AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 unexpected shopping session ∆ MIHALY

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

× pseudo : Bohemian Rhapsody
× messages : 190
x points : 127
× date d'inscription : 13/10/2016
→ âge : 31 ans

MessageSujet: unexpected shopping session ∆ MIHALY   Jeu 20 Oct - 19:35
Le noir. Complet, épais, qui l’entoure, partout. Sa chambre, comme sa vie en ce moment, est remplie de noire. Il dort – ou tente de le faire, la plupart du temps sans succès – dans un gigantesque lit double vide. Vide de lui, qu’il a chassé sans le moindre état d’âme. Il n’arrive pas à imaginer qu’Arthur ait pu l’aider. Il n’a même plus de nouvelles de sa mère, et de tous ces gens déçus de lui. Déçus qu’il ait été si faible, sans doute. Il le suppose ; personne ne lui a dit. Il aurait préféré qu’on lui dise. Pour que la douleur ait une provenance, une signification – une utilité, aussi. Mais personne n’a eu le courage de le lui dire. Alors il s’est muré dans le silence et dans l’absence de nouvelles, pour oublier. Il prend des médicaments qui l’assomment et le plongent dans un sommeil lourd, sans rêve. Il ne supporte plus de rêver, ça lui rappelle que ses vrais rêves sont brisés et qu’ils n’ont plus lieu d’être. Il préfère de loin se morfondre plutôt que de tenter de se relever. Les gens comprenaient, au début. Comme cette psychiatre qu’il a envisagé de continuer à voir avant de lui renvoyer sa médiocrité dans la figure. Les gens comprenaient, au début, qu’en plus de l’accident traumatisant, il venait aussi de perdre toute une partie de sa vie, soigneusement construite autour de la musique, du piano, des concerts et de tout le reste. Et puis, un jour, alors qu’il sombrait dans sa folie, assassinant tout ce qu’il restait de bon dans sa vie, les gens ont cessé de comprendre. C’est comme ça.

Le frigidaire est vide. Complètement vide. Il n’a plus rien à manger, et il pourrait envisager de commander mais il a un peu honte de l’état de son appartement, et puis, malgré les anti-douleurs, il achèterait bien une bouteille. Juste pour lui, juste pour ce soir. Se brûler un peu la gorge avec de la vodka, par exemple. Juste pour recréer un semblant d’euphorie dans ce monde qui a perdu pas mal de ses couleurs.

Il se décide, donc, à sortir de chez lui. Il enfile un pull sur un vieux jean noir. Il a maigri, et ça se voit. Ça ne le met pas tellement en valeur, d’ailleurs, il nage dans ses fringues. Pour faire de la musique à haut niveau, il faut entretenir une bonne forme physique. Pour avoir une main en miettes, pas vraiment.

La boutique la plus proche de chez lui, c’est un monoprix, alors il ne se complique pas tellement la tâche. Il entre, et attrape un panier de sa main non bandée – celle qui est valide. Comme la dernière fois qu’il est sorti – pour aller chez le médecin – il a l’impression narcissique que tout le monde le regarde. C’est faux, sans doute, mais ça le met mal à l’aise. Il a envie de fourrer son nez dans son pull quand il pose la vodka au milieu des chips et autres produits pourris pour la santé dans son panier. Il se dépêche et parvient finalement à la caisse, déversant le contenu du panier sur le tapis. Il note de profiter de cette sortie occasionnelle pour racheter des cigarettes et sort son portefeuille, oubliant totalement, dans la manipulation, de dire bonjour – en fait, il n’a pas ouvert la bouche depuis des jours. Il ne parle à personne – pas quand il est éveillé.

_________________
sorry that I couldn't get to you
c'est ma peine ma peine plus que la haine... oh ma route, oh ma plaine... dieu que j'ai mal. au diable toi et tes apôtres, je m'en vais. › © alaska.  

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

× pseudo : Twilight Sparkle
× messages : 26
x points : 25
× date d'inscription : 15/10/2016
→ âge : 29 ans

MessageSujet: Re: unexpected shopping session ∆ MIHALY   Dim 23 Oct - 0:18
Mihály était en retard pour son shift. Encore. Et de presque une heure et demie ! Mais cela n’était certainement pas assez pour l’inciter à se presser. Comme s’il allait faire quoique ce soit qui le ferait transpirer. A part quand ça en valait le coup. Comme hier. Mais là, il lui suffisait de saisir le 31 et hop, il y était en 10 min alors hein. Et puis ce n’était pas comme si on pouvait le virer. Pas quand il couchait assez régulièrement avec le manager. Il n’avait absolument aucun scrupule à lui rappeler qu’il pouvait le faire tomber pour harcèlement sexuel s’il le voulait. Mais au final il s’agissait surtout d’un échange de bons procédés et chacun y trouvait son compte. Paul pouvait se défouler quand sa femme lui tapait sur le système et Mihály bénéficiait de la sécurité de l’emploi et d’une grande liberté. Qu’il suscite la jalousie de bons nombres de ses collègues n’étaient un avantage de plus à ses yeux. Après tout, ce n’était pas sa faute s’il se donnait corps et âme à ce qu’il faisait non ?

C’est ainsi que deux heures après le début normal de son service, le jeune homme enfila le polo en polyester au nom de Monoprix et se dirigea vers sa caisse. Il avait mis du temps à s’habituer au polyester qui agressait presque sa peau délicate mais il s’était fait une raison en voyant l’uniforme des employés de Leader Price ou de Carrefour, ou pire de Dia. Au moins, les couleurs étaient plutôt neutres et le vêtement soulignait assez bien sa silhouette. Ca aurait pu être bien pire.

Avec toute la nonchalance du monde, il s’installa tranquillement à sa caisse, sans se soucier le moins du monde des deux files d’attentes de clients aux autres caisses qui ne cessaient de s’allonger. Quand les gens comprendraient qu’il y avait des heures de pointe ? Il soupira avant de compter lentement sa caisse et enfin, de l’ouvrir. S’ensuivit une déferlante de clients aussi ennuyant les uns que les autres accompagné par l’odeur du coin boulangerie qui lui donnait faim. Il devait résister pourtant, il avait déjà mangé ses carbs du jour et il ne pouvait pas abuser. Il en était là quand un autre client, l’avant dernier pour l’instant, passa à sa caisse.

-Bonjour.

Et voila que l’autre commis une erreur incommensurable. Il ne lui répondit pas. Et s’il y avait bien une chose que Mihály détestait par-dessus tout c’était bien qu’on soit impoli envers lui et qu’on l’ignore.

-Oh le manchot ! On dit « bonjour » quand on est un être humain décent !

Puis il le regarda plus intensément et s’aperçut qu’il lui était vraiment très familier. En fait …

-Hey mais je vous connais ! Je vous ai déjà vu jouer ! Le concerto pour piano n°5 de Beethoven je crois ! C’était magnifique !

Il prêta enfin attention aux articles qu’il devait passer et leva un sourcil inquisiteur. Il n’eut aucune gêne à lui demander le pourquoi du comment.

-Et ben, si c’est pas le signe d’une fête de l’apitoiement sur soi-même ! Vous savez qu’il vous manque la glace ? Sinon ça marche pas aussi bien. Et cette vodka vaut pas le coup, on dirait de l’eau.

Mihály pouvait bien apporter son grain de sel, il lui arrivait d’être serviable !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

× pseudo : Bohemian Rhapsody
× messages : 190
x points : 127
× date d'inscription : 13/10/2016
→ âge : 31 ans

MessageSujet: Re: unexpected shopping session ∆ MIHALY   Lun 24 Oct - 11:47
Nathanaël est perdu dans ses pensées – ce qui explique qu’il sursaute quand il se fait littéralement hurler dessus par le caissier qui lui reproche de ne pas avoir dit bonjour en le traitant de manchot. Un moment, il est trop estomaqué pour répondre. Il n’a pas l’habitude qu’on lui rentre dedans, qu’on lui crie dessus. Il a l’habitude qu’on le voit comme un handicapé, qu’on entoure son handicap de précautions et qu’on lui fiche la paix. Clairement, ce type là a l’air de s’en foutre royalement. Nate recule un peu – jusqu’à ce que son dos heurte le panneau qui vérifie que vous n’avez rien volé. Mais le caissier enchaine tout de suite et – grosse surprise – le reconnaît. Nate penche la tête, et n’a qu’une envie à ce moment précis, fuir ce caissier intransigeant avec sa vodka à se réfugier chez lui. Après qu’il l’ait reconnu, Nathanaël se sent obligé de corriger son erreur – sans doute un peu de rouge lui montant aux joues. D’abord parce qu’il n’a jamais eu pour habitude d’être mal élevé ou de manquer de respect. Sa mère ne l’a pas éduqué comme ça. Ensuite, parce qu’il n’aime pas qu’on l’associe à son ancien métier maintenant qu’il n’est plus rien. Il ne sait pas comment se justifier ; il a presque honte. La honte écrasante des souvenirs de cette soirée là, qui lui reviennent, qui affluent. Il se rappelle des sales types, des provocations, de ces suppliques sans dignité. Ils auraient pu s’acharner sur lui ; il n’en n’aurait pas eu grand chose à faire si ça ne c’était pas soldé par la fin de sa carrière.

Interloqué, Nathanaël se trouve donc debout devant la caisse, sa seule main réellement valide se contentant de mettre ses courses dans son sac. « Merci… et pardon » il répond. « J’étais perdu dans mes pensées. » Ce qui est vrai. Mais il y a aussi l’estime de soi qui décrépit au fil des semaines et qui le contraint à se fermer aux autres parce qu’il ne sait plus comment leur parler. Il ne sait plus comment se comporter pour ne pas avoir l’air d’un petit garçon fragile et instable. « Je l’ai joué à Pleyel. Le concerto de Beethov ». Il soupire un peu et avise la vodka avec une franche déception. « Je n’y connais pas grand chose, de toute façon, j’imagine que n’importe quoi ferait l’affaire. J’ai de la glace dans mon congélateur, je ne peux pas porter de sac trop lourd. » Il énonce ça de manière assez distante – même si le type l’a quand même traité de manchot, ce qui lui donne pleine conscience du caractère physique de son problème. Une fois le sac rempli, il prend une inspiration et dissimule sa main dans sa poche comme il a pris l’habitude de le faire. « Vous me conseilleriez quoi, comme vodka ? » i demande en penchant la tête, non avoir vérifié avant qu’il est le seul client à la caisse et qu’il ne va gêner personne en mobilisant le caissier. C’est l’avantage des horaires de travail à la carte – vous pouvez vous payer le luxe de venir faire vos courses quand personne d’autre n’y va – après l’heure du déjeuner, avant la sortie d’école. « Je ne veux pas vous faire perdre votre temps. » Excès d’amabilité – tout plutôt qu’une nouvelle scène. Il n’a pas la force d’arguer, il veut juste rentrer chez lui profiter de l’apaisement de l’alcool.

_________________
sorry that I couldn't get to you
c'est ma peine ma peine plus que la haine... oh ma route, oh ma plaine... dieu que j'ai mal. au diable toi et tes apôtres, je m'en vais. › © alaska.  

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

× pseudo : Twilight Sparkle
× messages : 26
x points : 25
× date d'inscription : 15/10/2016
→ âge : 29 ans

MessageSujet: Re: unexpected shopping session ∆ MIHALY   Mer 16 Nov - 15:50
L’autre avait finit pas s’excuser. Heureusement d’ailleurs parce que rien ne pouvait prédire ce que Mihály aurait fait dans le cas contraire. Le jeune homme détestait l’impolitesse, plus que ça il l’abhorrait. Rien ne le mettait plus en rage que quelqu’un qui manquait de savoir-vivre et de respect, même découvrir un bouton sur son visage ne le mettait dans un état pareil. Il n’y avait lui qui avait le droit parce qu’il était supérieur à la grande majorité de l’humanité, engeance médiocre et exécrable qu’elle était. Mais bon, il pouvait lui pardonner, comme il l’avait dit il venait de s’excuser et puis il avait adoré l’écouter jouer du Beethoven et en particulier ce concerto qui était sûrement son préféré de ce compositeur en particulier.

-Ouai c’était génial ! C’est mon morceau préféré de Beethoven donc ça m’énerve quand des gens essaient de le jouer et le massacre. Mais toi, c’était vraiment super. J’ai même pleuré. Enfin j’aurai pleuré si ça donnait pas un air boursoufflé.

Un charmant sourire éclair ale visage du hongrois quand l’autre, Nathanaël (il s’en souvenait maintenant), lui demanda son avis. Mihály adorait donné son avis aux gens, qu’on lui demande ou non. C’était sa façon d’exprimer sa générosité et son altruisme en faisant bénéficier aux autres des lumières de son brillant esprit, de son sens aigu de l’analyse, de son sang-froid admirable et de son impartialité à toutes épreuves. Ni une ni deux, il se leva et ferma sa caisse malgré la queue, faisant signe à l’artiste de le suivre.

-T’inquiètes ça me dérange pas du tout. Je peux bien t’aider, ne serait-ce que parce que ton Beethoven était super.

Ils se dirigèrent ensemble vers le rayon de l’alcool (le meilleur du magasin avec celui des produits de beauté où Mihá était quelques fois pris de crise de kleptomanie aigüe), le jeune homme papotant à qui mieux mieux. Une fois sur place, il saisit sans hésitation une bouteille de vodka, une des plus chère mais aussi une des meilleurs, une vodka polonaise pas comme cette merde russe qu’il avait choisit.

-Voilà, celle là c’est de la vraie, parfaite pour s’amuser ou pleurer, au choix. Celle que tu as pris là, c’est juste bon à laver le sol ou a désinfecter des trucs. Ou si t’es pauvre. Mais t’es pas pauvre non ? Donc voila. Maintenant la glace !

Mihály interrompit toute réplique de son client (sans vraiment regarder pour savoir s’il allait en faire une ou non) d’un geste péremptoire de la main tout en fourrant des paquets de chips et de gâteaux dans le panier de l’autre plus quelques bricoles à manger, histoire qu’il finisse pas à l’hôpital quand même. Le poète savait être raisonnable et mature.

-Je sais, je sais, t’en as chez toi. Mais ça marche pas ça, il faut en acheté pour que ça soit thérapeutique.

Ils se dirigèrent donc vers le rayon des glaces devant lequel Mihály se planta et commença une étude approfondie des différents produits afin de choisir le plus adapté.

-Au fait, pourquoi tu organises cette petite sauterie de l’apitoiement sur soi-même Nate ?

Il examina deux bacs avant de les reposer.

-Au fait moi c’est Mihály. Il répéta son prénom une seconde fois en le prononçant plus lentement, préférant prendre les devant et éviter qu’on le lui écorche encore. C’est du hongrois. Mais si tu arrives pas à le dire correctement appelle moi seulement Mihá, c’est plus simple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: unexpected shopping session ∆ MIHALY   
Revenir en haut Aller en bas
 

unexpected shopping session ∆ MIHALY

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Quelle corvée ce shopping ! [Kimberley]
» Shopping Trip [Faith]
» Session time out...
» Le "shopping spree" de Billary! - Un week-end à Port-aux-crimes
» 07. Le Shopping comment y résister ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
WE ARE TERRIBLE PEOPLE  :: paris ville des anges :: nord de paris :: 18ème arrondissement-