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 Gabriel ✯ on our own

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MessageSujet: Gabriel ✯ on our own   Mer 12 Oct - 11:40
Fait rare, l'appartement est plutôt silencieux pour une fin d'après-midi, en plein week-end, et je ne sais pas où se trouve la moitié de ses habitants. C'est bien moins inquiétant qu'à l'époque où j'avais six ans, quand je paniquais encore à l'idée de me retrouver seule à la cantine parce qu'Agnès et Solas avaient la riche idée de tomber malade en même temps. Tout le problème de partager son goûter, quand les virus traînent. Nous ne sommes plus des enfants, même si l'état de notre frigo avance le contraire. D'ailleurs, une fois n'est pas coutume, je me suis chargée des courses, mission hautement importante quand on partage ses placards avec six personnes aux goûts très différents. Je n'ai trouvé que la moitié des requêtes d'Agnès et il est probable que la taille des légumes lui déplaise mais il faudra qu'elle s'en contente. Voilà ce qui arrive quand on m'abandonne au Franprix du coin avec pour toute indication la couleur des poivrons.

Après avoir poussé le pack de bières de l'ascenseur jusqu'à la cuisine, je me débarrasse des sacs sur le plan de travail, vaguement angoissée par la perspective de jouer une fois de plus au Tetris culinaire. Que ce soit bien clair, si être une adulte accomplie signifie savoir empiler correctement des paquets de yaourts sans risque qu'ils ne s'éclatent sur le sol à l'ouverture de la porte, autant dire que je suis loin, très loin de l'épanouissement personnel. Fût un temps où Léo s'en chargeait en riant, ravi de s'occuper de moi dans ce genre de situations mais il est un peu loin et je ne lui ai pas adressé la parole depuis qu'il est parti. Pas sûre que l'appeler à l'aide, même sur le ton de l'humour, soit la chose à faire pour repartir du bon pied. De toute manière, je n'en ai pas envie. Qu'il me présente des excuses d'abord, pour la suite, eh bien. On verra. Et tout va bien, vraiment. Je n'ai absolument pas envie de m'effondrer en larmes en arrachant l'emballage de mes Activia. Ce serait un peu pathétique – mais en même temps, personne n'est là pour m'observer. Sauf s'ils se sont tous terrés dans leur chambre en attendant l'arrivée des denrées, ce qui n'est pas à exclure. Je ravale donc les quelques larmes qui menacent d'inonder pitoyablement mes joues en reniflant discrètement, un carton dans une main, une aubergine dans l'autre. J'imagine déjà les gros titres des torchons qu'achète fièrement notre concierge : une ex-star de la chanson désemparée face au bac à légumes : dur retour à la vie normale pour Anna Holtz, photo à l'appui. Ça prête à sourire, un peu et il ne m'en faut pas plus pour ricaner toute seule au beau milieu de la cuisine. Ah, la solitude ne me réussit guère.

Et où sont-ils passés, tous ? Vu l'heure, Megara devrait être levée mais la porte de sa chambre est entrouverte et il n'y a personne. Celle d'Agnès est fermée et personne ne répond lorsque je frappe. Bon. Reste à espérer que Solas et Gabriel aient opté pour un après-midi Netflix and chill sans m'en informer – ce ne serait pas la première fois. Je pousse la porte, prête à feindre un scandale qui m'apportera tendresse et compliments sur mon jeu d'actrice – ah, la blague – mais point de Solas étalé sur un lit devenu sien au fil du temps, juste Gabriel. Au moins quelqu'un qui n'a pas décidé de m'abandonner à mon triste sort de ménagère sans la moindre notification. Je pose une main sur son épaule pour l'informer de ma présence. « Ils ont tous disparu » dis-je, signant sans doute un peu trop lentement, sans pouvoir m'empêcher de parler à voix haute. C'est peut-être un peu idiot mais après des années d'amitié et des centaines de leçons mémorables, je crains toujours que mes mains ne traduisent une bêtise. « Je ne te dérange pas ? » Mieux vaut s'en inquiéter maintenant. J'ai beau aimé être au centre de l'attention, j'ai appris à ne pas m'imposer auprès de mes amis lorsqu'ils ne le désiraient pas. Gabriel est un artiste et je sais mieux que quiconque combien il est désagréable d'être dérangé en plein travail.

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Broken skies, heartaches that flowers won't mend. Say goodbye, knowing that this is the end. Tender dreams, shadows fall, love too sweet, to recall. Dry your eyes, face the dawn, life will go on.
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MessageSujet: Re: Gabriel ✯ on our own   Mar 18 Oct - 1:28
la fenêtre grande ouverte, il a passé trop longtemps assis au bord, à regarder les nuages disparaître derrière l'immeuble d'en face. depuis le lever du jour. solas s'est levé, aussi, s'en est allé. il n'a pas trop fait attention au ou. c'en est devenu routinier, ce partage de chambre, pas besoin de parler sans s'arrêter, de remplir le silence. c'est simple, c'est juste comme c'est, rien pour le changer. un certain confort. ils vivent leurs vies, aussi simplement que cela. et il y a comme un moment de latence, un vide certain dans son esprit, comme une âme qui tente de s'envoler vers d'autres pensées sans vraiment trouver son chemin, sans vraiment poser le pied sur la deuxième étoile qui la mènera au matin. mais les couleurs du ciel changent, mais les nuages laissent placent à des couleurs délavées. c'est paris l'automne. c'est paris le matin. le calme, ou pas trop. les mouvements du ciel, et les voitures aussi. ses aides auditives sont éteintes. le calme est toujours dans cette routine. dans le mouvement. et la cigarette s'écrase contre le cendrier au bord de la fenêtre. juste des cendres, qui s'envolent aussi vite. et on respire, comme pour la première fois. les yeux fermés. le regard vague, flou, quand les paupières se rouvrent.

peut-être pas le meilleur moment pour peindre, encore dans les nuages. encore ailleurs, quelque part qu'il ne saurait même pas nommer. tout aussi vague, un océan de choses qui se mélangent. les voitures en bas. les nuages qui ont laissé place à un ciel terne. et ses couleurs, en boite, en tubes, un peu partout. c'est qu'il est bordélique, et heureusement, solas ne l'a jamais trop forcé à ranger. il ne serait pas à son aise, de toute façon, dans un endroit trop clair, trop - trop en place. dans un musée. à la place c'est des cartes postales au mur, d'un peu partout dans le monde, des trucs, beaucoup de trucs, et autres machins sur des étagères au bord du suicide, et deux chevalets. il attrape plutôt un carnet à dessin, pour retourner sur son lit. une autre clope au bec. mauvaise habitude volé à quelque amoureux qui est parti avec son cœur. au moins il n'aura pas pris son âme, en suspens sur le papier. fusain au bout de ses doigts, qui terminera un peu partout sur sa peau, qu'il le veuille ou pas. et souvent, vraiment, il ne le cherche pas, quand il en a sur le sourcil, la paupière, résultat d'un geste malencontreux. comme autant de cendres perdues, comme autant de cœurs réduits à rien, de vilaines traces noires le long de ses mains.

pas de distractions quand les corps se dessinent, se mélangent. des idées, des silhouettes, peut-être qui termineront sur un tableau, un jour. peut-être. trop de peut-êtres. trop d'incertitudes. il n'a jamais vraiment aimé ça. mais il ne sait plus être sûr de lui. ne l'a jamais appris. un soupir. et le visage tombe un instant contre le papier. mauvaise idée. voilà les traces de nouveau, et un dessin aussi flou que son esprit qui ne peut s'empêcher de vagabonder. et les traces sur le papier, et une insatisfaction qui se ressent dans ses traits, sur la page d'après. humeur qui ne sait vraiment quoi faire, ou sauter. au plus bas. elle n'a jamais été très haute, pas depuis quelques temps. il fait avec. se convainc. mais c'est étrange ce moment, cette réussite dans ses dessins, dans tout ce qu'il y verse, mais pas dans tout le reste. dans rien d'autre même. des cendres pour cœur et l'âme qui ne sait ou se cacher, qui n'ose plus rien faire. qui n'ose plus se cacher. qui n'ose plus vraiment croire en rien. il pourrait en pleurer, s'il se laissait y penser. mais ce n'est pas le cas. ne le sera peut-être jamais.

et il sursaute, à cette main sur son épaule. dos à la porte, il n'a pas vu anna rentrer. pas entendu non plus. pas comme s'il entendait grand chose - encore moins avec ses aides éteintes. une pression sur l'interrupteur. juste un vague indicateur. quelque chose auquel se raccrocher comme une bouée, un décibel plus proche de la normalité. comme si c'était là l'objectif final pour toute personne qui se respecte. c'est tout ce qu'on lui a appris, après tout. il secoue la tête, un sourire au coin des lèvres. oh, elle ne dérange jamais. le déranger est difficile. peut-être solitaire, il aime quand même la compagnie. qu'on se soucie de lui. qui ne voudrait pas de ceci ? et ses mains sont maladroites à anna, la simcom n'aide pas. il ne bouge même pas les siennes. c'est à lui de s'adapter après tout, c'est lui qui ne rentre pas dans la norme. ils sont déjà bien gentils d'essayer pour lui. une voix de crécelle. qu'on pourrait dire désagréable, il en est certain. mais il ne peut pas y changer grand-chose. « non, non, ne t'inquiètes pas. tu as besoin de quelque chose ? » il se redresse, et le bloc se referme. une pause pas forcément méritée, mais nécessaire. et de l'air, peut-être trop dans ses poumons. elle a les yeux rougis, mais peut-être est-ce ses yeux à lui qui le trompent, un esprit en manque de compagnie dans ses déboires, dans un quelque délire. et une main sur sa joue, histoire quand même, d'en être sûr. c'est que ce regard, il le connait. chez elle. chez d'autres. un autre. peut-être quelque chose la tracasse. peut-être qu'il peut juste aider. il en fera toujours de son mieux, quoi qu'il en soit. « anna, » et un signe, un nom, plutôt que d'épeler à chaque fois son nom. une main comme autour d'une balle invisible, plus près de son coeur à elle que du sien. un nom, comme une tradition. il n'y a qu'une personne sourde qui puisse donner un nom à quelqu'un ainsi. le sien reprends le signe du soleil, les doigts un peu plus écartés, plus bas, toujours. elle brille. pour tous, et ne s'arrêtera jamais. mais dans son cœur aussi. une petite partie de son âme. mais il oublie ses mains de nouveau. c'est plus simple de lui parler. pour elle en tous les cas. et la simcom rend sa grammaire hasardeuse, comme elle embrouille les signes de son amie, quand les signes se mélangent aux mots. c'est qu'on a là deux grammaires, deux langages différents. mais il la comprendra toujours. « ça va ? » et il y a peut-être un peu d'inquiétude dans sa voix. et il y a peut-être un peu de cette peur de ne pas savoir ce qu'il pourrait se passer, de mal décrypter, et qu'elle s'évapore ( aussi. )
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