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 Les gens qui t'aiment sont bien seuls. • pv Jules

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MessageSujet: Les gens qui t'aiment sont bien seuls. • pv Jules   Mar 18 Oct - 20:36
« Tu sais ce qui aurait été parfait ? »
La silhouette se glisse à ses côtés et un bras entoure ses épaules pour le tenir avec fermeté, un mélange d'affection et de sévérité comme seul son père savait en faire preuve, mais Solas ne frémit pas, le dos droit et le regard porté au loin à travers la baie vitrée, l'attention accaparée par la ribambelle de voitures rangées dans le jardin. Les yeux de Richard Montaigu cherchèrent à déchiffrer l'expression de son fils mais le visage de ce dernier resta fermé, comme si ces traits similaires n'avaient d'autres vocations que de lui rappeler une jeunesse qu'il ne pouvait pas comprendre. En un soupir nasal il rapprocha Solas de lui d'un geste assuré, sorte de remontrance silencieuse qui forcèrent ce dernier à tourner la tête, heurter ses prunelles aux siennes - jumelles, à bien des égards. Si ce n'était le poids des années, père et fils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Ni l'un, ni l'autre ne souriaient. Il y avait une tension étrange, entre eux, une électricité pleine de reproches qui laissait un goût âcre sur leurs langues. Enfin, après un temps qui sembla infiniment long au plus jeune, Richard se trahit d'un rictus - et l'appel à la complicité se fit plus fort que les velléités belliqueuses de Solas qui sentit ses lèvres le trahir d'un sourire.
« Que maman fasse appel à un traiteur. » Et Richard éclata d'un rire clair, écho à l'ambiance chaleureuse qui régnait dans la pièce, pour mieux retirer de la main de l'épaule de Solas, venir lui ébouriffer les cheveux. « On va passer à table. »

Solas le laissa s'éloigner de quelques pas avant de se retourner, le regard curieux, mais n'osa pas l'interpeller pour mieux vider son verre d'un geste. Pas d'alcool - il ne savait que trop bien ce qu'il se passait s'il devenait un peu trop éméché, et malgré toute sa rancœur maladive, il était persuadé que régler ses comptes le soir de la fête d'anniversaire de son père n'avait rien de raisonnable.
Bien que l'éventualité de foutre une beigne à Loïc, le cousin insupportable qui faisait des remarques déplacées sur à peu près tout - mais surtout les femmes - lui apparaissait tentante. Mais la soirée était encore jeune, songea-t-il en rejoignant le centre de la salle, et il était presque certain que les jeunes allaient finir par tous se retrouver dans le jardin d'ici quelques heures. Il aurait le temps d'improviser sur place.
Sa mère avait aligné des tables pour l'occasion, agençant la salle à manger de manière à pouvoir accueillir la vingtaine de personnes invitées. En conséquence, le côté salon ne ressemblait plus à grand-chose, condensé au simple minimum pour permettre de caser tous les meubles, et Solas s'était demandé à quel point sa fibre maniaque en souffrait, presque amusé de l'ironie.
Chose étant, seule la famille était présente ce soir-là. Une fête destinée aux amis de son père allait avoir lieu le week-end suivant, et Solas avait beaucoup de mal à visualiser comment les nerfs de sa génitrice allaient tenir le coup - et évidemment, il n'allait rater cela pour rien au Monde, la fouine.

Slalomant à travers la foule en distribuant quelques sourires de circonstance, il chercha à retrouver sa place attitrée - puisque évidemment qu'Agnes Montaigu avait fait des plans de table - pour s'y laisser tomber, attrapant une bouteille de jus de fruits pour remplir de nouveau son verre. Il n'avait pas besoin de regarder les noms à côté du sien pour savoir qu'il était entouré de Robin, un de ses cousins préférés, et Jules, une de ses cousines.. une de ses cousines. Ses parents avaient voulu bien faire, puisque les deux avaient été très proches plus jeunes, mais les choses étaient un peu plus compliquées désormais, et il n'avait pas eu le cœur de le signaler haut et fort quitte à bouleverser toute l'organisation.
Ce n'était pas qu'il ne l'aimait plus - bien au contraire, il étai bouffé par l'amertume et lui souhaitait tout le bonheur du Monde - mais elle ne voulait plus le voir et il n'avait pas insisté, parce qu'il n'était pas doué pour ça et qu'il ne voyait concrètement pas ce qu'il pouvait faire de plus. Quant à des choses à se reprocher ? C'était de Solas dont il s'agissait. Bien sûr qu'il ne voyait pas en quoi il avait des choses à se reprocher.

Il l'avait croisé plus tôt, lorsqu'elle était arrivée accompagnée de sa mère, et Solas avait accueilli tout le monde, à peu de choses près - les convenances l'exigeaient, après tout. Il l'avait salué, sobrement, et entre le moment où il s'était tourné vers sa mère et le moment où celle-ci cessa de lui poser les questions habituelles quant à ce qu'il devenait et comment s'était passé son tour du Monde, elle avait disparu.
Il ne l'avait pas cherché.
Lorsque la chaise à ses côtés fut tirée, il passa quelques secondes supplémentaires à fixer la surface de son verre avant de tourner la tête vers elle, se fendre d'un cillement désintéressé. Elle avait l'air d'aller bien, et avec un peu de chance, elle avait cessé de lui en vouloir pour il ne savait quelle raison. Solas adorait faire comme si de rien n'était, surtout lorsqu'il n'y avait effectivement rien de son point de vue, aussi n'aurait-il pas de difficultés à rentrer dans le jeu.
« Hé, tu sais ce qui aurait été parfait ? » Et la pomme ne tombait jamais loin de l'arbre, après tout.
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MessageSujet: Re: Les gens qui t'aiment sont bien seuls. • pv Jules   Mer 19 Oct - 6:55
Repas de famille. Nom Masculin. Banquet, festin (souvent en l'honneur de quelqu'un ou de quelque chose).

Durant tout le trajet qui les menait à la demeure Montaigu, Jules avait les bras croisés sur la poitrine, le regard porté vers la fenêtre, admirant les paysages qui défilaient à une allure plus que supérieure à celle recommandée par la police. N’ayant jamais véritablement conduit « à la française » Heidi Hoffmann, avait eu, ce que certains appellent la chance, de ne jamais s’être faite arrêtée sur le bas-côté de la route. C’est pour cela, entre autres qu’elle n’avait jamais changé ses habitudes lorsque ses doigts étaient crispés au volant d’une voiture. Les deux représentantes de la famille Hoffmann ne se parlaient pas, chose tout à fait hors du commun. S’il y avait bien une chose à savoir sur Heidi et sa fille, c’est que le silence ne s’était jamais mis entre elles. Ce trajet étant l’exception qui confirme la règle.
« Tu vas faire la tête toute la soirée ? Détends-toi un peu, c’est un repas de famille pas un défilé de mode. » asséna la mère en manœuvrant pour trouver une place encore libre dans le jardin.

Si la mère et la fille ne s’étaient adressées un mot durant la traversée qui reliait l’appartement de Jules à la maison de son oncle, sa tante et son cousin, ce n’était pas -seulement- à cause des commentaires sur la propreté de la coloc’ ou des tatouages d’Enzo. Jules avait arrêté d’écouter les commentaires de sa mère à propos de ses choix et a passé les trois dernières années à lui cacher son tatouage à la nuque, ce qui ne fut pas chose aisée en été. Non, si Jules faisait la gueule et qu’Heidi était à deux doigts de la corriger deutsche style c’était parce qu’elle avait été traînée de force à cet évènement et qu’elle l’avait fait savoir à sa mère depuis qu’elle lui avait dit. S’il y avait une chose que sa mère aurait aimée qu’elle ne reçoive pas d’elle, c’est sa ténacité.
Avant de rentrer dans la maison, Heidi arrêta sa fille par le bras.
« Hör zu, je te jure que si ta tante a une remarque à faire sur tes expressions faciales, tu vas regretter amèrement de t’être comportée comme une gamine. Je ne sais pas quelle mouche t’as piquée, mais si je ne vois pas un sourire sur ton visage dans quelques minutes, ça va mal se passer pour toi, Mädchen ! »
Jules releva la tête, regarda sa mère et lui adressa un sourire forcée. Sa mère leva les yeux au ciel et entreprit de marcher jusqu’à la porte qu’elle cogna. Bien entendu le premier visage qu’elle croisa dans le hall d’entrée fut celui de son cousin, Solas.

L’allemande en profita pour filer à l’anglaise pendant que sa mère disposait des dernières convenances sociales de rigueur. Le temps que son cousin et sa génitrice se retourne, Jules était déjà loin dans la résidence. Elle salua les oncles et les tantes qui l’arrêtaient sur son passage, débriefant à chaque nouveau faciès les mêmes informations.

Oui je vais bien. Le droit me plait. Je ne sais pas encore ce que je veux faire, sûrement avocate. Paris bah…C’est Paris. Contente que la carte postale vous ait plus.

Parfois les langues s’entremêlaient et la voilà qui balbutie d’un allemand timide les mêmes sentences. Alors on la reprenait comme on reprend une enfant.

Tiens-toi droite. On ne prononce pas ce mot comme ça. Répète après moi. Parfait. Tu peux disposer.

Elle croisa quelques-uns de ses cousins mais d’un signe de tête ils se dirent tous à plus tard à table. Jules continua de (re)visiter le rez-de-chaussée, jusqu’à enfin trouver la cuisine. Elle se saisit d’une assiette qu’elle remplit de petit-four lorsque personne, ou presque, ne regardait. Puis, telle une enfant qui adore jouer dans la voiture de ses parents, elle repartit dans le jardin, cherchant la première voiture pas verrouillée. Lorsqu’elle trouva le bon réceptacle, elle entreprit d’y rester jusqu’à ce que le repas soit annoncé.
Malheureusement son stratagème fut vite découvert par les autres enfants, ceux qui sont plus jeunes et qui aiment monter dans les voitures pour s’y cacher ou rêver de châteaux en Espagne. Elle fût donc délogée par ses jeunes cousins et regagna la salle à manger. Sa tante Agnès avait prévu un plan de table, et il lui fallut plusieurs minutes pour réaliser que son repas allait se dérouler entre les cousins Loïc et Solas. Il y avait donc une forte chance pour qu’elle finisse par étrangler Loïc lorsqu’il essaierait encore de toucher sa cuisse « sans faire exprès » à plusieurs reprises et que Solas lui fasse la morale, parce que c’était la seule chose qu’il savait faire.

Lorsqu’elle tira la chaise à côté de son cousin, ils étaient pour l’instant les seuls à s’être assis, la plupart des convives profitaient encore du buffet, et Jules maudit intérieurement les enfants de l’avoir débusquée. Fidèle à la promesse qu’elle avait faite à sa mère, et parce qu’elle connaissait très bien les crimes et châtiments de sa créatrice, Jules affichait un air décontracté, léger sourire et soyons fous, yeux qui pétillent. Elle jeta un coup d’œil rapide du côté de son cousin qui fixait son verre, perdu dans ses pensées.
Il y a quelques années, on aurait dit à Jules qu’elle allait voir son cousin Solas, la demoiselle aurait été profondément heureuse. Un vrai bonheur. Quand elle avait appris qu’il était en Allemagne, elle avait insisté pour qu’ils se voient, en vertu de leur bonne vieille complicité. Elle avait vite déchanté lorsqu’elle s’était heurtée aux paroles de Solas vis-à-vis de sa quête paternelle. Ils s’étaient quittés en mauvais terme et cela n’avait pas évolué. De l’eau avait peut-être coulé sous la Seine, mais quand on s’appelle Jules Hoffmann, le pardon est aussi difficile à donner que le Bon Dieu. En un mot, Jules Hoffmann était rancunière. On ne pouvait pas faire pire.

« Hé, tu sais ce qui aurait été parfait ? »
Elle tourne la tête vers son cousin, admirant ses traits si particuliers. Elle savait qu’il fallait qu’ils en discutent, mais comme toutes les fois où Solas était face à un problème, il préférait l’oublier plutôt que de l’affronter. Pas sûre que Jules puisse supporter son manège toute la soirée, mais puisque le jour était encore jeune, elle fit donc un effort.

« La légalisation et la pratique à domicile de la castration chimique sur notre bon vieux cousin Loïc ? »  répliqua la demoiselle, sourire et regard en coin vers le jeune homme en question qui s’empiffrait à outrance.
Sa réflexion fit ricaner son cousin. Elle se souvint de toutes les fois où ils avaient fait équipe contre cette grosse bourrique.

Cela la fit rire également. Et même si l’envie de parler de leur altercation germanique lui brûlait les lèvres elle se contenta de lui demander :
« Alors tu deviens quoi ? Je sais qu’on a dû te poser cette question un million de fois, mais je me dis qu’un million et une fois de plus mérite vraiment une réponse plus détaillée et franche que celle que tu viens de servir à toute la famille. »
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