astreinte aux urgences – et j’étale les radios sur le cadran lumineux. Ça va nécessiter pas mal de travail mais j’ai déjà une idée. Je lui montre avec un pointeur laser ce qui ne va pas. Je vois quelques éclats d’os, tous petits. Y a des soucis de tendons aussi. Ça va être chaud le chameau !

On ne va pas procéder comme d’habitude. Je pense avoir besoin de me focaliser sur chaque doigt. Donc on va programmer une opération par doigt. Voir par phalange si ça se trouve pour votre index.

Je désigne un écrasement du tendon. Ça c’est délicat. Ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas le faire. Seulement, ça signifie que je dois potasser mon sujet, planifier chaque geste de l’opération avant de la faire.

Au fur et à mesure, on rééduquera. Et on se garde un temps de guérison entre chaque opération. Si tout va bien, on pourrait avoir fini dans… 4 ou 5 mois. Plus la kiné bien sûr. Si c’est plus difficile, et qu’on doive ajuster… Je mise une guérison à deux ans.

Je le regarde dans les yeux. Je devine la frustration. Ça parait une éternité, même pour moi. Mais je suis le Dieu de la Chirurgie traumatique. Un faiseur de miracle. Qui sait aussi que le temps peut être soit notre pire ennemi, soit notre plus grand allié.

Je sais que c’est long. Mais je préfère que vous jouiez du piano dans deux ans que de vous voir dans 6 mois pour vous dire qu’on a été trop vite qu’un nerf est mort.
Pour avoir une vision plus précise des choses, on va également faire une scintigraphie osseuse. Et une échographie. Je vais aussi devoir m’entrainer sur un robot.


ça c’est le must du must. Vous n’imaginez pas le gadget. Et l’hôpital vient de se doter de l’un d’eux. Aux Etats Unis j’ai reçu une formation lors de mon dernier séjour. Je suis resté une semaine de plus, assisté à 12 opérations et procédé moi-même à trois. Mais aucune de ce genre.

Le but est une extrème précision. Il y a des éclats d’os quasi microscopiques. On va soit les enlever soit les bruler. Bien sur, s’il y a le moindre souci, je repasserai immédiatement au mode manuel.
On va s’entrainer ensemble. Vous verrez, ça va être super amusant parce que vous allez devoir m’apprendre à jouer du piano.
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Lun 24 Oct - 0:25
Nathanaël le suit jusqu’à son bureau, dans un état second presque léthargique. Ce type est en train d’incruster de l’espoir. Mais en admettant qu’il ait raison et qu’il puisse effectivement faire quelque chose… Il jette un œil, en avançant dans les couloirs, à sa main complètement abimée. Méconnaissable. Cette main qui avait été formée pour être performante. Pour glisser sur les notes le plus rapidement possible. Il se sort de ses pensées quand son médecin le pousse dans une espèce de réserve où ils restent un moment. Nate n’a pas vraiment le courage de se demander ce qu’il se passe – il soupçonne simplement Finley d’avoir des relations… particulières avec les gens qui peuplent cet hôpital. Il attend, patiemment, sans rien dire. A une époque, quand il était encore un homme charismatique, avec la tête sur les épaules, sûr de lui, il aurait sans doute râlé – en prétextant avoir autre chose à faire que de jouer à cache cache dans un hôpital. Mais aujourd’hui, ce n’est plus vrai. Il n’a rien d’autre à faire que d’être ici, ou chez lui, ou dans un supermarché pour acheter de la vodka. Alors il attend, respire fort, masse son bras douloureux. Il a trouvé une astuce récemment, il glisse la main dans la poche large de l’énorme manteau désormais trop grand pour lui. Ca dissimule et en plus, ça stabilise son bras. Apaise la douleur. Ils ressortent finalement de leur cachette pour gagner le bureau, plus intime, plus apaisant. Nate prend une inspiration quand il s’installe sur le siège, pour écouter ce qu’il a à dire.

Et c’est reparti dans l’énumération de toutes ces choses merveilleuses et faisables qu’ils peuvent envisager. Finley a l’air déterminé à faire tout ce qu’il explique à Nate – mais lui se sent un peu stone, comme si tous ces mots entraient dans l’oreille d’un corps qui n’est pas vraiment le sien. Comment il va faire, tout seul, pour subir toutes ces opérations, et la rééducation ? « Vous apprendre à jouer du piano ? » il demande soudain, relevant la tête vers son chirurgien. Rien ne lui manque plus que de s’asseoir à un clavier pour jouer, n’importe quoi. A l’heure actuelle, il ne peut même pas se permettre le luxe des trois premières mesures de la lettre à Elise. « Je… » Il se demande soudain s’il doit répondre tout de suite, ou s’il a le temps. Il se demande même si non est une option – vu le ton de son docteur, il n’en n’a pas vraiment l’impression. « Je sais pas… » il marmonne donc, à peine crédible. L’envie de jouer le titille, lui ferait faire n’importe quoi, n’importe quel genre de folie, mais la raison elle ne voudrait-elle pas qu’il fasse son deuil ? Qu’il se rapproche d’un avocat pour trainer ces sales types en justice, qu’il s’engage dans une association pour les droits et la sécurité des homosexuels et qu’il range son piano ? Qu’il le vende, même ? Plutôt que de s’accrocher comme un névrosé désespéré, comme un camé en manque, à un espoir qui tient à l’égo d’un médecin ? Un espoir lointain, incertain. Nate déteste ça, l’espoir. Il ne sait pas s’il est capable de s’offrir ce luxe. « J’ai besoin de réfléchir ». Est-ce qu’il doit lui dire qu’il est seul ? Qu’il a rompu ses fiançailles, qu’il ne rappelle pas sa mère, que son père s’est exilé dans le silence ? Les fans sont partis, et les amis… Les amis s’éloignent quand ils ne savent pas quoi faire d’autre.

« Je ne suis pas sûr d’être assez fort pour traverser tout ça », il finit par résumer, sans regarder son médecin. La détermination, l’ambition, la force. Ces choses là l’ont quitté peu à peu.

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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Mer 26 Oct - 6:20
En fait, vous allez jouer du piano dans un IRM.

Ouai, je suis ouf comme ça moi. Ce que je veux, c’est voir le mouvement de ses doigts au fur et à mesure qu’il joue, où ça coince. Par ailleurs, le piano requiert une grande souplesse des doigts et à titre personnel, je pense que ça peut être extrêmement utile. Sans parler de l’aspect pouet-pouet maudit qui me permettra de lever encore plus de meufs. J’vous jure. Heureusement qu’on n’est pas au 19è siècle, sinon je crèverais de la syphilis. Mais je crèverais heureux, mort à cause de ma teub. C’est tout ce qu’on peut me souhaiter je crois bien.

Bon, par contre, faut que je trouve un confrère assez cinglé pour me suivre dans mon délire. Il est pas impossible qu’on doive aller faire ça dans un autre hosto. J’ai deux trois confrères qui vont se marrer si je les contacts mais feront la tronche parce que ça va coûter un bras et que la sécu remboursera jamais mes idées à la con.
Je réfléchis un instant. L’hôpital a bien un fond discrétionnaire, mais la boss cèdera pas. Après, il y a des centres IRM qui vous louent un créneau horaire aussi. Mais encore une fois… Ou alors je contacte l’Ordre pour faire une première mondiale, avec article à l’appui et tout le tintouin. Bref. Va falloir que je négocie. Enfin… Non pas moi. J’vais envoyer Abby.

Abby, c’est une des rares potes que j’ai. Une rousse flamboyante qui baise à peu près comme moi et qui fait des doigts d’honneur aux casses couilles. Et elle est psy, croyez-le ou non. Enfin personnellement, je ne l’ai jamais vraiment cru. Je suis persuadé qu’elle a falsifié ses diplômes ou alors qu’elle est payée juste à déambuler dans les couloirs. Mais la boss l’adore et lui faire confiance alors… Suffit de la convaincre. Ça va le faire.

On va trouver un endroit qui veut bien faire ça. Je me donne disons… une semaine. Une telle expérience va plaire.

Un bout de ma conscience me traite de gros débile. Putain, j’vous jure que Casey doit être adepte du vaudou pour que je l’entende comme ça. Je suis peut-être un peu optimiste mais un tel défi est fabuleux.

On testera et puis vous me montrerez des morceaux. Bien tristes. Vous savez, les trucs qui plaisent aux filles. Genre… Comme il s’appelle l’autre teubé ? Christian Grey ?

Je relève mes yeux sur lui. Hummm. J’vais peut-être aussi l’envoyer à Abby tiens. Bon, ok, il a perdu sa came. Perso, enlevez moi mon scalpel ou ma bite, et je crève sur place, c’est évident. Ça me tuerait. Alors je comprends en partie ce qu’il doit vivre, au moins professionnellement. Après, le côté personnel, c’est un truc qu’on nous apprend à la fac de médecine, il faut le mettre de côté, non pas l’oublier mais le dépasser. Sinon on prend sur soi, on vit avec et ça finit par nous bouffer. Je vois certains confrères qui prennent tout à cœur. Ils pourraient être bien meilleurs s’ils étaient plus… rationnels.

Il faut comprendre que ce qu’on va faire nécessite un esprit en pleine forme aussi. Vous ne pouvez pas douter. La volonté. La force de l’esprit. Ce que vous voulez. Mais vous devez être… confiant. J’ai une excellente consoeur, Abigail Sous Bois. Non je déconne. Abigail Underwood. Elle est adorable et très compétente. Une psy remarquable.

Je la consulte de temps à autre. Sur MON sofa. Mais bon, j’vais pas lui dire que je la saute, il va peut-être pas bien le prendre. J’ignore s’il est sensible aux blagues de cul. Le pauvre garçon a pas l’air super épanoui ni bien dans sa tête. On verra plus tard.

Je pense qu’un accompagnement serait bien. Et on va aussi se trouver un kiné au top histoire de bosser dès la fin de la première opération. On va vous faire une espèce de Team Rocket de la main, vous allez rien comprendre.
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Mer 2 Nov - 20:47
C’est difficile, de suivre toutes ces idées en vrac, toutes ces annonces. A errer de service en service, Nathanaël finit par ne plus avoir les idées très claires. Sans doute les médicaments avalés à longueur de journée – certains pour calmer la douleur, d’autres pour le calmer lui, les derniers pour s’assurer qu’il dormira. La main n’est que la blessure extérieure, celle que les gens voient. Il y a l’autre blessure, aussi, les mots. Les vagues souvenirs qui lui reviennent tandis que le temps s’écoule. Au début, il ne se souvenait pas de grand chose, puis au fil des semaines, des bribes de la soirée lui sont revenues en mémoire. Progressivement, avec plus ou moins de clarté. Il n’est pas sûr de vouloir se rappeler des détails de toute façon. Il parvient difficilement à sortir de chez lui et n’est pas certain de retrouver un jour sa foi en l’espèce humaine. Donner des cours de musique est suffisamment éprouvant pour qu’il ne se donne d’autres défis pour le moment.

« Christian Grey ? » il demande, pas sûr de comprendre de quoi il s’agit. Il se contente donc d’hocher la tête, trouvant l’idée de jouer dans un IRM assez curieuse – il n’a même pas encore dit oui, si ? Alors de là à tenter l’expérience, ou à trouver un endroit où des gens seraient assez fous pour vouloir tenter l’expérience avec lui… il n’est pas sûr que c’est demain la veille. Il a appris quelque chose de ses années de bataille. Il faut être déterminé soi même pour pouvoir obtenir ce que l’on veut dans la vie.

« Une psy ? » Bon, cette fois, il a officiellement l’impression d’être stupide. Il se ressaisit et prend une inspiration pour se concentrer sur ce qu’il est en train de se passer, sur tous les projets, les promesses, l’avenir. Les détails. Il penche la tête puis ferme les yeux, ses doigts rejoignant ses tempes dans lesquelles bat son cœur à une vitesse folle et pas maitrisée. « Je ne suis même pas encore sûr d’être capable… » il note en haussant une épaule. « Je suis tout seul, et jusqu’à il y a dix minutes je pensais que j’étais fichu pour toujours. J’ai besoin de temps, je… » Il ne sait pas. Il devrait être excité, être heureux aussi sans doute, avoir hâte. De tenter l’expérience au moins. Mais il est paralysé par la peur, la peur de la déception. « Je n’ai pas touché un piano depuis des mois, en plus. » Comme si c’était le plus grave et le plus important. Il se sent stupide, stupide de penser ainsi, de s’attarder sur des détails qui ne sont sans doute pas les plus importants. « Excusez-moi », il lâche en prenant les coordonnées de la psy, parce qu’au fond, c’est peut être ça le problème. Qu’il est fou. Malade. Que l’accident l’a rendu névrosé, apeuré. Qu’il est incapable de faire confiance, incapable de s’envisager heureux de nouveau. « Je vais l’appeler. »

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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Jeu 3 Nov - 10:05
Je fais un geste de la main du genre « naaah laisse tomber » concernant Christian Grey. Ma blague est tombée à l’eau. La référence ne marche que pour les gamines prépubères à qui je fous des plâtres en leur disant d’arrêter de sauter par-dessus les portiques du métro pour frauder si elles ne sont pas foutues de le faire correctement. J’vous dis pas, en général, le regard de leur daronne. Mais bon. Apparemment, quand on devient mère, on perd tout sens de l’humour. L’angoisse. Heureusement, ça ne m’arrivera jamais. Hahahaa.

J’opine au sujet de la psy. Ça ne fait jamais plaisir à entendre et je me doute que si j’étais dans son cas, je réagirais, étape par étape, comme il l’a fait. Il n’y a pas que sa main qui est broyée en fait. Moi j’vais corriger les dégats physiques. Mais le reste, j’suis pas doué pour ça, soyons réaliste. Je sais déjà pas comment parler normalement à un patient. Vous m’avez jamais vu annoncer un décès. C’est bien simple, aujourd’hui, j’ai même plus le droit de le faire. Cette simple perspective fout des palpitations au service juridique de l’hosto. C’est pas compliqué, quand ils cherchent à se foutre la trouille entre eux, là-bas, ils commencent toujours pas : « vous savez pas ce que MacAlister a encore inventé ». V’là la réputation que je me paye. Totalement injuste évidemment.


Ouai. Une psy. Pour vous aider à gérer la pression, l’attente, tout ça.

On va y aller mollo. J’vais pas lui balancer d’emblée qu’après la dérouillée qu’il s’est prise, de toute façon il a besoin de voir un psy et que ça doit pas être folichon dans sa caboche. Même si je le pense vraiment. C’pas méchant mais faut être réaliste. A sa place je voudrais la mort des mecs qui m’ont fait ça, je ferais vivre un enfer à mes proches et je tenterais de crucifier les gens de la Manif pour Tous… Wait… Merde. J’ai été agressé ? Ah… Ben non pourtant. Fuck. J’vais devoir consulter Abby à l’horizontale pour me rassurer. Même si la dernière fois elle m’a dit que je m’aimais beaucoup trop pour que ça ne soit pas louche. Peste !

J’entends le doute dans sa voix et je me lève pour venir m’assoir sur la chaise à côté de lui, posant au passage mon cul sur sa veste. Merde. Je me relève j’ôte la fripe pour la poser sur le dossier avec un sourire d’excuses – bon j’suis pas désolé en vrai. On pose pas sa veste comme un gougnafier quand même ! – et je pose ma main sur mon épaule.


Ecoute mec.

Ok. C’est un peu familier. Putain, si la boss m’entendait, elle m’énucléerait.

C’est normal. C’est pour ça que je vais faire une équipe d’enfer. Et si je fais ça c’est pour que ça…

Je désigne sa main. Putain, c’est moche quand même.

Refasse du piano et fasse rêver de nouveau les gens. Pas pour la branlette ! Ok ? 
Donc on soigne tout ça tout ça tout ça.

Ma main fait des moulinets pour l'englober en entier.
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MessageSujet: Re: don't get your hopes too high ∆ FINLEY    Dim 13 Nov - 13:50
L’espoir, c’est ce qui vous laisse un goût amer dans le fond de la gorge quand vous quittez un hôpital un matin après avoir appris que peut être vous pourriez être sauvé. C’est vrai, ça. Qu’est-ce qui vous dit que ce médecin dit vrai ? Nate ne sait plus vraiment en qui il peut ou doit avoir confiance. Il ne sait plus vers qui se tourner. S’il s’engage dans deux ans de lutte interminable et qu’à la fin, il peut à peine faire une gamme, qu’adviendra-t-il de lui ? Il sera ruiné, épuisé, et toujours aussi seul dans son merdier habituel, incapable de s’en relever. Rien que la perspective de la souffrance dégagée lui donne envie d’aller se planquer dans une chambre sombre. Il est tellement seul, en plus, et ce médecin n’a pas l’air de savoir à quel point – parce que c’est ce qu’on dit, nan, aux malchanceux, à ceux qui traversent des épreuves médicales sans fin ? Qu’il faut qu’ils soient entourés ?

« Donc vous êtes sûr de vous ? » il demande finalement en penchant un peu la tête. « J’ai de l’argent. Je peux le faire, dépenser pour des opérations, des radios, des IRM au dessus d’un piano. Mais si ça marche pas… » Il a presque l’air de menacer – alors qu’en fait non. Il en serait bien incapable, il tente juste de faire comprendre la gravité de la situation, l’impact insupportable de l’espoir sur sa santé générale. Pas qu’une main foutue, un cerveau ruiné, aussi.

« Je vais devoir passer combien de temps ici ? Venir combien de fois par semaine ? Parce que je viens de trouver un boulot », il précise comme si c’était le boulot le plus important du monde ce qui n’est évidemment pas le cas, tout le monde sait ce qu’est pour lui le métier le plus important du monde. Il a juste besoin de retrouver un peu de dignité, et pour une raison qui lui est inconnue, il lui est apparu qu’un travail rémunéré dans un conservatoire contribuait à lui redonner un peu de confiance, même si… « mes élèves me détestent mais quand même. » Il s’autorise un léger ricanement sans savoir réellement pourquoi il raconte sa vie ainsi – sans pudeur. « J’irai voir votre psy ».

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